mercredi 5 juin 2019

Visite de Faber-Castell à Stein / Nuremberg // part 1 ...

[ la gare, aquarelle 36x48cm sur papier aquarelle ]
J'ai été invitée par Faber-Castell à Stein en Allemagne.
Je suis arrivée lundi à Nuremberg (Bavière) en fin d’après-midi. Un dîner de rencontre est prévu le soir même. Nous allons dans un joli restaurant japonais Kokoro où je fais connaissance de Carrie d’Autriche, Kasey du Canada, Elfik (Barbie) de Pologne, Joanna Henly de Londres et Ezra de Pékin, Chine. Ainsi que l’équipe chaleureuse de Faber Castell: Kirsten, Gui, Sandra et Julia, qui fera les photo pendant notre séjour.
Nous sommes six artistes femmes mais il paraît que c’est un hasard. Nous sommes très différentes les unes des autres, tant dans notre pratique que dans notre manière d’aborder le métier d’artiste. Je suis la seule Urban Sketchers et je résiste mal à l’envie de peindre le Neues Museum à côté duquel nous dînons. De grandes sculptures sont visibles depuis la façade principale totalement vitrée, c’est impressionnant !
Le dîner terminé, nous rentrons pour être en forme pour les deux prochaines journées.

[Visite de l'usine et museum, crayons aquarellables Albrecht Dürer + encre, sur papier aquarelle ]
Day 1
Notre rendez-vous dans le hall de l’hôtel est à 9h et comme j’ai un peu de temps, je sors vers 8h15 à la recherche d’un premier point de vue à peindre. J’aime la gare, massive, grise et imposante, qui joue dans les mêmes tons que le ciel ce matin. Quelques grues orange se détachent dans le ciel et permettent de donner un peu de couleur à la composition. Je savais que je n’aurais pas vraiment le temps de fignoler, je fais au plus vite mais je dois arrêter et rejoindre rapidement mes collègues.
Nous partons pour Stein, où se trouvent les bureaux, l’usine, le château et l’académie d’art de Faber Castell. Nous rencontrons Lukas qui sera notre guide énergique et cultivé pendant deux jours. Nous commençons par le laboratoire d’encre où sont élaborés les feutres et testées les couleurs. Des tests très poussés permettent d’obtenir une qualité maximale. Puis nous découvrons le processus de fabrication des crayons depuis la plaquette de bois, jusqu’à l’emballage. Toutes ces étapes sont automatisées dans de grandes et longues machines qui font pas mal de bruit. 
Je croque rapidement des bouts d’explication, je note des bribes de phrases, j’aimerais avoir plus de temps pour donner à voir l’espace de l’usine plus clairement. C’est fascinant, ces tas de mines colorées qui s’amoncellent et passent d’une machine à l’autre! Il y a pas mal d’étapes qu’on n’imagine pas, notamment l’attention qui est donnée à la finition du bout du crayon: couleurs, gomme ou taillage... les choix sont grands.
Ensuite nous allons déjeuner, la cantine est dans le château, murs de pierres, sculpture et modénatures sont au programme.


[ workshop, feutres aquarellables Albrecht Dürer, sur papier aquarelle ]
L’après midi, nous allons tester les nouveaux Albrecht Dürer markers aquarellables. La présentation, est précise et concise; nous n’avons qu’une hâte, c’est de les tester. Je débute en croquant mes camardes de jeu. Première (bonne) surprise, les markers ne laissent quasiment aucune marque lorsqu’on ajoute l’eau. Les couleurs sont denses, elle éclaircirent avec l’eau mais on peut les recouvrir d’une ou deux couches pour retrouver l’éclat des couleurs. Pas plus, sinon ça commence à faire un pâté sale. Je ne suis pas encore complètement à l’aise mais je sens qu’il y a beaucoup de possibilités. De plus, la gamme colorée complète est très belle. Carrie dessine des fleurs, Kazey des rats fous, Jo des femmes aux yeux immenses, Ezra s’inspire de la peinture traditionnelle chinoise avec des montagnes et Barbie dessine un bâtiment.
Ensuite, nous partons pour la maison d’Albrecht Dürer dans le centre de Nuremberg. C’est une belle bâtisse avec base en pierres et partie haute en colombages. Les guides sont habillées comme son épouse et racontent son histoire... une des salles présente des copies d’époque de toutes les toiles présentées à l’étranger.
J’aime bien la cuisine et l’atelier de gravure.

[ feutres aquarellables Albrecht Dürer, sur papier aquarelle ]
Puis nous visitons un peu la ville, pittoresque et médiévale, et allons dessiner sur un des ponts au dessus de la rivière Pegnitz, d’où l’on a deux beaux points de vue. Mes collègues s’essayent toutes à travailler sur le vif, ce qui n’est pas leur spécialité et c’est chouette. Je vais peut-être réussir à les convertir à l’Urban Sketching et à capturer sur le vif plutôt que d’après photo!
De mon côté, je vais un peu vite avec les feutres ce qui crée une sorte de gadoue au niveau de la rivière... je ne suis pas contente mais je dois apprivoiser ce nouvel outil et surtout me l’approprier.
Pour finir, je peins une grande aquarelle de la vue du pont suspendu en métal. Le soleil fait enfin sont apparition et nous baigne d’une jolie lumière.
Certaines sont un peu frigorifiées alors nous nous dirigeons, le long des remparts du château, vers le restaurant, Hexenhausle, typiquement franconien (bavarois); bières et saucisses seront au menu!

[ aquarelle 36x48cm sur papier aquarelle ]
... à suivre ...

mardi 28 mai 2019

Au Festival du carnet de voyage et reportage Brest 2019 / part 2 ...

[merci à Brigitte Lannaud Levy pour les photo où j'apparais]
Day 2
Aujourd’hui, je donne une démo alors je vais repérer le lieu, choisir mon sujet, faire des réglages du dispositif et mettre en place une esquisse. C’est comme un échauffement, il ne faut pas y aller sans préparation sinon on se plante.
À l’heure dite, je me présente et le spectacle commence. Il y a beaucoup de monde, je débute debout pour montrer mon matériel, couleurs et pinceaux et créer un rapport avec le public. J’ai ma Dot Card de Nevskaya Palitra qui m’aide à présenter mes couleurs. Puis je m’assois pour commencer à peindre la structure de la halle des Capucins ; la lumière va et vient, j’essaie de la saisir pour donner du relief à l’espace. Je joue avec les différentes structures, comme un motif coloré répétitif qui crée des pleins et de vides. Je commente chacun de mes coups de pinceau, j’essaie de rester concentrée sur la peinture, de garder la force de l’expression sans décrire l’espace. C’est une véritable performance, je termine par quelques touches colorées très denses. Les gens applaudissent, posent encore quelques questions et c’est fini...


Je suis vidée, j’ai l’impression d’avoir couru un marathon.
Mais la journée n’est pas terminée, je retourne sur notre stand, je fais deux dédicaces sur mon livre, bois une bière … Nous terminons par une ballade sur le port pour respirer un peu l’air salin.



Day 3
Peu de monde le matin alors on en profite pour faire un tour des stands des collègues et admirer leurs travaux. Puis sur le nôtre, on peint et on dessine. Brigitte se retrouve prise dans les filets de notre toile d’araignée...
L’après-midi, je prends quelques minutes pour croquer Lapin pendant sa démo de voiture. Puis nous trinquons ensemble pour fêter notre aventure avant un démontage express. Et enfin, le retour en train à Paris tard dans la soirée.


Merci à l’équipe pour son formidable accueil, c’était top!

vendredi 24 mai 2019

Au Festival du carnet de voyage et reportage Brest 2019 / part 1 ...


Brest, je connais bien, en fait, je connaissais bien... ça fait 11 ans maintenant que je n’y vais plus. Depuis la mort de mes grands parents, je ne voyais plus d’intérêt à y aller. Mais depuis 2 ans, je suis invitée au festival des carnets de voyage et reportage de Brest. Il y a deux ans, c’était au Quartz, juste à côté de la gare et de la rue des Martyrs, où habitaient mes grands-parents. Cette année, c'est aux ateliers des Capucins, réhabilitation des anciens arsenaux où l’on fabriquait des parties de bateaux pour la Marine. Pour s’y rendre, on peut prendre un téléphérique après avoir descendu la rue de Siam; ou traverser par le pont de Recouvrance. Les bâtiments sont très beaux, immenses, c’est aéré et spacieux. Avec mes collègues d’Urban Sketchers Paris, nous arrivons le jeudi en début d’après-midi. On met un temps fou à cleaner notre stand et à installer la toile d’araignée blanche qui donnera un peu de cachet à notre espace. C’est long et fastidieux. Mais l’on doit activer la cadence car sinon on ne finira jamais à temps... pinces, pâte à fixe, ficelles, on fixe, on accroche, on pince à tout va! Et enfin, on boit un coup pour le vernissage. On fignolera demain.

Il est temps d’aller manger des crêpes!



Day 1
Arrivée sur le stand, on finalise, on fignole, on coupe se qui dépasse. La toile d’araignée prend enfin forme et c’est plutôt pas mal! Le travail d’Urban Sketchers Paris est présenté à l’extérieur, grâce à de grands panneaux imprimés, des repro de dessins et des photos et quelques flèches rigolotes. La toile d’araignée met en valeur nos travaux personnels à l’intérieur.
Il n’y a pas beaucoup de visiteurs, on dessine et on discute. Je fais quelques aquarelles de Marielle Durand pendant sa démo tout en bleu.


À la fin de la journée, on va tous assister au voyage de Rézé, un concert dessiné en direct par Emdé. C’est chouette, bien mis en scène et scénarisé, ça me plaît. Je peins aussi le concert dans le noir et à la fin, nos dessins sont projetés sur l’écran, j’adore!

[merci à Brigitte Lannaud Levy pour les photos où j'apparais]
A suivre ...

dimanche 19 mai 2019

Au fil des flots d’ «Océanie » au musée du quai Branly ...


Peu de temps après avoir découvert Thomas Houseago au MAM, je suis allée visiter l’exposition «Océanie » au musée du quai Branly. Sur le moment, je n’ai pas fait le rapprochement, mais toutes ces sculptures en bois m’évoquent le travail du sculpteur anglais.
Le fil conducteur de l’exposition est l’océan, l’eau qui sépare et rapprochent tous ces peuples d’Océanie. Ce qui m’a le plus impressionnée, c’est le gigantisme des sculptures, totems et pirogues. Ces œuvres du bout du monde nous dominent pour nous raconter leur histoire. Beaucoup de pièces sont anthropomorphes, elles sont des divinités, des totems protecteurs. Les grandes maisons et les enceintes cérémonielles s’ornent de statues représentant des figures de dieux ou d’ancêtres.

Ce large espace baigné dans les différentes teintes de jaune met en scène des représentations d’êtres transcendants, ancêtres, héros légendaires ou divinités. Ces réceptacles sont destinés à accueillir l’essence divine ou ancestrale afin d’attirer les forces nécessaires à la prospérité de la communauté.


[ aquarelles sur feuilles 32x24cm ]

mercredi 15 mai 2019

Je serai à Brest du 17 au 19 mai avec Croisée de regards ...


Je serai au Festival des Carnets de voyage & reportage à Brest du 17 au 19 mai avec le groupe Urban Sketchers Paris: nous présenterons ce que nous avons fait depuis plusieurs années : rencontres, expositions, événements et notre projet d'ateliers avec le Secours Populaire.

Je montrerai aussi mon projet Croisée de regards avec des aquarelles inédites ainsi que mon livre.
Je ferai une démonstration d'aquarelle sur le vif le samedi à 15h.
Retrouvons-nous aux ateliers des Célestins à Brest!

vendredi 10 mai 2019

Le corps et les outils à grande échelle de Thomas Houseago au musée d'art moderne ...


Ma première impression en entrant dans l'exposition est celle d'une sculpture brute, écorchée avec de larges traces de mains et de doigts...
J’avoue que j’ai découvert ce sculpteur dans un article de Beaux-arts magazine annonçant l’exposition, Almost Human, de Thomas Houseago au musée d'art moderne. 
J’ai tout de suite eu envie de découvrir son travail notamment la partie «performance» référent au travail de ses jeunes années. Le corps recouvert de terre glaise, la glisse, la lourdeur, la difficulté d’évoluer dedans donnent aux corps et aux espaces sculptés une sorte de puissance désespérée. Ces sculpture sont un cri, à la fois enfantin et ultra sophistiqué car habité de références , Picasso, Basquiat, Baselitz, etc.
Le premier dessin est rapide, aux crayons de couleurs aquarellables, et encre pour capturer ces démons marchant et effrayant. À l’échelle surdimensionnée


Le 2ème est plus posé. La sculpture émerge du bassin entre le Palais de Tokyo et le MAM, il est gigantesque mais on s’en rend moins compte à cause de l’échelle générale du lieu. Il tranche dans son habit d’acier noir avec la blondeur des bâtiments et colonnades. J’aime son reflet tranchant dans l’eau bleu claire du bassin.

[ crayons, encre, aquarelle sur papier 32x24cm et 48x36cm ]

samedi 4 mai 2019

Magistral Theaster Gates au Palais de Tokyo! ...


Comme toujours au Palais de Tokyo, on découvre de belles et passionnantes expositions. Cette fois-ci, celle de Theaster Gates, artiste multiple, américain qui explore des histoires sociales, raciales et d’oppression issues de l’asservissement des Noirs au fil des siècles.

Cette première exposition personnelle dans un musée français, Amalgam , se centre sur l’histoire de l’île de Malaga, dans l'État du Maine, aux États-Unis. En 1912, le gouverneur du Maine expulse de Malaga la population la plus pauvre, une communauté mixte interraciale d'environ quarante-cinq personnes. Ils sont forcés de se disperser, d’errer ou d’être internés. Le nom de « Malaga » devint une insulte, une stigmatisation. L'île est depuis restée inhabitée et la nature y a retrouvé ses droits.
« So Bitter, this curse of darkness » [si amère, cette malédiction des ténèbres] est une installation faite de grands troncs de frêne surmontés de masques africains, moulés en bronze, par l’artiste. Ces troncs symbolisent la vitalité et la résilience de l’île. C’est un travail de préservation et de conservation, ces troncs et ces masques donnent forme au souvenir.

C’est magistral!


[ aquarelle sur feuille 36x48cm ]

dimanche 28 avril 2019

Beaucoup d'(E)motion grâce à Wim Wenders au Grand Palais ...



Cela fait longtemps que je n’ai pas vu un bon film de Wim Wenders, il a réalisé des chefs-d’œuvre mais ces derniers temps, j’aimais moins...
Alors cette proposition artistique au Grand Palais m’intrigue, coup de pub ou réelle création artistique?
Dans la queue, j’entends deux personnes parler de l’atelier des Lumières et le fait que c’est super à la mode de faire des trucs avec des grandes projections vidéo, genre tout le monde fait ça maintenant... Je m’introduit dans leur conversation en leur disant que la carrière et l’atelier, c’est la même boîte. Et que ce n’est pas passionnant, notamment le dernier sorti Van Gogh. Eux, ils ont adoré... c’est vrai que les images Grand format ça impressionne.
J’espère que Wenders fera mieux!

Je rentre et c’est la même chose à chaque fois, je suis époustouflée par ce lieu. La musique de Social Club, les musiciens en immense sur les trois façades, ça bouge, c’est construit, les images s’enchaînent, on est emporté dans le mouvement!
Je sors mes aquarelles, mon papier, je le trouve un coin au calme et c’est partie pour une sorte de performance. Capturer au fur et à mesure, le son, l’ambiance, le mouvement, les couleurs, les lumières de cette proposition artistique. Je me laisse embarquer, je sais que je ne pourrai pas figer les images alors je laisse courir mon bras au rythme des sons et des images. Parfois je ne vois rien, souvent je devine les mélanges de couleur que je fais; en fait je me fiche du résultat. Ce qui compte c’est ce moment partagé dans ce lieu extraordinaire.
Le montage est superbe, les sons fonctionnent très bien et au moment de la danse de Pina Bausch, je manque verser une larme, ces corps sublimes en mouvements que je reconnais et que j’aime m’émeuvent au plus au point.

Incroyable instant offert aux parisiens, c’est aussi pour cela que j’adore Paris!

[ aquarelle sur papier aquarelle 36x48cm ]

mercredi 24 avril 2019

Notre Dame, le temps d’après ...


Comme tout le monde le sait et l’a vu, Notre Dame s’est enflammée lundi soir. Le toit, la charpente et la flèche sont parties en fumée sous les yeux ébahis et affolés des parisiens ...
De mon septième étage, j’ai vu le début de l’incendie, une épaisse fumée jaunâtre au loin, plus grosse que d’habitude, étonnante et inquiétante. Puis j’ai vu des flammes, c’était si loin que je n’ai pas compris comment je pouvais les voir. Et puis soudain, je n’ai plus vu les flammes... la flèche est tombée.

Deux jours après je suis allée voir Notre-Dame, j’ai eu quelques difficultés à passer de la rive droite à la rive gauche car le périmètre interdit est large. J’ai vu la façade sud, sous les restes d’échafaudage, on devine la forme du toit. C’est très étrange, les touristes ne savent pas où était le toit et ce qui manque. En fait il ne reste que la pierre ; le bois, les tuiles, le plomb, tout a disparu.
Je suis en retard, je n’ai pas te temps de faire un dessin.

Samedi, je suis à nouveau passée la voir. Je l’ai abordée du côté oriental. Depuis le quai d’Orléans, j’en vois l’arrière. Le toit se devine toujours dans le dessin des échafaudages. Une grue émerge entre les deux tours de la façade, on dirait une trace, la mémoire, de la flèche perdue.
Je m’installe sur le quai pour la peindre, une première fois dans son nouvel état. Je sais que bientôt l’échafaudage sera démonté, le vide du toit bâché, le pignon consolidé.

Durant les prochaines années, elle changera souvent de visage… Il y aura probablement quelques aquarelles pour marquer ces étapes.

[ aquarelle sur papier aquarelle 36x48cm ]

vendredi 19 avril 2019

Peindre au fil de l'eau, exceptionnel! ...


Parfois on a des drôles de surprises dans la vie. Notre amie sketcheuse Agnès nous a proposé un projet fou: une balade surprise, un accrochage express dans une chouette galerie, un vernissage à la bonne franquette, quatre jours d’exposition et un décrochage en deux-deux!

Le lundi
Et la balade surprise était une ballade en bateau, avec Thomas sympathique et généreux capitaine qui nous a offert ce moment magique. Ainsi embarqués à 9 pour une balade de deux heures sur la Seine, il s’agissait de capturer chacun cet instant avec son regard et sa technique.
C’est presque un rêve, capturer sans filet, sans intention préconçue, cette vitesse, ces changements, de ciel, de lumière, de vent et de vagues. Je pars directement à l’aquarelle, sans dessin préalable, et je capture les éléments rapidement, au fur et à mesure; il n’y a aucune possibilité de repentir. Si c’est mal parti, on écarte, on ne s’attarde pas, on passe au suivant. La journée est belle mais le ciel est tourmenté comme je les aime, malgré les conditions un peu acrobatiques (gestion du grand format, roulis, un peu de mal de mer, une forte tension - attention), il se passe un beau dialogue de mouvement entre l’eau, le pinceau, les couleurs et cette balade au fil de l’eau.
Retour au port de l’Arsenal, je dois filer rapidement, ce qui est fait est fait, on fera le point le lendemain lors de l’encadrement.

Le mardi
J’en garde quatre qui tiennent la route, je les encadre et les emballe.


Le mercredi
La plupart d’entre nous est la pour l’accrochage. Je découvre la galerie, par très grande mais jolie avec une belle entrée. On déballe tout, on choisit les emplacements pour chacun en fonction de la taille et de la couleur des cadres. C’est un peu disparate mais ça marche bien!
Numérotation des œuvres, quelques cartels sont ajoutés et voilà c’est prêt!

Le jeudi
On a tout prévu pour le vernissage il y a même du champagne, des amis et des admirateurs de nos différents styles et travaux. La soirée est chouette!


Le dimanche
C’est le dernier jour de l’expo, je fais une permanence dans l’après-midi. Les gens vont et viennent . Puis dernier verre avant le décrochage et l’emballage. Nos travaux iront voguer vers de nouvelles aventures ailleurs!
Merci Agnès pour ce chouette projet.

[ aquarelles sur papier aquarelle 36x48cm ]

mercredi 10 avril 2019

Expo flash au Fil de l'eau dès jeudi 11 avril à la Galerie Pereire ...


Parfois on manage des projets et parfois, les projets arrivent comme des cadeaux!
En voici un, Sketch au Fil de l'eau, proposé par Carnet d'Agnès; projet fou et flash!

le lundi, on embarque et on dessine pendant deux heures
le mardi, on encadre
le mercredi, on accroche
le jeudi, c'est le vernissage à partir de 18h à la Galerie Pereire, 19 boulevard Pereire - 75017 Paris
le dimanche, on décroche!

Au plaisir de vous retrouver jeudi pour fêter cela!

mardi 26 mars 2019

Marchons pour le climat, encore et encore, avant qu'il ne soit trop tard! ...


Les lycéens, jeunes et étudiants se mobilisent tous les vendredis dans toute l’Europe pour marcher pour le climat. Est-ce que l’on ne devrait pas les rejoindre, nous, les vieux?
Je les ai suivi à vélo, vendredi il y a quelques semaines, ils étaient calme mais motivés, c’était chouette à voir. Beaucoup de pancartes, recyclées, faites main, quelques ballons, aucune violence mais de la colère ! Et il y a de quoi, cela fait vingt ans que l’on se cache derrière nos petits doigts alors que l’on sait que les énergies fossiles sont bientôt épuisées et que la planète n’a pas assez de ressources pour suivre notre consommation effrénée.
Êtes vous prêt à changer la donne? À agir à votre propre niveau? Rob Hopkins travaille sur la transition écologique depuis plus d’une dizaine d’années et propose une démarche innovante, « c’est une idée audacieuse de dire que le changement peut venir de vous, maintenant, chez vous, avec les gens qui vous entourent ». La transition permet au citoyen de participer au débat, de se réapproprier sa vie, ses lieux et ses choix...
Le durable, le soutenable, le local, j’essaie à mon petit niveau de faire quelques gestes pour changer mes habitudes et comportements.
Et vous que faites-vous ?  


Samedi 16 mars, je ne savais pas combien de temps je pourrais marcher pour le climat (Marche du siècle) alors j’ai jeté mon dévolu sur République, le point d’arrivée! 
J’ai été surprise par la voix d’Abd al Malik qui résonnait dans toute la place, c’était chouette de le voir pour la première fois. J’ai compris que c’était les balances du concert du soir. J’ai sorti mes aquarelles et mes pinceaux pour croquer cette scène habitée par Aziz, Shaka Ponk puis Emilie Loiseau. Les gens dansaient déjà avec quelques pancartes, brochettes, bières ou gilets jaunes.
Je me suis ensuite rapprochée de la statue pour capturer l’ambiance, surtout chaleureuse mais parfois houleuse entre manifestants!

Peu à peu la place s’est remplie, plus de monde, de pancartes, des gens qui se regroupent pour le concert simplement ou d’autres qui pensent qu’on peut changer l’ordre des choses. Consommer moins, partager plus, recycler, réparer, donner et récupérer. Est ce que l’on aime vivre dans ce monde jetable? Ou est-ce-que l’avenir peut être différent ?

[ aquarelles sur carnet 21x60cm et feuilles 32x24cm ]

mercredi 20 mars 2019

Les couleurs des souvenirs de famille à Uzès ...


Je travaille depuis quelques temps avec des scénographes dont l’agence est à Uzès, dans le Gard. Cette semaine, on se retrouve pour un séminaire autour de nos projets de musées au Bénin avec une délégation béninoise et toute l’équipe de muséographie et scénographie. Le truc un peu fou est qu’ils louent un bureau dans un espace de co-working place aux Herbes... je viens donc de passer quatre jours place aux Herbes, place où ont habité mes grands parents pendant une dizaine d’années.
C’est la place où mon grand-père a enlevé les petites roues de mon vélo et où il m’a appris à rouler seule. 
C’est la place que l’on voyait tous les matins et soirs des vacances scolaires lorsque ma grand mère ouvrait et fermait les volets de cet appartement juste à l’angle...
C’est une place pleine de souvenirs pour moi alors quand j’y suis, je pense à eux et à ces moments. 

C’est particulier.
Chaque matin, je suis allée peindre un morceau de mes souvenirs.
Le premier matin est d’un bleu éclatant presque difficile à soutenir. Je suis sur la place de l’Evéché, le soleil me réchauffe un peu les joues. Les ombres portées des arbres sur les bâtiments de la cathédrale Saint Théodorit dessinent un réseau tentaculaire . J’aime cette manière dont ces elles dessinent les volumes, donnant à voir certaines parties et en effaçant d’autres.


Le deuxième matin me ramène au même endroit mais c’est vers le duché que je me tourne. Le ciel commence à être tacheté de moutons blancs. Peu à peu, l’horizon s’assombrit pour créer un contraste chaud-froid entre la pierre lumineuse et la masse nuageuse. Mon pinceau se promène le long des toits dans une rêverie colorée. Je pense aux couleurs des melons, abricots, tomates, et aubergines que cuisinait ma grand-mère.
Le mistral s’est levé, je ne m’en suis pas rendu compte et mes doigts sont gelés. Il faut vite terminer pour ne pas prendre froid!


Le troisième matin, c’est place aux Herbes que je m’installe, dans un doux rayon de soleil. Les ombres des platanes s’étirent sur le sol et créent un motif rayé qui allonge l’espace. Les arbres sont comme mouchetés, clair-foncé, c’est un nouveau motif qui se déploie.
Je joue à cache-cache avec la fontaine, elle apparaît / disparaît derrière les platanes et soudain, c’est un gros camion qui la masque, en partie. Je fais avec et je continue mon jeu ; un autre motif apparaît, celui des fenêtres, carrés répétés à s’y perdre. Et enfin ces arcades qui ceinturent la place font teinter les souvenirs de courses d’enfants.
Chaque lieu que je traverse dans cette ville est comme un pèlerinage à la recherche de souvenirs, ici, c’était le marchand de jouets, là Soleiado, où l’on trouvait des merveilles de tissus, la boulangerie, le tennis, la piscine, le début d’une promenade que l’on a faite des dizaines de fois. Même cette p... de route en lacets entre Uzès et Nîmes m’a soudain donné à nouveau la nausée, comme quand j’étais petite, quand je l’ai prise aujourd’hui ...

Tout comme les parfums, l’espace lui-aussi fait resurgir des moments oubliés...

[ aquarelles sur carnet 21x60cm ]

mardi 12 mars 2019

Escapade à Metz - Jour 2 ...


Petite trotte jusqu’au musée de la Cour d’Or. L’entrée du musée semble avoir été rénovée récemment. Le hall d’accueil est imposant avec ses coupoles en plafond et les multiples rayonnages d’une ancienne bibliothèque. J’aime bien la signalétique jaune qui vient s’encastrer dedans pour raconter les différentes parties du musée.
Ensuite cela se gâte un peu, on passe par les thermes gallo romains, des salles médiévales, un escalier renaissance et des salles de peinture jusqu’à l’âge moderne. La scénographie est ancienne, l’éclairage laisse vraiment à désirer, il est soit trop fort, soit trop faible, jamais juste et l’on a du mal à voir les œuvres ou objets. On passe son temps à monter et descendre des escaliers, c’est un véritable labyrinthe. Certaines pièces sont très belles mais tellement mal présentées que l’on passe sans y prêter attention...


Je quitte le musée et pas loin je tombe par hasard sur le Frac Lorraine, qui ouvre en début d’après-midi, j’y retournerai toute à l’heure. Après une visite de la cathédrale Saint Etienne, extrêmement sombre aussi, je m’arrête pour manger place Jeanne d’Arc avec vue sur l’église Sainte Ségolène. J’en profite pour immortaliser cette couleur jaune d’or si particulière de la pierre de Jaumont, extraite en Moselle.
Après la visite du Frac, je continue mes déambulations dans la ville, sans peindre, car le vent est très froid et la lumière tombe rapidement...

[ aquarelles sur carnet 21x60cm et feuilles 36x48cm ]

vendredi 8 mars 2019

Escapade à Metz - Jour 1 ...


Arrivée matinale à la gare de Metz, je me dirige vers le centre Pompidou. Il y a du vent mais quelques rayons de soleil font jouer les ombres portées sur l’architecture. Je commence rapidement à peindre pour ne pas perdre ces belles lumières. Je me concentre sur la vague du toit, je souhaite la donner à voir par l’expression du ciel, j’aime les nuages qui sont comme des moutons se déplaçant avec malice dans le ciel.


Puis je rentre dans le centre, l’accueil a changé, une boutique à été ajoutée, cela modifie et réduit beaucoup l’espace du hall. Je commence par l’exposition «Peindre la nuit» puis Lee Ufan, «Habiter le temps».
Je déjeune au café avec vue sur la façade et toujours cette vague difficile à capturer avec le tressage en bois de la structure. Le toit créé une fenêtre de vue sur le nouveau quartier. Lorsque je suis venue la dernière fois, c’était une lande dépouillée et maintenant, immeubles , centre commercial , routes et mobiliers urbains occupent l’espace.
L’après midi, je découvre l’Expo «l’aventure de la couleur», qui commence par les papiers découpés de Matisse, en passant par Klein et Routault jusqu’à Buren et ses célèbres rayures! Une performance de Miralda sera même réactivée fin mars entre la Gare et le centre.



Puis je me dirige vers le centre commercial en face, j’ai repéré un café qui semble avoir une belle vue sur l’architecture de Tadao Ando. Le temps a changé, il fait sombre, j’aime la couleur des nuages sur la vague du toit. Avez vous remarqué les couleurs violette ou pourpre des arbres? C’est superbe, non?
... à suivre ...

[ aquarelles sur carnet 21x60cm et feuilles 36x48cm ]

mardi 5 mars 2019

Encore quelques places pour le stage d'aquarelle à la Cité de l'architecture les 23 & 24 mars ...


Je propose un deuxième stage d’aquarelle à la Cité de l'architecture et du patrimoine les 23 et 24 mars 2019.
Les inscriptions se font directement sur le site.

C'est un stage exceptionnel où l'on pourra peindre et s'exprimer au pinceau et à l'aquarelle pendant deux jours alors ne le manquez pas: je propose de regarder un lieu et un espace autrement. En prenant le temps d’analyser l’espace, de le décomposer, les participants cherchent à en comprendre les éléments constitutifs et la profondeur. Au pinceau, à l’aquarelle, ils le saisissent en grandes masses de couleurs et de valeurs plutôt que par la ligne et le contour. À travers une série d’exercices et d’expérimentations, ils s'essayent à exprimer et capturer l’espace vertigineux, monumental des collections de la Cité.

mercredi 27 février 2019

Soirée Love au musée Rodin, performance pour tous! ...


J’ai été invitée à dessiner les amoureux lors de la soirée LOVE au musée Rodin, le 14 février dernier. L’ambiance était feutrée, de jolies lumières rose et rouge évoquaient l’amour et les participants étaient accueillis par une coupe de champagne.

C’est dans l’exposition « Dessiner, Découper », que je suis installée. Les premiers couples arrivent, je leur propose de s’inspirer des dessins de Rodin pour trouver une pose. Ils sont tous plus inventifs les uns que les autres. Certains s’embrassent à pleine bouche, d’autres (pas encore en couple) se touchent à peine mais je sens qu’ils aimeraient bien conclure ce soir ! De grandes amies se mettent à danser. J’essaie de peindre au plus vite, pour saisir leurs attitudes et leurs pensées dans un même geste coloré.

Pour moi, c’est une véritable performance, je ne m’arrête pratiquement pas, juste une fois pour changer l’eau. Je suis très concentrée, je ne peux pas les laisser partir sans capturer ce moment magique pour eux et leur histoire de couples. Ils sont tous touchants et touchés. C’est un véritable dialogue qui s’instaure entre nous en quelques minutes à peine.

Je ne vois pas le temps passer, j’ai peint douze couples, le musée ferme, il faut ranger et clore cette belle soirée.


[ aquarelles sur feuilles 32x24cm ]

vendredi 22 février 2019

DAU - Plonger dans une aventure expérimentale au temps du communisme ...

...l'enveloppe de DAU avec visa, plan, livret...

Dès que j’ai reçu la proposition de visa de DAU, j’ai sauté dessus. Après quelques questions basiques et la prise d’un selfie, j’ai reçu le papier permettant de récupérer le fameux visa. Je me suis rendue le jour J à l’heure dite et j’ai retiré mon visa, une petite carte avec photo et code barre à toujours avoir sur soi pendant le parcours. A l’entrée du théâtre de la Ville, je dépose mon téléphone dans un casier. Interdiction de garder avec soi un quelconque objet électronique; pas de trace photo et vidéo, chacun reste dans son expérience sans intermédiaire...
Le théâtre de la Ville est en travaux depuis quelques années, j’ai hâte de découvrir comment il a été investi par DAU. Je déplie le plan (sommaire) avec des mots au graphisme aride, je les suis et je découvre peu à peu le parcours: ORGY, COMMUNISM, BEYERAL, FUTURE,... l’espace est à nu sans fioritures avec ces grands lettrages noirs. Je me retrouve dans une petite salle de projection au sous-sol après avoir visionné des rushs des films. Le premier film que je vois est DAU 7 avec Lev Landau (prix Nobel de physique en 1962) et cette jeune femme qu’il séduit. J’ai la traduction dans l’oreillette par une voix atone. J’aime bien ce procédé, ça ne masque pas la langue russe. Le film est beau, lent, voyeuriste et violent. Je me sens prise au piège et en même temps je veux connaître la fin. C’est gênant, un peu.


...dans la salle du théatre de la Ville, mise à nu...

En 2009, 400 personnes ont été enfermées volontaires dans un institut, sorte de camp, mini ville, pour recréer le laboratoire du scientifique Lev Laudau à Kharkov en Ukraine, en acceptant les règles, celles appliquées en URSS dans les années 1938-1968. Pendant 3 ans, sous la coupe du cinéaste, Ilya khrzhanovskiy, ils ont travaillé, vécu, fait des rencontres, des enfants, créé des relations. Scientifiques, étudiants, serveuses, fille au paire, cuisiniers, agents du KGB, habillés comme à l’époque, ont bu, beaucoup, mangé, fumé, baisé, partagé ces appartements communautaires, travaillés, ont terrorisé et ont été soumis. Le tout dans des ambiances clair-obscure, où l’on sent les conditions météo, les saisons sans vraiment les voir. Les plans sont rapprochés (très), il y a quelques belles perspectives mais on ne voit jamais l’Institut dans sa totalité.

...partie de cartes dans les appartements communautaires du théâtre de la Ville...

Je sors de là un peu secouée, je repars en exploration, beaucoup d’escalier, j’arrive à COMMUNISM: reconstitution des appartements communautaires, meubles et accessoires d’époque, les habitants sont aussi habillés comme à l’époque. Certains faisaient parti de l’aventure originelle, d’autres ont été invités pour habiter le lieu pendant les trois semaines de l’expérience à Paris. Un couple au fond est en train de jouer aux cartes, ils parlent russe mais en fait le mari est français. Il aime bien ce que je peins, il trouve que j’ai bien rendu l’atmosphère de bric et de broc avec la soupe en train de cuir et le lit défait dans l’autre pièce. J’entends que le chamane va arriver mais je ne peux pas l’attendre, mon VISA expire bientôt… Je dois continuer mon exploration.
A DAU, on doit lâcher prise du monde extérieur, ne rien attendre, se laisser emporter par l’histoire et les personnages. BRAIN, là-haut, salle de concert mais les musiciens répètent.
Je prends quelques minutes pour manger un bortsch dans une écuelle en alu, pain noir, cornichons malossol et purée d’aubergine.
Il est un peu tôt pour la vodka mais j’aimerais bien la goûter.

Je vais vers FUTURE, la salle du théâtre, elle est complètement à nu, murs sols gradin en béton brut, la cage de scène aussi avec les dessous complètement ouverts avec un trou béant. Il fait froid, le son est trop fort et le film est ultra-violent, scène d’humiliation pendant un interrogatoire musclé, violences et viol avec une bouteille, c’est trop… je décroche un peu, je me mets à peindre, dans le noir, à la lueur de la console vidéo. J’essaie de rendre le vertige que procure l’ambiance.
J’ai moi aussi le vertige, le film est terminé, je sors prendre l’air après un coup d’œil à la boutique: boîtes de conserve, tampons, carnets, de la camelote moderne « designée » à la russe communiste!


...dans l'appartement de Landau au Centre Pompidou...

Dans cette exploration de DAU, il y a trois lieux parisiens, reliés par un triangle de lumière, la nuit. Le deuxième est le Centre Pompidou : au fond du musée permanent, un petit espace reconstitue un morceau de l’Institut avec décor, portes, fenêtres mobilier et accessoires. Il y a quelqu’un qui travaille. C’est flippant. Je le dessine. Dans le noir avec des crayons, stylo plume. Quelques minutes plus tard, je pose les grands ombres à l’aquarelle.
Les gens sont déçus, ils trouvent cela petit mais par contre ils "trippent" sur le mec dans la vitrine; ils ne savent pas si il est "vivant" ou en cire!


...DAU envahit la façade du théâtre du Châtelet...

Quelques jours plus tard, je peux enfin découvrir le Théâtre du Châtelet qui n’avait pas eu l’autorisation administrative d’ouvrir. J’ai donc demandé une prolongation de mon Visa pour 6 heures supplémentaires. Avant de rentrer, je peins la façade qui est barrée de grands écrans Led avec les images en noir et blanc issues des films. DAU clignote en noir, rouge et blanc.
Je rentre par le côté, accompagnée d’une hôte en combinaison de travail grise, ils sont tous habillés comme cela, de toutes nationalités. Elle m’emmène dans une petite salle, pas de traduction oreillette mais des sous-titres en anglais, je passe au premier rang car ils sont illisibles du fond de la salle. Le film est toujours aussi violent et intrusif, les femmes sont sans arrêt humiliées par des hommes affreux et dégoûtants...
Je passe ensuite quelques minutes dans une cabine en aluminium à discuter sur le Bonheur avec une charmante jeune fille. Elle veut voir mes aquarelles, elle aime bien.
Puis, je file pour une visite « guidée », il parait qu’on va voir des trucs secrets: notre guide nous raconte l’origine du projet: les 13 films tournés dans le labo a Kharkov puis le travail de montage pendant des années et enfin la première mondiale à Paris dans les 3 lieux. Elle nous emmène dans le restaurant QG de l’équipe au fond duquel on s’introduit dans un vagin géant, l’atmosphère est glauque et chaleureuse à la fois; c’est cela le projet DAU, on est en permanence pris entre deux sentiments, le dégoût et l’impatience de découvrir de nouvelles choses. C’est clivant pour le public mais aussi pour soi. Il faut se laisser envahir, pénétrer par les visites, s’installer, laisser le temps passer. Si on s’attend à quelque chose, on sera déçu. Par contre si on n’attend rien , on peut s’ouvrir et être surpris...
Puis les bureaux, la chambre à la russe, le salon peint, on s’installe, on discute du projet, on rencontre les personnages des films en vrai ou en cire. Ils commencent à être familiers pour moi, ils deviennent des compagnons de visite.
Il y a plein de choses que j’ai attendues, que j’ai manquées que je n’ai pas trouvées, certains ont eu plus de chance que moi, de croiser le chamane ou Brian Enno, d’écouter un pianiste extraordinaire ou de croiser Marina Abramovic en transe.

Chacun a vécu sa propre expérience de DAU, certains ont détesté, d’autres ont adoré. Je ne pourrai pas définir mes sensations par « blanc » ou « noir », j’ai aimé ou pas aimé, c’est beaucoup plus complexe… Les films m’ont hanté plusieurs jours après, l’atmosphère, les relations malsaines entre les participants, la beauté des décors et des costumes qui est paradoxale dans cet univers.

Le projet est maintenant à découvrir à Londres.

[ aquarelles sur carnet 21x60cm ]

mardi 19 février 2019

Échafaudages de la gare Montparnasse ...


Le dernier SketchCrawl des Urban Sketchers a été organisé dans la gare Montparnasse en transformation, certaines parties sont déjà rénovées mais je me suis intéressée à la partie en travaux. Comment résister à cet structure entrelacée des échafaudages?

[ aquarelles sur carnet 21x60cm ]

mardi 12 février 2019

Dessins en mouvements pour la Nuit de la Lecture à la bibliothèque Forney ...


Le groupe Urban Sketchers Paris a été invité à croquer la Nuit de la Lecture à la Bibliothèque Forney. Nous étions une bonne vingtaine à braver le froid et l'humidité de ce samedi soir. Mais l'ambiance dans la bibliothèque était très chaleureuse.
J'ai commencé par une aquarelle de la performance, "On lit ou on regarde un dessin?" du collectif Les Traces Habiles: trois conteurs, en mouvement, déclament des textes sur le dessin et la création alors que l'artiste Olivier Marty dessine en direct. Les quatre protagonistes se déplacent, dansent, courent, s’assoient sur un coin de table, se couchent à terre… Olivier Marty dessine très vite, il dépose ses créations au sol au fur et à mesure.

C'est intense et dynamique, pas un moment de répit, ni pour eux, ni pour moi.


Puis nous avons assisté à une intervention poétique, jouée et dansée, déambulatoire dans trois lieux de la bibliothèque, par la Compagnie Le Monde Devant. Quelques mots inspirent le contre-bassiste qui improvise rapidement, aux premières notes, la danseuse filiforme déploie ses longs membres pour quelques minutes de danse.
C’était une belle soirée dans une ambiance riche en création et réflexion autour de l’art.

#croiseederegards

[ aquarelles sur carnet 21x60cm ]