lundi 27 août 2018

Après-midi lascive pour cause de canicule à Paris ...


A Paris, cet été, nous avons eu des températures affolantes. Des 35 ou 36° pendant plusieurs jours. Quand on habite sous les toits, même si on ferme et on calfeutre, à partir de 16h, l’air devient irrespirable, il fait très chaud et on étouffe, littéralement. Alors il faut fuir!

Ce samedi là, après une séance de rafraîchissement dans un expo au Centre Pompidou, divinement climatisé, nous avons marché sur les berges de Seine, Paris Plage, en juillet et août avec quelques parasols et brumisateurs. Et quelques palmiers pour donner un air de vacances. C’est sur le bout de l’île Saint Louis que nous avons pique niqué. En face, un trio de jeunes gens détendus et étendus , animés par une conversation sur l’amour, ses joies et ses peines. J’ai aimé n’évoquer que l’essentiel. Parfois ce que l’on ne dit pas est plus important que l’on dit. Leurs poses lascives sont inspirantes et suggestives. Je me perds dans la texture mouvante des reflets de l’eau et leurs couleurs improbables... Peut-être ont-ils réussi à me rafraîchir?




Il est encore trop tôt pour rentrer, nous cherchons un coin avec ombre et aéré, si possible! Nous atterrissons à La Base Filante, bar éphémère, installé dans un terrain vague, en attente d’urbanisme. Le bar est dans un dodécaèdre fait main (semble-t-il) mais la bière est locale, donc bonne. Les filles et les garçons sont affalés dans des transat turquoises. Nous sommes entourés d’herbes folles et de palettes de chantier. De larges voiles blanches claquent au vent. C’est agréable.
Nous sommes déjà un peu pompette. Cela doit être la chaleur!



Le lendemain, j’ai organisé une rencontre Urban Sketchers Paris sur l’esplanade entre le Palais de Tokyo et le musée d’art moderne. L’espace est aménagé en bar-restaurant. Ce jour là , plusieurs concerts se sont succédés sous l’égide de Sofarsounds . J’ai entamé mon aquarelle avec Niryntsoa, et j’ai terminé avec La Chica de Belleville, chanteuse Vénézuélienne à la voix envoûtante. Les gens vont et viennent. Il faut donc les saisir en quelques secondes, attitude, corpulence, personnalité... ce qui est chouette est qu’il y a beaucoup de couleurs et de diversité, de quoi faire jouer son pinceau au rythme de la musique!

[ aquarelles 21x60 cm, sur carnet aquarelle Hahnemühle ]

jeudi 23 août 2018

Après Porto, c'est Lisbonne! ...


Je connais déjà Lisbonne, mais en cinq ans, la ville a (beaucoup) changé.
Pour continuer à l’appréhender, marcher est le meilleur moyen. J’ai un peu oublié les distances, je décide de longer le Tage depuis la place du Commerce jusqu’à Belem. La promenade a été complètement aménagée, l’eau est superbe, un douce brise nous rafraîchit. Il reste beaucoup de grues, entrepôts, quais pour containers. J’ai envie de tout peindre. Mais c’est en arrivant sous le pont du 25 avril que je m’arrête: le dialogue entre les deux structures, celle du pont et celle de l’abri architecturé est fascinant. C’est un véritable challenge.


Le lendemain, après une aquarelle rapide de la Sé avec Reham Ali, croisée par hasard, je ne peux résister à la vue du Miradouro Santa Lucia. Il y a énormément de touristes, cela ne va être ni simple ni confortable. Je choisis ce point de vue à cause de ses trois séquences: bougainvilliers, structure bois et azuléjos et vue sur les toits qui s'étire sur le fleuve. Le ciel est somptueux, le gris des nuages fait chanter la terre cuite des tuiles.


Le jour suivant, nous allons à Sintra. Le temps est couvert et humide. Nous prenons un café en face du Palacio National. Je travaille sur des dégradés de blancs colorés, les quelques gris et le jaune d’or puissant. Puis nous partons à l'assaut de la montée vers le Palais, c'est somptueux avec une végétation luxuriante.



Nous passons la dernière matinée avec Isabel Allegria. Après la mythique montée en funiculaire jaune, nous arpentons le Jardin Botanique. C’est calme et apaisant. Je choisis de travailler sur les reflets des arbres et de la végétation dans le petit lac. C’est à la fois un casse-tête et une sorte de méditation : je me laisse porter par le flux de l’eau, les ondes changeantes et les reflets colorés. Je pense dans arrêt à Monet, aux Nymphéas à Giverny à cause du petit pont en arrière plan. Je comprends comment ce peintre a pu passer trois décennies à travailler ces grands tableaux. Chaque instant est un recommencement. Cela peut devenir le travail d’une vie!

[ aquarelles 21x60 cm, sur carnet aquarelle Moleskine ]

lundi 20 août 2018

Flux aquatiques et scintillements, Porto, Usk Symposium / Part 3


Pendant les trois jours de workshops, les enseignants ont très peu de temps pour dessiner alors j’en profite vraiment lorsque j’assiste au workshop de Joao Catarino, autour des reflets et mouvements du fleuve. Il nous propose de nous laisser envahir par le rythme et les couleurs du flux. Les enfants du quartier plongent et s’amusent dans le Douro. Ils sont étonnants. Je ne peux résister à saisir leurs plongeons !



Le soir, je ne résiste pas non plus à capturer le Pont Luis I dans cette ambiance nocturne. Je ne vois pas grand-chose. Je mélange mes couleurs à l’aveugle et j’ai l’impression que cela fonctionne. C’est difficile à l’aquarelle de peindre des nocturnes car on a du mal à assombrir suffisamment. De retour à l’hôtel, je constate que l’atmosphère a été rendue.


La dernière journée est fabuleuse. Après le dernier workshop, nous nous rassemblons vers l’Hôtel de Ville pour un dernier Sketchwalk et la photo de groupe. C’est incroyable. Nous essayons de faire une photo des français, mais ils ne sont pas tous là. Je pense qu’il y avait entre 50 et 100 français en OFF.


La journée se termine par une soirée arrosée de Porto Tonic, une découverte.
Et bien sûr l’annonce du prochain Symposium, 24 au 29 juillet 2019 : AMSTERDAM !

Rendez-vous l’année prochaine !

jeudi 16 août 2018

Workshop et démo à Porto, Urban Sketchers Symposium / Part 2 ...


Le jeudi matin, je donne mon premier workshop. Nous parlons mouvement, lumière, silhouette, attitudes, ombres, réserve et grandes masses colorées dans une ambiance studieuse et attentive. Chacun essaie d’intégrer mes propositions dans leur propre travail, c’est vraiment intéressant.



Je fais un échauffement pour ma démo grâce au Skit Sketch, des conférences rapides sur des sujets variés autour du dessin et de son rapport dans la communauté. Je capture l’attitude de chacun des intervenants en un seul geste, rapide et précis.


Je suis prête pour la démo. Je crois qu’il y a au moins 25 participants. Ils sont très intéressés et posent beaucoup de questions. Je leur explique le processus en amont car pendant la démo, j’aurai du mal à parler. En effet, il faut rester extrêmement concentré pour capturer les personnages et le paysage urbain dans le même geste. Nous avons peu de temps, alors je peins très vite. J’ai l’impression d’avoir couru un 400m à la fin de la démo. Je suis lessivée. 



Je donne deux autres workshops, le vendredi et le samedi matin. C'est le même programme mais c'est à chaque fois différent. Peindre des personnages en mouvements est une découverte de chaque instant. On n'assiste jamais aux même flux urbains, aux mêmes attitudes. Le samedi matin est très calme puis s'anime rapidement et devient extrêmement bruyant. Je suis interpellée à plusieurs reprises par des portugais ou des touristes qui se demandent ce que l'on fait là!

Il est vrai que c'est très étonnant de voir autant de dessinateurs éparpillés dans les rues de Porto. Les Urban Sketchers ont croqués la ville sous toutes les coutures.

... à suivre ...

dimanche 12 août 2018

Rythme frénétique à Porto pour le Urban Sketchers Symposium / Part 1 ...


J’ai eu la chance, cette année encore, de donner des workshops au Urban Sketchers Symposium. Nous étions à Porto au Portugal. Je suis arrivée deux jours avant le début pour préparer mon cours, «Capturing space and people in the same gesture». Le première chose est de trouver l’emplacement idéal, des gens assis, debout, se déplaçant, un paysage urbain varié mais pas trop complexe, de l’ombre en cas de soleil brûlant et du calme, si possible… Délaissant le Ribeira, trop touristique, trop bruyant et trop ensoleillé, j’ai jeté mon dévolu sur l’arrêt de Tram qui semblait réunir tous mes désirs.



J’ai testé tous les exercices de mon workshop ainsi que ma démo, depuis plusieurs points de vue. J’ai aimé découvrir ces lieux par la capture des personnages : les touristes, les locaux, les travailleurs, serveurs, serveuses, conducteurs de bus,et quelques dessinateurs. Les couleurs de Porto commencent à émerger : une belle gamme de gris colorés rehaussée de rose, orange et jaune intenses. La couleur vert-bleu changeante du Douro est un beau contre-point pour faire chanter ces couleurs.



J’ai continué mon entraînement space and people in the same gesture, lors du Faculty Tour, dans les caves à Porto de Poças à Vila Gaïa de Nova de l’autre côté du Douro. Nous étions un cinquantaine de sketchers à goûter du porto et à dessiner les cuves, tonneaux et barriques dans une atmosphère humide et aux fortes vapeurs d’alcool. Je crois que nous étions un peu pompette à la fin de la visite.



Le soir même, nous avons eu la chance que la mythique Livraria Lello ouvrent uniquement pour nous. Cette librairie est superbe mais extrêmement complexe à peindre. Comment ne pas se peindre dans les détails des décorations et les centaines de livres ?



Le lendemain, pourquoi ne pas continuer dans la complexité avec le Ponte Luis I, construit par Gustave Eiffel ? C’est le premier Sketchwalk. Il y a 800 participants, un staff d’au moins 100 personnes et une tripotée de sketchers OFF. C’est assez hallucinant, tous les mètres, il y a quelqu’un en train de dessiner. Je ne sais pas combien de ponts ont été croqué mais ce serait intéressant d’en créer une galerie !
J’aime le rapport de la couleur bleu-gris du pont avec l’arrière-plan en couleurs chaudes. Le ciel est nuageux ce qui apporte une densité à la composition.

... à suivre ...

mercredi 25 juillet 2018

Fontaine, eau et sensualité par deux femmes artistes ...


Je continue mes peregrinations au fil de l'aquarelle sans chercher de fil conducteur entre mes différents travaux. Et c'est en rapprochant ces deux là, que je me suis rendue compte que c'était deux fontaines, traitées par des femmes artistes, étonnant, non?
A quelques jours d'intervalle, je me suis intéressée au même sujet:  le rapport d'une sculpture sensuelle et dynamique avec son environnement.
La première est la fontaine Stravinsky ou "fontaine des Automates", à côté de Beaubourg devant l'église Saint-Merri. C'est une oeuvre de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely datant de 1983. Ce jour là, les jets d'eau étaient interrompus mais on ressentait le mouvement et l'énergie pensés par les deux artistes.


La deuxième est l'oeuvre de Laure Prouvost, "Ring, Sing and Drink for trespassing" au Palais de Tokyo jusqu'au 9 septembre prochain.
Il fait chaud, l'installation est sonore, on est entouré de bruissements, du clapotis de l'eau, des paroles des vidéos; c'est la création d'un véritable univers dans lequel on plonge. Le rapport entre les jets d'eau et les seins surdimensionnés créent à la fois de la sensualité mais aussi un certain malaise. C'est beau et dérangeant.

#aufildel'aquarelle
#croiseederegards
[ aquarelles 21x60 cm, sur carnet aquarelle Hahnemühle ]

mercredi 18 juillet 2018

Peindre au fil de l'aquarelle, sans préméditation ...


Parfois, on ne planifie pas, on marche, on arpente, on se perd, on se rapproche, on s'éloigne.
Il fait très chaud, on s'arrête pour boire un coup, à l'ombre, place Colette, à côté de la Comédie Française, en face de la station de métro décorée par Jean-Michel Othoniel. Ce jour là, c'est la Gay Pride, les hommes et les femmes sont habillés de couleurs vives qui se marient parfaitement avec les sphère de verre de l'artiste.
A droite, on peut voir une demi sphère en plastique transparent en cours de montage. Je verrais quelques jours plus tard qu'elle a servi à abriter une sorte de jardin sauvage.


Il semble que le motif du cercle ou de la courbe soit récurrent dans mon travail en ce moment.
A la fin de la deuxième journée du stage Au Fil de l'aquarelle, au parc de la Villette, que j'ai donné la semaine dernière, j'ai peint pour la première fois cette sculpture de Claes Oldenburg, cette roue de vélo surdimensionnée, enterrée dans la pelouse. Ce n'était pas planifié, j'ai tenté ce cadrage assez osé qui laisse apercevoir une folie de  Bernard Tschumi en arrière plan

#aufildel'aquarelle
#croiseederegards
[ aquarelles 21x60 cm, sur carnet aquarelle Hahnemühle ]