mardi 11 mai 2021

Back to Benin - Day 1 ...

Cela fait plus d’un an et demi que je n’ai pas voyagé. Je reprends l’avion pour la première fois dans le monde sous Covid 19, c’est étrange et presque surréaliste. Nous allons enfin commencer ce chantier de musée MIME à Ouidah et revoir nos clients.
Arrivée la veille tard dans la nuit moite et chaude de Cotonou, on se retrouve à l’hôtel. On ne sait pas trop si l’on peut sortir ou pas. En tout cas, suite au test Covid fait à l’aéroport, nos passeports ont été gardés, on ne pourra les récupérer que si notre test est négatif.

                            

Nous effectuons notre première sortie, à pied sur le boulevard de la Marina, le long de la zone portuaire, refait complètement à neuf. Depuis un an et demi, les changements sont incroyable : la route et les trottoirs ont été complètement réaménagés, cela rend la circulation plus fluide. Quelques zems nous klaxonnent, nous refusons et continuons à pied. Nous marchons sous le cagnard, gros choc thermique et sensoriel pour nous. Il y a peu de monde, peu de circulation, ce n’est pas comme d’habitude, les élections présidentielles doivent y être pour quelque chose... nous nous dirigeons vers le marché Dantokpa. C’est la première fois que j’y mets les pieds, il y a pas mal de monde, les types de marchandises sont regroupées ensemble (épices, fruits et légumes, objets du quotidien ou d’hygiène), beaucoup de couleurs et de matériaux différents. Les tissus bariolés des femmes, des hommes et des enfants m’émerveillent. Je sors fébrilement mon mini carnet et je dessine en marchant, je découvre, je regarde, je m’imprègne de l’atmosphère grâce à mon crayon qui parcourt maladroitement le papier.

On a traversé une belle partie du marché et on arrive sur la lagune de Cotonou qui relie l’océan Atlantique au lac Nokoué, la vue est belle. Je m’assois pour peindre, les couleurs, les mouvements et la lumière si particulière. Des enfants m’entourent, ils sont de plus en plus près de moi, ils rigolent, ils me touchent, ils commentent ce que je suis en train de faire. En fait je ne sais pas trop car ils parlent fon, je crois. J’ai l’impression qu’ils aiment bien ce que je fais même si ils trouvent bizarre de me voir assise par terre à peindre le marché.


Pour rentrer, on prend un zem « cabine », ça tangue et ça bouge dans tous les sens mais le conducteur est agile.
Dans l’après-midi, je me ballade sur la plage où je retrouve mon spot Obama Beach. C’est lui et ses constructions en bois peint en bleu « Cotonou » qui m’ont poussé à ajouter le « turquoise blue » dans ma palette. Le lieu s’est sophistiqué, il y a désormais des jeux pour enfants, des tables et des chaises. Les gens se retrouvent pour bavarder, prendre un verre ou fêter des anniversaires. 



Je m’attarde sur les ombres, les stries, les lumières de la palme qui jouent avec le bleu éclatant des palissades. Se baigner est tellement dangereux qu’il y a partout des écriteaux qui l’interdisent. En fait, tu n’as pas très envie d’y aller, ces eaux ont avalé trop de captifs avant leur départ sur les navires négriers… Je ne peux pas l’oublier.

[ aquarelles 21x60cm sur carnet aquarelle, 12x18 sur carnet – ©Marion Rivolier ]

samedi 8 mai 2021

STAGE . Capturer l’espace en valeurs et en couleurs - PARIS - 4 au 6 juin . 3 jours



STAGE : Capturer l’espace en valeurs et en couleurs – du 4 au 6 juin 2021
Paris
En trois jours, je vous propose d’explorer Paris, l’espace urbain, les bâtiments et les flux au fil du pinceau et de la couleur à l’aquarelle.
Il s’agira d’apprendre à observer, analyser, interpréter et raconter sa propre histoire sur les lieux traversés.
Nous travaillerons, directement au pinceau, sans dessin préalable, sur un carnet. Nous explorerons les possibilités de l’aquarelle pour composer, cadrer, travailler le mouvement, explorer les valeurs et contrastes colorés, peindre avec le vide et apprendre à faire des choix.
Nous apprendrons à envisager l’espace en larges masses colorées plutôt qu’en lignes et en contours. Il s’agira d’être à l’écoute de son sujet pour en exprimer l’essence rapidement mais sans précipitation.
Nous ne nous encombrerons de faire un joli dessin ou d’obtenir un beau résultat. Il s’agira d’expérimenter, de se tromper, de faire des erreurs et de progresser dans la compréhension du geste, de la couleur, des valeurs et de la profondeur.

du vendredi au dimanche de 10h à 17h (6h par jour)
3 jours / 246€ TTC
Pour demander le programme complet et s'inscrire, écrire à : marionpro.rivolier[at]gmail.com

dimanche 2 mai 2021

Variations sur les arbres décharnés…

              

Marcher, pédaler, les yeux ouverts, le nez au vent, les sens en éveil, ce sont les seules choses qui nous restent pour éprouver des sensations et apprendre du monde. Je redécouvre les rues de Paris, que je connais depuis toujours, en y cherchant des choses à apprendre et à peindre.
La période transitoire entre l’hiver et le printemps propose des lumières rasantes qui font scintiller les éléments naturels : eau, arbres, branchages, etc.
Éblouie par l’éclat du soleil sur l’eau, je pose mon vélo et je m’installe face au contre-jour. Les arbres se découpent en contraste maximal. Je travaille en contrastes de valeurs colorées pour aller à l’essentiel sans boucher la composition. Je me laisse guider par le flux de l’eau. Je peins rapidement pour garder cet instant magique.

                  

Le lendemain, c’est la composition offerte par la grande allée du cimetière du Père Lachaise qui me pousse à la peindre. Cet entremêlement de branches m’offre une belle méditation en gris colorés. Ainsi ce sont les sujets qui me choisissent et non l’inverse. Lorsque je traverse un lieu, si j’en vois la peinture au premier regard, c’est que je dois le peindre.



Au parc de la Villette, le jardin des miroirs me propose un jeu de cache-cache avec la réalité : on ne sait plus ce qui est l’arbre, son reflet ou sa peinture… Je me perds dans ces différentes couches de réalité modifiée, saupoudrées de touches printanières de vert acide.

[ aquarelles 40x30cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier ]