vendredi 24 mai 2019

Au Festival du carnet de voyage et reportage Brest 2019 / part 1 ...


Brest, je connais bien, en fait, je connaissais bien... ça fait 11 ans maintenant que je n’y vais plus. Depuis la mort de mes grands parents, je ne voyais plus d’intérêt à y aller. Mais depuis 2 ans, je suis invitée au festival des carnets de voyage et reportage de Brest. Il y a deux ans, c’était au Quartz, juste à côté de la gare et de la rue des Martyrs, où habitaient mes grands-parents. Cette année, c'est aux ateliers des Capucins, réhabilitation des anciens arsenaux où l’on fabriquait des parties de bateaux pour la Marine. Pour s’y rendre, on peut prendre un téléphérique après avoir descendu la rue de Siam; ou traverser par le pont de Recouvrance. Les bâtiments sont très beaux, immenses, c’est aéré et spacieux. Avec mes collègues d’Urban Sketchers Paris, nous arrivons le jeudi en début d’après-midi. On met un temps fou à cleaner notre stand et à installer la toile d’araignée blanche qui donnera un peu de cachet à notre espace. C’est long et fastidieux. Mais l’on doit activer la cadence car sinon on ne finira jamais à temps... pinces, pâte à fixe, ficelles, on fixe, on accroche, on pince à tout va! Et enfin, on boit un coup pour le vernissage. On fignolera demain.

Il est temps d’aller manger des crêpes!



Day 1
Arrivée sur le stand, on finalise, on fignole, on coupe se qui dépasse. La toile d’araignée prend enfin forme et c’est plutôt pas mal! Le travail d’Urban Sketchers Paris est présenté à l’extérieur, grâce à de grands panneaux imprimés, des repro de dessins et des photos et quelques flèches rigolotes. La toile d’araignée met en valeur nos travaux personnels à l’intérieur.
Il n’y a pas beaucoup de visiteurs, on dessine et on discute. Je fais quelques aquarelles de Marielle Durand pendant sa démo tout en bleu.


À la fin de la journée, on va tous assister au voyage de Rézé, un concert dessiné en direct par Emdé. C’est chouette, bien mis en scène et scénarisé, ça me plaît. Je peins aussi le concert dans le noir et à la fin, nos dessins sont projetés sur l’écran, j’adore!

[merci à Brigitte Lannaud Levy pour les photos où j'apparais]
A suivre ...

dimanche 19 mai 2019

Au fil des flots d’ «Océanie » au musée du quai Branly ...


Peu de temps après avoir découvert Thomas Houseago au MAM, je suis allée visiter l’exposition «Océanie » au musée du quai Branly. Sur le moment, je n’ai pas fait le rapprochement, mais toutes ces sculptures en bois m’évoquent le travail du sculpteur anglais.
Le fil conducteur de l’exposition est l’océan, l’eau qui sépare et rapprochent tous ces peuples d’Océanie. Ce qui m’a le plus impressionnée, c’est le gigantisme des sculptures, totems et pirogues. Ces œuvres du bout du monde nous dominent pour nous raconter leur histoire. Beaucoup de pièces sont anthropomorphes, elles sont des divinités, des totems protecteurs. Les grandes maisons et les enceintes cérémonielles s’ornent de statues représentant des figures de dieux ou d’ancêtres.

Ce large espace baigné dans les différentes teintes de jaune met en scène des représentations d’êtres transcendants, ancêtres, héros légendaires ou divinités. Ces réceptacles sont destinés à accueillir l’essence divine ou ancestrale afin d’attirer les forces nécessaires à la prospérité de la communauté.


[ aquarelles sur feuilles 32x24cm ]

mercredi 15 mai 2019

Je serai à Brest du 17 au 19 mai avec Croisée de regards ...


Je serai au Festival des Carnets de voyage & reportage à Brest du 17 au 19 mai avec le groupe Urban Sketchers Paris: nous présenterons ce que nous avons fait depuis plusieurs années : rencontres, expositions, événements et notre projet d'ateliers avec le Secours Populaire.

Je montrerai aussi mon projet Croisée de regards avec des aquarelles inédites ainsi que mon livre.
Je ferai une démonstration d'aquarelle sur le vif le samedi à 15h.
Retrouvons-nous aux ateliers des Célestins à Brest!

vendredi 10 mai 2019

Le corps et les outils à grande échelle de Thomas Houseago au musée d'art moderne ...


Ma première impression en entrant dans l'exposition est celle d'une sculpture brute, écorchée avec de larges traces de mains et de doigts...
J’avoue que j’ai découvert ce sculpteur dans un article de Beaux-arts magazine annonçant l’exposition, Almost Human, de Thomas Houseago au musée d'art moderne. 
J’ai tout de suite eu envie de découvrir son travail notamment la partie «performance» référent au travail de ses jeunes années. Le corps recouvert de terre glaise, la glisse, la lourdeur, la difficulté d’évoluer dedans donnent aux corps et aux espaces sculptés une sorte de puissance désespérée. Ces sculpture sont un cri, à la fois enfantin et ultra sophistiqué car habité de références , Picasso, Basquiat, Baselitz, etc.
Le premier dessin est rapide, aux crayons de couleurs aquarellables, et encre pour capturer ces démons marchant et effrayant. À l’échelle surdimensionnée


Le 2ème est plus posé. La sculpture émerge du bassin entre le Palais de Tokyo et le MAM, il est gigantesque mais on s’en rend moins compte à cause de l’échelle générale du lieu. Il tranche dans son habit d’acier noir avec la blondeur des bâtiments et colonnades. J’aime son reflet tranchant dans l’eau bleu claire du bassin.

[ crayons, encre, aquarelle sur papier 32x24cm et 48x36cm ]

samedi 4 mai 2019

Magistral Theaster Gates au Palais de Tokyo! ...


Comme toujours au Palais de Tokyo, on découvre de belles et passionnantes expositions. Cette fois-ci, celle de Theaster Gates, artiste multiple, américain qui explore des histoires sociales, raciales et d’oppression issues de l’asservissement des Noirs au fil des siècles.

Cette première exposition personnelle dans un musée français, Amalgam , se centre sur l’histoire de l’île de Malaga, dans l'État du Maine, aux États-Unis. En 1912, le gouverneur du Maine expulse de Malaga la population la plus pauvre, une communauté mixte interraciale d'environ quarante-cinq personnes. Ils sont forcés de se disperser, d’errer ou d’être internés. Le nom de « Malaga » devint une insulte, une stigmatisation. L'île est depuis restée inhabitée et la nature y a retrouvé ses droits.
« So Bitter, this curse of darkness » [si amère, cette malédiction des ténèbres] est une installation faite de grands troncs de frêne surmontés de masques africains, moulés en bronze, par l’artiste. Ces troncs symbolisent la vitalité et la résilience de l’île. C’est un travail de préservation et de conservation, ces troncs et ces masques donnent forme au souvenir.

C’est magistral!


[ aquarelle sur feuille 36x48cm ]

dimanche 28 avril 2019

Beaucoup d'(E)motion grâce à Wim Wenders au Grand Palais ...



Cela fait longtemps que je n’ai pas vu un bon film de Wim Wenders, il a réalisé des chefs-d’œuvre mais ces derniers temps, j’aimais moins...
Alors cette proposition artistique au Grand Palais m’intrigue, coup de pub ou réelle création artistique?
Dans la queue, j’entends deux personnes parler de l’atelier des Lumières et le fait que c’est super à la mode de faire des trucs avec des grandes projections vidéo, genre tout le monde fait ça maintenant... Je m’introduit dans leur conversation en leur disant que la carrière et l’atelier, c’est la même boîte. Et que ce n’est pas passionnant, notamment le dernier sorti Van Gogh. Eux, ils ont adoré... c’est vrai que les images Grand format ça impressionne.
J’espère que Wenders fera mieux!

Je rentre et c’est la même chose à chaque fois, je suis époustouflée par ce lieu. La musique de Social Club, les musiciens en immense sur les trois façades, ça bouge, c’est construit, les images s’enchaînent, on est emporté dans le mouvement!
Je sors mes aquarelles, mon papier, je le trouve un coin au calme et c’est partie pour une sorte de performance. Capturer au fur et à mesure, le son, l’ambiance, le mouvement, les couleurs, les lumières de cette proposition artistique. Je me laisse embarquer, je sais que je ne pourrai pas figer les images alors je laisse courir mon bras au rythme des sons et des images. Parfois je ne vois rien, souvent je devine les mélanges de couleur que je fais; en fait je me fiche du résultat. Ce qui compte c’est ce moment partagé dans ce lieu extraordinaire.
Le montage est superbe, les sons fonctionnent très bien et au moment de la danse de Pina Bausch, je manque verser une larme, ces corps sublimes en mouvements que je reconnais et que j’aime m’émeuvent au plus au point.

Incroyable instant offert aux parisiens, c’est aussi pour cela que j’adore Paris!

[ aquarelle sur papier aquarelle 36x48cm ]

mercredi 24 avril 2019

Notre Dame, le temps d’après ...


Comme tout le monde le sait et l’a vu, Notre Dame s’est enflammée lundi soir. Le toit, la charpente et la flèche sont parties en fumée sous les yeux ébahis et affolés des parisiens ...
De mon septième étage, j’ai vu le début de l’incendie, une épaisse fumée jaunâtre au loin, plus grosse que d’habitude, étonnante et inquiétante. Puis j’ai vu des flammes, c’était si loin que je n’ai pas compris comment je pouvais les voir. Et puis soudain, je n’ai plus vu les flammes... la flèche est tombée.

Deux jours après je suis allée voir Notre-Dame, j’ai eu quelques difficultés à passer de la rive droite à la rive gauche car le périmètre interdit est large. J’ai vu la façade sud, sous les restes d’échafaudage, on devine la forme du toit. C’est très étrange, les touristes ne savent pas où était le toit et ce qui manque. En fait il ne reste que la pierre ; le bois, les tuiles, le plomb, tout a disparu.
Je suis en retard, je n’ai pas te temps de faire un dessin.

Samedi, je suis à nouveau passée la voir. Je l’ai abordée du côté oriental. Depuis le quai d’Orléans, j’en vois l’arrière. Le toit se devine toujours dans le dessin des échafaudages. Une grue émerge entre les deux tours de la façade, on dirait une trace, la mémoire, de la flèche perdue.
Je m’installe sur le quai pour la peindre, une première fois dans son nouvel état. Je sais que bientôt l’échafaudage sera démonté, le vide du toit bâché, le pignon consolidé.

Durant les prochaines années, elle changera souvent de visage… Il y aura probablement quelques aquarelles pour marquer ces étapes.

[ aquarelle sur papier aquarelle 36x48cm ]