mercredi 21 août 2019

Entre ciel et eau pour le 10ème Symposium Usk à Amsterdam / part 3


Day 8 : embarquée dans une ronde de nuit!
Après une bonne marche, quoi de mieux qu’un échauffement matinal avec Louise Bourgeois... cela me démange, si j’avais un peu plus le temps, je peindrais les trois ! Celle-ci est différente, elle est plus délicate, et son ombre portée qui apparaît au fur et à mesure du déplacement du soleil, est incroyable.
Pensez-vous que je parviendrais un jour à collectionner en peinture toutes les « Spiders » du monde?



Au Rijksmuseum, c’est superbe, grandiose et très bien rénové. Un mélange de peintures (Rembrandt, Vermeer, etc . ), d’arts décoratifs, armes, armures, costumes, faïences, etc. Et la Ronde de Nuit de Rembrandt avec l’opération Night Watch dont on voit les affiches dans toute la ville ; peut-être pour faire passer la pilule du fait qu’on ne la verra pas très bien cette fois-ci. En effet, protégée dans une immense vitrine, elle est scannée morceau par morceau, il faudra 56 scans dont chacun peut atteindre 24h pour connaître tous les secrets de cette peinture et de ses pigments!
Cette fois-ci, j’ai osé sortir la boîte d’aquarelle, mais pas le pot d’eau .., alors que m’embête avec un pinceau à réservoir... il y a beaucoup de monde qui passe devant moi ce n’est pas simple de voir alors je capture les éléments au fur et à mesure quand j’ai une percée ici ou là.



En sortant, les lumières du hall sont tellement sublimes que je ne peux m’empêcher de traiter le même sujet qu’en septembre dernier. J’élargis un peu la vue pour mettre en place le sol et les grands « yeux-fauteuils ». Les ombres sont très fortes, elles jouent en rayures et grandes obliques sur le motif très régulier des fenêtres et peintures murales. Le soleil est caché par les nuages de manière intermittente ainsi je dois m’adapter et capturer au plus vite ces ombres portées.



Ensuite, je marche pour rejoindre Shari, Caroline, Suhita et Liz au Winkel pour un Drink & Draw sweet pour goûter la meilleure tarte au pommes d’Amsterdam... on discute, on debriefe et on dessine, c’est un chouette moment car on n’a pas vraiment eu le temps de le faire pendant le Symposium.



Day 9 : la pluie!
Pour suivre le thème de la chambre Honk Kong de mon AirBnB (c’est un signe, non? Ah je ne vous ai pas dit le prochain Symposium se tiendra à Honk Kong), je souhaite enfin m’atteler à la grande pagode près de Amsterdam Centraal, le ciel est tourmenté, c’est superbe mais je fais confiance, le temps va tenir jusqu’à ce que je termine, non?
Ben non, les nuages s’ouvrent d’un coup et c’est le déluge et la débandade pour moi car je n’ai pas terminé ! Je plie tout rapidement mais aucune terrasse protégée ou vitre me permet de continuer...

Très beau Symposium avec d’anciens et de nouveaux amis, de nouveaux instructeurs qui apportent un vent de fraîcheur et une équipe organisatrice extraordinaire, merci beaucoup!


vendredi 16 août 2019

Entre ciel et eau pour le 10ème Symposium Usk à Amsterdam / part 2


Day 6 : retour à une certaine tranquillité
Je rencontre enfin Christine près du Rijksmuseum pour capturer la quiétude d’une bâtisse victorienne au bord du canal, je crois que ce seront mes derniers reflets dans l’eau ... c’est beau et fascinant mais il faut lâcher prise et retrouver mes sujets de prédilection !



Depuis des jours, on me parle des araignées de Louise Bourgeois dans les jardins du Rijksmuseum, je les découvre enfin, elles sont magnifiques. J’adore les voir les unes à côté des autres, cela donne une autre dimension à ces jardins soignés et bucoliques... elles règnent en maîtresses puissantes et impressionnantes sur ce lieu. J’ai juste le temps de capturer l’une d’entre elles avant quelques gouttes de pluie. Comme cela je ne serai pas restée trop longtemps sur cette aquarelle au risque d’en perdre la force. Savoir quand s’arrêter est une des phases les plus difficiles dans la peinture!



Je termine la soirée avec Ben Luk et Caroline Fidelaire (notre ange gardien qui a veillé sur nous-tous- pendant tout le séjour ). Ils m’initient au Food sketch, l’une de leur spécialité. Ils faut de grandes qualités pour cela: être patient, car tout le monde doit avoir terminé son dessin avant de commencer à manger ; choisir un plat froid, comme les sushis par exemple, car cela empêche la déception quand on doit manger froid, connaître par cœur ses couleurs (!) et ses mélanges car la lumière chaude de l’éclairage rougit tout, et savoir parler « bouffe », comme tous les français !

Merci à eux deux, très chouette moment de Food & Draw.



Day 7 : sculpture day
Back to basics: Van Gogh museum et Art Zuid, je vais me régaler ente peinture et sculpture toute la journée même si pour cela je vais marcher des kilomètres !
Je commence par « Ode to the Wilderness », de Jantien Mook, cochon volant en pastilles d’acier corten qui s’envole au dessus du Muséum plain, et de l’opéra que l’on devine au lointain. C’est un bon échauffement sur le thème, comment exprimer l’essence d’un objet sans le décrire complètement. Ainsi le challenge est de peindre assez de pastilles pour qu’on comprenne le principe de la sculpture tout en évoquant sa fragilité et sa puissance dans la belle lumière du matin. Si on dessine toutes les pastilles, on risque de perdre l’énergie ... faire des choix, c’est le plus important.

Je découvre le Van Gogh Museum avec des crayons aquarellables et mon stylo plume (je ne tente pas l’aquarelle, je suis trop fatiguée pour me battre avec des gardiens aux consignes absurdes...) Finalement, c’est assez amusant de rechercher la touche de pinceau de Van Gogh avec ces crayons. Le musée est centré sur la vie du peintre, sur sa souffrance et se descente aux enfers jusqu’au suicide. Je ne sais pas si c’est parce que je suis fatiguée mais ça me touche, j’en ai presque les larmes au yeux... le destin est cruel, il a travaillé comme un fou toute sa vie, il a révolutionné la peinture, il est mort dans la misère et maintenant ses tableaux se vendent à prix d’or et sont dans tous les musées du monde...

Sa touche est sublime, elle vous transporte et ses couleurs puissantes racontent le monde autrement.



Je m’engage maintenant dans le parcours Art Zuid, 80 sculptures présentées en plein air. J’essaie de tout parcourir. Au bout de Minervalaan, il y a « Animaris Longus » de Theo Jansen, sculpture mécanique que l’on peut voir s’animer si on a de la chance. Ici, elle est suspendue et je m’amuse à jouer avec les pleins les vides les percées et les découvertes du décor à l’arrière plan. C’est un exercice entre le masochisme et la méditation mais j’adore cela; cela demande une grande attention à son sujet.



Au bout de la troisième branche du parcours, c’est un magnifique ruban en acier corten qui s’élève vers le ciel. Je joue entre les différents plans et les couleurs chaudes et froides pour donner à voir ce majestueux ruban.

lundi 12 août 2019

Entre ciel et eau pour le 10ème Symposium Usk à Amsterdam / part 1


Day 1 : arrivée et prépa des Workshops
Amsterdam est mon cinquième Symposium en tant qu’instructeur.
Chaque année, les Urban Sketchers du monde entier se retrouvent lors d'un Symposium international, cette année, Amsterdam du 24 au 27 juillet, avec Workshops, démonstrations, conférences, pots, drink & draw et rencontres du bout du monde.
Je commence à avoir l’habitude mais il reste toujours un peu de stress sur la prépa et la localisation du workshop. Je vais donner trois fois le même atelier et faire une démonstration durant les 4 jours.
Dès mon arrivée, je suis allée voir mes deux localisations, après analyse à la boussole de la marche du soleil, j’en ai conclu que l’une d’entre elle serait en plein soleil le matin et qu’il fallait l’oublier car la canicule est prévue pour les prochains jours. Je fais donc ma préparation depuis la rive en face du Jardin Botanique et sa serre. Je travaille entre le ciel et l’eau pour exprimer le flux urbain... le ciel est un peu pauvre et le sera pendant les prochains jours, donc je m’adapte pour donner plus d’importance aux mouvements de l’eau et à leur dialogue avec la serre.
Je m’entraîne aussi pour la démo en me disant que ce sujet mouvant est vraiment difficile...

Premier Drink (sans Draw) à Amstelhoeck pour retrouver les amis.


Day 2 : Faculty Tour chez Royal Talens
Pour continuer mon entraînement, j’ai peint le matin l’un des canaux près de Zuiderkerk, les reflets sont merveilleux.
Tous les instructeurs et le board se retrouve à Zuiderkerk pour la première réunion d’accueil puis nous filons prendre le car pour aller à l’usine Royal Talens à Apeldoorn. Avec Charline, nous découvrons l’ampleur de notre « goodie bag » : des aquarelles, des crayons des feutres des carnets, de tous les sponsors de cette année, c’est à la fois merveilleux et trop ! Nous n’arriverons jamais à ramener puis à utiliser tout cela ...


À Apeldoorn, l’accueil est chaleureux et généreux avec des sandwichs et des boissons puis découverte en petits groupes des procédés de fabrication des peinture pastels et crayons des divers marques de Royal Talens. Photo interdite mais dessin (en marchant) autorisé ainsi j’essaie de capturer la beauté des pigments que l’on nous présente ( des dizaines de sacs remplis de couleurs pures, j’en bave d’envie...), ensuite les grandes cuves dans lesquelles on les mélange puis les broie, cette matière brillante et onctueuse est d’une puissance colorée indescriptible ; on navigue entre Anish Kapoor et les expansions de César, je voudrais pouvoir y passer des jours pour tout peindre! Le dernier espace est consacré à mettre en tube et à emballer les produits, toutes les machines sont différentes, les ouvrier.e.s transportent les mélanges, les renversent dans de grandes cuves, ils vérifient les tubes, etc.
Maintenant il s’agit de mettre en pratique et de tester les différents produits : encre Ecoline, aquarelle Van Gogh, crayons de couleurs Bruynzeel, et feutres noirs et blancs. On s’amuse à se dessiner les uns les autres, c’est fun mais il commence a faire vraiment chaud...
Il est temps de prendre le bus pour retourner à Amsterdam pour le pot d’ouverture du Symposium.

C’est à ce moment là que l’on se rend compte du monde qu’il y a : 550 inscrits, plus de 100 personnes pour le staff dont 60 bénévoles locaux qui nous aideront tout au long de la semaine.


Day 3, 4 et 5 : Workshops et démo
Pour les instructeurs, le temps du Symposium est celui de l’enseignement et non celui du dessin... nous n’avons pas une minute à nous entre les différents rendez-vous pro et les Workshop et démo. Parfois, on n’a pas vraiment le temps de manger, je crois que j’ai sauté 2 ou 3 dîners cette année.
Il faut aussi faire avec les conditions météo, la canicule nous empêche presque de respirer l’après-midi... la démo de vendredi se passe pour moi sous cette chaleur écrasante, avec pas mal de difficultés, ce n’est pas simple de rester concentrée sur la peinture alors que l’on parle en même temps... je donnerai cette aquarelle pour le Silent Auction de samedi.

C’est finalement vers 16h30 le samedi que je rejoins de sketchcrawl et que je saisis au vol Richard Brigges et ses assistantes (Isabel, Marina et Zoe) sketchant au scotch bleu sur le sol. Je suis impressionnée par la quantité affolante de sketchers au mètre carré face au Nemo museum! La photo de groupe est incroyable, nous tentons d’en faire une du groupe français... il y en aura 3 ou 4 de suite avec des gens différents !

Et cela se termine tard dans la nuit après avoir beaucoup parlé, bu, et rigolé avec les uns et les autres. C’est passé tellement vite, comme dans un tourbillon !

lundi 5 août 2019

Une oeuvre habitée, exposition à la bibliothèque Forney


Pour continuer dans la veine de mon travail autour des artistes, j’ai été sollicitée par la bibliothèque Forney pour peindre sur le vif l’exposition « Jacqueline Duhême, une vie en couleurs » qui a eu lieu du 22 mars au 13 juillet 2019.
De mars à mai, j’ai capturé directement au pinceau et à l’aquarelle l’exposition et sa préparation. 


Hôtel de Sens
1 rue du Figuier - 75004 Paris
du mardi au samedi de 13h à 19h / fermé les 15, 16 et 17 août.
entrée libre

mardi 23 juillet 2019

Aquarelles, luminosité et densité colorée des White Nights de Nevskaya Palitra ...


Cela fait plus d’une dizaine d’années que j’utilise les aquarelles White Nights de Nevskaya Palitra. À l’époque, je peignais des modèles nus sur le vif à l’aquarelle, j’utilisais beaucoup de matière première et je ne m’en sortais pas avec les godets classiques tant par la quantité que par le coût. En cherchant, j’ai découvert les double godets de White Nights. J’ai d’abord acheté les couleurs de base puis petit à petit, j’ai affiné mes choix et ma palette, jusqu’à obtenir la palette minimale et parfaite pour moi. Cela a pris plusieurs années mais aujourd’hui je suis complètement à l’aise avec ces couleurs avec lesquelles je peux faire tous les mélanges que j’imagine.

La qualité des pigments, leur éclat mais aussi leur force me permettent de travailler d’une transparence absolue à une opacité totale. Ainsi tout est ouvert, travailler en mouillé sur sec, dans le mouillé, en opacité sur du transparent... la seule difficulté est que l’on ne peut pas vraiment laver le pigment après séchage, cela oblige à réfléchir un peu plus avant de poser la couleur, et ce n’est pas plus mal!


Il y a plusieurs mois, Nevskaya Palitra m’a demandé de tester leurs tubes, ce que j’ai fait avec plaisir, tout en gardant ma palette. Je ne suis pas repartie dans la quête de nouvelles couleurs sinon on ne peut pas comparer. Les pigments sont toujours aussi puissants mais j’aime moins la matière car même après séchage la matière reste un peu poisseuse. Ainsi les tubes restent à l’atelier dans la grande boîte alors que les godets sont pour la petite boîte que j’ai depuis 25 ans. Je n’arrive pas à m’en séparer

NP a proposé de créer des « Dot Cards » de ma palette; un honneur et un plaisir qu’on se saurait refuser... et aussi un outil pédagogique qui permet de transmettre rapidement ses couleurs, leur ordre et leur intérêt pour moi. Chaud, froid, opacité, luminosité, c’est facile de les tester directement avec ces cartes à points !
C’est aussi un plaisir de voir mes collègues sketchers se régaler avec ces couleurs comme si c’était de petits bonbons; ils sortent de leur zone de confort en testant de nouvelles couleurs.


Lorsque je reçois des boîtes pleines de godets, je suis aux anges et je repars dans un tri drastique de mes réserves de couleurs... en effet, j’ai toujours fait beaucoup de provisions, de peur de manquer... quand on s’habitue aux bonnes choses, on a du mal à s’en passer!
Je crois que mon placard à aquarelles est plus rempli que mon frigo...


Au début de l’année, j’avais travaillé sur un nouveau nuancier de mélange de couleurs mais je dois le refaire car il y en a de nouvelles.
Ce nuancier est fondamental car mieux on connaît ses couleurs plus on est libre dans ses mélanges lorsque l’on peint sur le vif. On peut faire ses mélanges les yeux fermés et très rapidement.
Donc rendez vous bientôt pour un nouvel exemplaire de nuancier!

jeudi 18 juillet 2019

En attendant le Symposium Usk Amsterdam 2019 ...


Je n'ai pas encore publié ces aquarelles car elles m'ont permis de préparer ma proposition de workshop pour le Symposium des Urban Skechers qui aura lieu à Amsterdam du 24 au 27 juillet prochain.
Peindre sur le vif, c'est capturer le mouvement, les ombres et les lumières et les flux urbains; en d'autres termes, c’est saisir un instant de vie.


Lorsque nous dessinons un paysage urbain, nous sommes rassurés par des éléments fixes, tels que des bâtiments, des monuments ou de "jolis" détails. Mais ce qui m'intéresse, ce sont plutôt les choses instables, qui peuvent changer en quelques minutes, qui sont éphémères. Ce sont les éléments qui rendent ma perception et mon interprétation uniques.


J’ai regardé cette ville différemment. J’ai travaillé sur l'éphémère, le déplacement et le changement.
En me focalisant sur l'expression du ciel et de l'eau, j’ai aussi exprimé le reste, mais en n’évoquant que l’essentiel. Parfois, ce que l’on ne peint pas est plus important que ce que l’on peint.


Pour suivre le flux, le ciel et l'eau, j’ai travaillé à l'aquarelle, directement au pinceau, sans croquis préalable.

[ aquarelles sur carnet 21x60cm ]

samedi 13 juillet 2019

Danser! ...


Samedi dernier, c’était l’apogée de la canicule à Paris. Après un court rafraîchissement grâce à la climatisation du Centre Pompidou, je me suis arrêtée place de la République pour voir l’arrivée de la Gay Pride 2019. Je n’avais pas eu le courage de suivre la marche à pied sous le cagnard...

L’ombre est rare, la musique est très (trop) forte, je m’installe maladroitement dans le coin d’un abri bus, je suis debout, j’ai peu de marge de manœuvre car je dois absolument rester dans l’ombre, c’est une question de survie. Sur la scène et le parvis, les gens commencent à se déchaîner, à brandir les drapeaux arc en ciel, sauter sur place... je suis immobile et pourtant je sue à grosses gouttes ; comment font-ils?
Les organisateurs ne cessent de répéter « hydrater-vous »! J’essaie de capturer cette ambiance survoltée, énergique et brûlante, j’aime vraiment ces moments où c’est l’instant qui prime sur le savoir-faire. On se fiche du résultat, on essaie simplement d’être dans l’énergie de l’instant et d’être dans le présent...


Le lendemain, la température est un peu tombée, et c’est d’une autre danse qu’il s’agit. À la Villette, une danse de soutien pour un danseur africain qui a été renvoyé dans son pays. Les musiciens et les danseurs, pro et amateurs transmettent une énergie folle. Ils nous entraînent dans leurs mouvements, dans une lumière vibrante et colorée.


Je ne cherche pas à représenter les corps de manière anatomique mais plutôt à transmettre l’énergie et la force que je ressens en les peignant. Ils sont à la fois flamboyants et déchirés par la peine.


[ aquarelles sur feuilles 36x48cm ]