lundi 10 septembre 2018

Eglise et abbayes au fil du pinceau ...


La région Bourgogne-Franche Conté est riche en églises, abbayes ou basilique, c’est vrai que plusieurs de ces villages sont sur la route de Compostelle. À Vézelay, c’est une abbatiale cistercienne du 11ème siècle , façade retravaillée par Violet Le Duc au 18ème mais l’intérieur est époustouflant. Le chœur a été rénové, une partie est encore en travaux. La nef est plus grise. J’ai envie de travailler sur la rayure, l’alternance de pierre claire et de pierre sombre. Plus j’avance, plus je me projette à Cordoue dans la mosquée-cathédral. C’est un double voyage.


Ce matin, échauffement avec un large panorama sur Tonnerre et l’église Saint Pierre, le ciel est tourmenté, pourvu qu’il ne pleuve pas. C’est quand je termine mon aquarelle que le soleil pointe un peu. On s’est installées dans un coin plutôt déglingué avec des poules et coqs caquetant et se dandinant autour de nous. C’est un peu surréaliste...


Après l’atelier de Marc, nous visitons l’abbaye de Pontigny, large paquebot de pierres et de tuiles posé au milieu de nulle part. Il ne reste que le corps principal de cette abbaye cistercienne, on ne peut qu’imaginer l’activité et le travail dans ce complexe de bâtiments. Je suis impressionnée par l’épure de l’architecture intérieure. C’est un jeu de noir et blanc, un contraste fort entre la complexité des voûtes et la rigidité des grilles ornées.

[ aquarelles 21x60 cm, sur carnet aquarelle Hahnemühle ]

mercredi 5 septembre 2018

Tonnerre, entre profondeur et humidité ...


Cela fait tellement longtemps que Christine me propose de passer à Tonnerre dans l’Yonne, que je décide, enfin, de lui rendre visite en cette fin d'été.
Le premier jour, on débute par la découverte du nouveau lieu d’art contemporain, l’espace culturel de l’hôpital de Tonnerre. Après le visite du musée hospitalier et de la Pharmacie où Caroline Coppey présente son travail sur la couleur, c’est la salle des malades de l’Hôtel-Dieu qui me coupe de souffle. Incroyable nef gothique aux lignes pures. Ce jour là manque un peu de lumière mais n’empêche pas de se lancer dans ce premier challenge. Je cherche à retranscrire cette immensité et la complexité des poutres et de la coque de bois du plafond. Je peins au rythme de l’installation sonore d’Alain Bonardi.


Deuxième challenge, la célèbre Fosse Dionne, 180 mètres de fond pour cette ancien lavoir aux couleurs des mers du sud. Je me lance dans un jeu de reflets et de d’eau, mais la bruine, typiquement bretonne (!) vient consteller mon aquarelle de minuscules gouttelettes blanches... Cela m’agace un peu.


Plus tard, nous roulons jusqu’au château de Tanlay. Masqué derrière une entrée plutôt sobre (en fait, pas vraiment, car les pierres sont toutes sculptées !), on découvre une merveille posée sur l’eau, un peu genre meringue mais si charmant que je ne peux résister à peindre ce bijou! Je me concentre sur les reflets, j’aime n’évoquer le bâtiment que très simplement, à grands coups de pinceaux.


Le ciel est changeant, il nous offre de très belles couleurs sur l’église Saint-Vorles de Châtillon sur Seine avec Le cimetière en premier plan. Je travaille une large gamme de gris colorés pour donner vie à cette pierre. Le doux soleil de fin de journée réchauffe toutes les couleurs.

[ aquarelles 21x60 cm, sur carnet aquarelle Hahnemühle ]

vendredi 31 août 2018

Un nouveau Voyage à Nantes ...


Allez hop c’est parti pour une nouvelle édition du voyage à Nantes! J’adore arpenter les villes à la découvertes d’œuvres et d’installations artistiques. À Nantes, c’est facile, il faut suivre la ligne verte. J’ai déjà vu certaines installations lors de précédentes éditions (elles peuvent devenir pérennes) alors je me concentre sur les nouvelles, en rouge sur le plan.
Au carré Feydeau, Outside, regroupe 5 œuvres de Daniel Firman. "Something strange happened here" en néon rose crée une ambiance étonnante dans ce vaste sous sol gris et froid avec piliers et quadrillage régulier. C’est un challenge, réussir à rendre cette luminescence incertaine alors que je vois très peu moi-même... le résultat n’est pas à la hauteur de l’œuvre mais j’ai aimé ce combat singulier avec les pigments, l’eau et les lumières incontrôlables .


J’ai peint les anneaux de Buren et Bouchain sur le quai des Antilles à plusieurs reprises. Mais cette fois-ci, je suis avec Aliette et Charline, et nous nous hissons sur des chaises hautes, vraiment très hautes , 5 mètres de haut, je pense. On change de point de vue. On surplombe un peu ce grand paysage, cadré par les anneaux! Cercle qui unit le ciel et l’eau, tourmentés .


Le Jardin des Plantes est un ravissement. Il reçoit un grand parcours de Johann Le Guillerm, «Attraction » une utopie en actes et en œuvres, une philosophie pragmatique et expérimentale pour nous aider à comprendre ce qui nous régit et surtout à penser le monde par nous-mêmes ..... nouveau challenge avec "La Racinante". Je m’installe dessous, les tasseaux de bois peints sont comme en mouvement, prêts à se déplacer dans une large enjambée. Blancs, ils créent comme une « réserve » dans la végétation. C’est ce que j’essaie de faire, de garder les blancs, les zones non peintes , tout en créant des plans successifs dans le paysage.
La gamme des verts est puissantes mais on ne peut s’en contenter au risque que tout soit « plat ». Je dois trouver quelques orange et rouge pour travailler en contrastes colorés et donner du volume.

#croiseederegards
[ aquarelles 21x60 cm, sur carnet aquarelle Hahnemühle ]

lundi 27 août 2018

Après-midi lascive pour cause de canicule à Paris ...


A Paris, cet été, nous avons eu des températures affolantes. Des 35 ou 36° pendant plusieurs jours. Quand on habite sous les toits, même si on ferme et on calfeutre, à partir de 16h, l’air devient irrespirable, il fait très chaud et on étouffe, littéralement. Alors il faut fuir!

Ce samedi là, après une séance de rafraîchissement dans un expo au Centre Pompidou, divinement climatisé, nous avons marché sur les berges de Seine, Paris Plage, en juillet et août avec quelques parasols et brumisateurs. Et quelques palmiers pour donner un air de vacances. C’est sur le bout de l’île Saint Louis que nous avons pique niqué. En face, un trio de jeunes gens détendus et étendus , animés par une conversation sur l’amour, ses joies et ses peines. J’ai aimé n’évoquer que l’essentiel. Parfois ce que l’on ne dit pas est plus important que l’on dit. Leurs poses lascives sont inspirantes et suggestives. Je me perds dans la texture mouvante des reflets de l’eau et leurs couleurs improbables... Peut-être ont-ils réussi à me rafraîchir?




Il est encore trop tôt pour rentrer, nous cherchons un coin avec ombre et aéré, si possible! Nous atterrissons à La Base Filante, bar éphémère, installé dans un terrain vague, en attente d’urbanisme. Le bar est dans un dodécaèdre fait main (semble-t-il) mais la bière est locale, donc bonne. Les filles et les garçons sont affalés dans des transat turquoises. Nous sommes entourés d’herbes folles et de palettes de chantier. De larges voiles blanches claquent au vent. C’est agréable.
Nous sommes déjà un peu pompette. Cela doit être la chaleur!



Le lendemain, j’ai organisé une rencontre Urban Sketchers Paris sur l’esplanade entre le Palais de Tokyo et le musée d’art moderne. L’espace est aménagé en bar-restaurant. Ce jour là , plusieurs concerts se sont succédés sous l’égide de Sofarsounds . J’ai entamé mon aquarelle avec Niryntsoa, et j’ai terminé avec La Chica de Belleville, chanteuse Vénézuélienne à la voix envoûtante. Les gens vont et viennent. Il faut donc les saisir en quelques secondes, attitude, corpulence, personnalité... ce qui est chouette est qu’il y a beaucoup de couleurs et de diversité, de quoi faire jouer son pinceau au rythme de la musique!

[ aquarelles 21x60 cm, sur carnet aquarelle Hahnemühle ]

jeudi 23 août 2018

Après Porto, c'est Lisbonne! ...


Je connais déjà Lisbonne, mais en cinq ans, la ville a (beaucoup) changé.
Pour continuer à l’appréhender, marcher est le meilleur moyen. J’ai un peu oublié les distances, je décide de longer le Tage depuis la place du Commerce jusqu’à Belem. La promenade a été complètement aménagée, l’eau est superbe, un douce brise nous rafraîchit. Il reste beaucoup de grues, entrepôts, quais pour containers. J’ai envie de tout peindre. Mais c’est en arrivant sous le pont du 25 avril que je m’arrête: le dialogue entre les deux structures, celle du pont et celle de l’abri architecturé est fascinant. C’est un véritable challenge.


Le lendemain, après une aquarelle rapide de la Sé avec Reham Ali, croisée par hasard, je ne peux résister à la vue du Miradouro Santa Lucia. Il y a énormément de touristes, cela ne va être ni simple ni confortable. Je choisis ce point de vue à cause de ses trois séquences: bougainvilliers, structure bois et azuléjos et vue sur les toits qui s'étire sur le fleuve. Le ciel est somptueux, le gris des nuages fait chanter la terre cuite des tuiles.


Le jour suivant, nous allons à Sintra. Le temps est couvert et humide. Nous prenons un café en face du Palacio National. Je travaille sur des dégradés de blancs colorés, les quelques gris et le jaune d’or puissant. Puis nous partons à l'assaut de la montée vers le Palais, c'est somptueux avec une végétation luxuriante.



Nous passons la dernière matinée avec Isabel Allegria. Après la mythique montée en funiculaire jaune, nous arpentons le Jardin Botanique. C’est calme et apaisant. Je choisis de travailler sur les reflets des arbres et de la végétation dans le petit lac. C’est à la fois un casse-tête et une sorte de méditation : je me laisse porter par le flux de l’eau, les ondes changeantes et les reflets colorés. Je pense dans arrêt à Monet, aux Nymphéas à Giverny à cause du petit pont en arrière plan. Je comprends comment ce peintre a pu passer trois décennies à travailler ces grands tableaux. Chaque instant est un recommencement. Cela peut devenir le travail d’une vie!

[ aquarelles 21x60 cm, sur carnet aquarelle Moleskine ]

lundi 20 août 2018

Flux aquatiques et scintillements, Porto, Usk Symposium / Part 3


Pendant les trois jours de workshops, les enseignants ont très peu de temps pour dessiner alors j’en profite vraiment lorsque j’assiste au workshop de Joao Catarino, autour des reflets et mouvements du fleuve. Il nous propose de nous laisser envahir par le rythme et les couleurs du flux. Les enfants du quartier plongent et s’amusent dans le Douro. Ils sont étonnants. Je ne peux résister à saisir leurs plongeons !



Le soir, je ne résiste pas non plus à capturer le Pont Luis I dans cette ambiance nocturne. Je ne vois pas grand-chose. Je mélange mes couleurs à l’aveugle et j’ai l’impression que cela fonctionne. C’est difficile à l’aquarelle de peindre des nocturnes car on a du mal à assombrir suffisamment. De retour à l’hôtel, je constate que l’atmosphère a été rendue.


La dernière journée est fabuleuse. Après le dernier workshop, nous nous rassemblons vers l’Hôtel de Ville pour un dernier Sketchwalk et la photo de groupe. C’est incroyable. Nous essayons de faire une photo des français, mais ils ne sont pas tous là. Je pense qu’il y avait entre 50 et 100 français en OFF.


La journée se termine par une soirée arrosée de Porto Tonic, une découverte.
Et bien sûr l’annonce du prochain Symposium, 24 au 29 juillet 2019 : AMSTERDAM !

Rendez-vous l’année prochaine !

jeudi 16 août 2018

Workshop et démo à Porto, Urban Sketchers Symposium / Part 2 ...


Le jeudi matin, je donne mon premier workshop. Nous parlons mouvement, lumière, silhouette, attitudes, ombres, réserve et grandes masses colorées dans une ambiance studieuse et attentive. Chacun essaie d’intégrer mes propositions dans leur propre travail, c’est vraiment intéressant.



Je fais un échauffement pour ma démo grâce au Skit Sketch, des conférences rapides sur des sujets variés autour du dessin et de son rapport dans la communauté. Je capture l’attitude de chacun des intervenants en un seul geste, rapide et précis.


Je suis prête pour la démo. Je crois qu’il y a au moins 25 participants. Ils sont très intéressés et posent beaucoup de questions. Je leur explique le processus en amont car pendant la démo, j’aurai du mal à parler. En effet, il faut rester extrêmement concentré pour capturer les personnages et le paysage urbain dans le même geste. Nous avons peu de temps, alors je peins très vite. J’ai l’impression d’avoir couru un 400m à la fin de la démo. Je suis lessivée. 



Je donne deux autres workshops, le vendredi et le samedi matin. C'est le même programme mais c'est à chaque fois différent. Peindre des personnages en mouvements est une découverte de chaque instant. On n'assiste jamais aux même flux urbains, aux mêmes attitudes. Le samedi matin est très calme puis s'anime rapidement et devient extrêmement bruyant. Je suis interpellée à plusieurs reprises par des portugais ou des touristes qui se demandent ce que l'on fait là!

Il est vrai que c'est très étonnant de voir autant de dessinateurs éparpillés dans les rues de Porto. Les Urban Sketchers ont croqués la ville sous toutes les coutures.

... à suivre ...