mercredi 18 septembre 2019

Mon premier workshop à la campagne ! ...


Début septembre, j’ai donné un stage d’aquarelle sur la proposition d’Art’Image à Durtal. Avec les 10 participants, nous sommes accueillis au Chaudron par Pascal et Rogine et nous restons ensemble toute la journée pour pouvoir échanger en profondeur.
Je propose d’explorer l’espace rural, la végétation, le ciel et l’eau, les bâtiments et les habitants, au fil du pinceau et de la couleur, à l’aquarelle. Chaque jour est consacré à travailler un thème, en extérieur, sur le vif.

Je ne connais pas la région, j’ai donc commencé par un repérage des différents lieux appropriés pour les 5 jours de workshop. Il s’agit de mettre en adéquation ce que l’on souhaite enseigner et les lieux et sujets que l’on va peindre.
J’ai très peu de temps pour peindre mais je profite des fins de journée pour capturer l’ambiance et la lumière du jour.
Le lac Chambiers est un merveilleux sujet pour parler des valeurs colorées et des contrastes de température. Les reflets, qui vont et qui viennent à cause du vent, sont d’une grande beauté.


C’est notre journée à Angers, le quatrième jour, qui me donne l’opportunité de faire une courte démonstration devant les stagiaires. Nous avons un grand panorama depuis la rive du Loir avec vue sur le château au lointain. Je commence par le ciel car c’est son traitement qui va générer tout le reste de la composition. Mon pinceau virevolte rapidement devant les yeux intéressés de mes stagiaires. L’exercice est compliqué car j’explique au fur et à mesure ce que je suis en train de faire. Je mets l’accent, ce jour-là, sur les contrastes colorés qui permettent d’accentuer la profondeur de l’espace.


Le dernier jour se déroule à La Flèche, nous avons la chance d’avoir très beau temps et d’être au calme. Je me régale à jouer avec les tons de verts du plus clair et chaud au plus foncé et froid. Travailler les reflets devient une sorte de méditation.

Pour la première fois depuis une semaine, nous avons l’opportunité de peindre une architecture contemporaine. Je travaille sur le contraste entre le béton clair, baigné de lumière et les ombres chahutés des arbres et des reflets dans le Loir.
Nous avons passé une très belle semaine à échanger et à partager.


[ aquarelles 36x48cm sur papier aquarelle ]

jeudi 12 septembre 2019

De Saint-Briac à Paris, en passant par Suze-la-Rousse, rentrée des expositions ...


Quelques petites nouvelles de rentrée:
Je serai à Saint-Briac pour une résidence d'artistes du 18 au 22 septembre avec 10 amis artistes. Nous exposerons nos travaux les samedi 21 et dimanche 22 septembre au Presbytère à Saint-Briac.

J'exposerai mon travail "Croisée de regards" à Suze-la-Rousse au festival Vent-Debout les samedi 28 et dimanche 29 septembre.

Je travaillerai sur la reprise du Petit Prince, spectacle bilingue en langue des signes et français, à IVT, cité Chaptal à Paris, en octobre avec des représentations du 12 au 18 octobre.

Au plaisir de vous croiser en Bretagne, en Provence ou à Paris dans ces prochaines semaines.

[ Affiche de Saint- Briac, graphisme : Marion Rivolier et aquarelle : Brigitte Lannaud Levy ]

samedi 7 septembre 2019

Éclats de rire sur la plage de Deauville avec le Secours Populaire ...


Cela fait quelques mois qu’avec une équipe de Urban Sketchers Paris, je travaille bénévolement avec le Secours Populaire. Cet été, ils nous ont proposé de venir croquer la Journée des Oubliés des Vacances à Deauville : 5000 enfants accompagnés de 1500 bénévoles sur la plage de Deauville.

Réveil très matinal pour un départ de Châtelet vers 6h45 dans un bus d’accompagnants, médecin, responsable baignade, staff et trois dessinateurs, Brigitte, Mat Let et moi, complètement endormi jusqu’au premier café sur une aire d’autoroute…

A notre arrivée, nous découvrons une organisation et des installations incroyable : chaque fédération d’Ile de France a un camp de base avec une grande tente et des drapeaux à planter sur les 30 à 50 mètres de plage réservés. Les cars d’enfants arrivent au fur et à mesure, ils sont équipés de tee-shirts colorés et de casquettes ce qui permet de ne pas les perdre.

Je commence par une aquarelle près de l’eau ; la mer est montante, je me méfie et recule à plusieurs reprises… Pourtant, je n’échappe pas à la vague qui balaie mon matériel et ma serviette ! Tout est trempé sauf mon papier. La baignade est très organisée : les bénévoles en combinaison tiennent une ligne de bouée et créent un bassin : les enfants s’amusent à l’intérieur de ce périmètre. Je retranscris la vie, la joie et le bonheur de ces enfants d’être là mais je ne parviens pas à transmettre les cris et les voix. C’est très touchant de les voir si heureux.


Je rejoins mes camarades pour le pique-nique et j’en profite pour m’attaquer au camp de base de la fédération 75. Le code couleur est le noir pour les tee-shirts et les casquettes mais les maillots de bain et les serviettes créent des touches colorées dans cette océan de sable et de mer !


Ma série sur la foule continue, comment traiter ce grand nombre ? Comment rendre cette vie et cette énergie ? J’essaie de m’approcher au plus près mais la mer est encore montante et je ne veux pas me retrouver trempée comme toute à l’heure. Les enfants virevoltent dans tous les sens, j’adore tenter de saisir cette vie, ces poses et ces attitudes dans un geste rapide et sans repentir. C’est la baignade des « rouge » (le 93, je crois) alors c’est gai à peindre.


Je commence à avoir un peu chaud alors je remonte à la recherche d’un peu d’ombre. Je me retrouve dans l’aire de jeux des « jaunes » (92) et je croque les enfants jouant le suns après les autres. Deux ado viennent me voir et me demande de dessiner avec moi. Je leur donne du papier et des crayons et nous travaillons ensemble. Elles sont charmantes et l’une d’entre-elles est vraiment douée pour le dessin.


Puis du côté de la fédé 75, je retrouve Nour et Melissa, deux fillettes qui suivent nos ateliers à Paris, leur mère est là aussi. Je croque l’une des jumelles pendant que l’autre part à la recherche de Mat. C’est l’heure des glaces, bâtonnet fraise ou ananas, les enfants se régalent.
C’est déjà le moment de tout ranger, de nettoyer un peu le sable sur les pieds et de reprendre le car. Les enfants auraient voulu rester plus longtemps et nous aussi.

Arrivés à Châtelet à 22h, Mat Let est encore en short de bain, la serviette autour du cou et j’ai les pieds plein de sable dans mes baskets. Un dernier souvenir de cette superbe journée qui a réchauffé tous les cœurs.

Vivement l’année prochaine, on rempilera pour les JOV 2020, c’est sûr !

lundi 2 septembre 2019

La sublime lumière de Marseille m’enchante ...


Marseille est très étendue, de grandes et de petites plages s'étalent le long de la ville construite.
Je prends le bus pour la plage du Prado.
C’est depuis la plage de Roucas Blanc, bondée et trop venteuse pour se baigner, que je capture cette lumière sur les collines rocheuses, si changeante. Les baigneurs du premier plan sont agglutinés les uns sur les autres, ils sont rôtis à souhait!


Le dernier jour, je choisis le miroir renversé de Norman Foster. C’est une des prouesses et célébrités architecturales de Marseille (avec la tour CMA CGM de Zaha Hadid, la cité radieuse de Le Corbusier, etc). Je préfère le peindre le matin car l’affluence est telle à partir du milieu de la matinée que c’est impossible de ne pas se faire piétiner. Plus le temps passe, plus la foule et les files d’attentes pour les navettes deviennent denses. C’est un véritable challenge que de tenter l’endroit et l’envers dans le même dessin, un véritable casse-tête !


Je passe un bon moment au centre de la vieille charité, différentes expositions et musées y sont présents. Le moment du déjeuner est propice à une aquarelle mais la lumière change tellement rapidement que c’est difficile de rester cohérente dans la gestion des ombres portées...
Toujours la même devise : ne pas trop en dire tout en exprimant l’atmosphère du jour et du lieu. 

mercredi 28 août 2019

Tourner autour du Mucem de Marseille pour le peindre sous toutes les coutures ...


Depuis le jardin du Palais du Prado, la vue sur le Mucem (Fort Saint Jean et bâtiment J4 ) est somptueuse. Dès l’arrivée en train, on voit la lumière changer, se réchauffer tout en étant douce et tranchante à la fois.
Comment ne pas rester des heures à se perdre dans les profondeurs des bleus et verts de la mer Méditerranée ?



Sur la pelouse, les morceaux d’anneaux monumentaux de Bernar Venet cadrent parfaitement le paysage et la tour du Fort Saint Jean avec au loin la cathédrale saint Major. Les ombres et les lumières dansent sur l’acier corten.



Le lendemain, il s’agit de s’attaquer à la résille du J4 du Mucem de plus près. Depuis la terrasse , elle se déploie et cadre des morceaux de paysage. Une dentelle qui donne à voir des merveilles par petites touches.


Depuis l’extérieur, à l’ombre de la résille, je cherche à travailler sur le reflet dans la façade vitrée en rapport avec le ciel et la mer. J’aime jouer avec ces différents bleus qui contrastent fortement avec la résille de béton si dessinée et foncée.

... à suivre.

mercredi 21 août 2019

Entre ciel et eau pour le 10ème Symposium Usk à Amsterdam / part 3


Day 8 : embarquée dans une ronde de nuit!
Après une bonne marche, quoi de mieux qu’un échauffement matinal avec Louise Bourgeois... cela me démange, si j’avais un peu plus le temps, je peindrais les trois ! Celle-ci est différente, elle est plus délicate, et son ombre portée qui apparaît au fur et à mesure du déplacement du soleil, est incroyable.
Pensez-vous que je parviendrais un jour à collectionner en peinture toutes les « Spiders » du monde?



Au Rijksmuseum, c’est superbe, grandiose et très bien rénové. Un mélange de peintures (Rembrandt, Vermeer, etc . ), d’arts décoratifs, armes, armures, costumes, faïences, etc. Et la Ronde de Nuit de Rembrandt avec l’opération Night Watch dont on voit les affiches dans toute la ville ; peut-être pour faire passer la pilule du fait qu’on ne la verra pas très bien cette fois-ci. En effet, protégée dans une immense vitrine, elle est scannée morceau par morceau, il faudra 56 scans dont chacun peut atteindre 24h pour connaître tous les secrets de cette peinture et de ses pigments!
Cette fois-ci, j’ai osé sortir la boîte d’aquarelle, mais pas le pot d’eau .., alors que m’embête avec un pinceau à réservoir... il y a beaucoup de monde qui passe devant moi ce n’est pas simple de voir alors je capture les éléments au fur et à mesure quand j’ai une percée ici ou là.



En sortant, les lumières du hall sont tellement sublimes que je ne peux m’empêcher de traiter le même sujet qu’en septembre dernier. J’élargis un peu la vue pour mettre en place le sol et les grands « yeux-fauteuils ». Les ombres sont très fortes, elles jouent en rayures et grandes obliques sur le motif très régulier des fenêtres et peintures murales. Le soleil est caché par les nuages de manière intermittente ainsi je dois m’adapter et capturer au plus vite ces ombres portées.



Ensuite, je marche pour rejoindre Shari, Caroline, Suhita et Liz au Winkel pour un Drink & Draw sweet pour goûter la meilleure tarte au pommes d’Amsterdam... on discute, on debriefe et on dessine, c’est un chouette moment car on n’a pas vraiment eu le temps de le faire pendant le Symposium.



Day 9 : la pluie!
Pour suivre le thème de la chambre Honk Kong de mon AirBnB (c’est un signe, non? Ah je ne vous ai pas dit le prochain Symposium se tiendra à Honk Kong), je souhaite enfin m’atteler à la grande pagode près de Amsterdam Centraal, le ciel est tourmenté, c’est superbe mais je fais confiance, le temps va tenir jusqu’à ce que je termine, non?
Ben non, les nuages s’ouvrent d’un coup et c’est le déluge et la débandade pour moi car je n’ai pas terminé ! Je plie tout rapidement mais aucune terrasse protégée ou vitre me permet de continuer...

Très beau Symposium avec d’anciens et de nouveaux amis, de nouveaux instructeurs qui apportent un vent de fraîcheur et une équipe organisatrice extraordinaire, merci beaucoup!


vendredi 16 août 2019

Entre ciel et eau pour le 10ème Symposium Usk à Amsterdam / part 2


Day 6 : retour à une certaine tranquillité
Je rencontre enfin Christine près du Rijksmuseum pour capturer la quiétude d’une bâtisse victorienne au bord du canal, je crois que ce seront mes derniers reflets dans l’eau ... c’est beau et fascinant mais il faut lâcher prise et retrouver mes sujets de prédilection !



Depuis des jours, on me parle des araignées de Louise Bourgeois dans les jardins du Rijksmuseum, je les découvre enfin, elles sont magnifiques. J’adore les voir les unes à côté des autres, cela donne une autre dimension à ces jardins soignés et bucoliques... elles règnent en maîtresses puissantes et impressionnantes sur ce lieu. J’ai juste le temps de capturer l’une d’entre elles avant quelques gouttes de pluie. Comme cela je ne serai pas restée trop longtemps sur cette aquarelle au risque d’en perdre la force. Savoir quand s’arrêter est une des phases les plus difficiles dans la peinture!



Je termine la soirée avec Ben Luk et Caroline Fidelaire (notre ange gardien qui a veillé sur nous-tous- pendant tout le séjour ). Ils m’initient au Food sketch, l’une de leur spécialité. Ils faut de grandes qualités pour cela: être patient, car tout le monde doit avoir terminé son dessin avant de commencer à manger ; choisir un plat froid, comme les sushis par exemple, car cela empêche la déception quand on doit manger froid, connaître par cœur ses couleurs (!) et ses mélanges car la lumière chaude de l’éclairage rougit tout, et savoir parler « bouffe », comme tous les français !

Merci à eux deux, très chouette moment de Food & Draw.



Day 7 : sculpture day
Back to basics: Van Gogh museum et Art Zuid, je vais me régaler ente peinture et sculpture toute la journée même si pour cela je vais marcher des kilomètres !
Je commence par « Ode to the Wilderness », de Jantien Mook, cochon volant en pastilles d’acier corten qui s’envole au dessus du Muséum plain, et de l’opéra que l’on devine au lointain. C’est un bon échauffement sur le thème, comment exprimer l’essence d’un objet sans le décrire complètement. Ainsi le challenge est de peindre assez de pastilles pour qu’on comprenne le principe de la sculpture tout en évoquant sa fragilité et sa puissance dans la belle lumière du matin. Si on dessine toutes les pastilles, on risque de perdre l’énergie ... faire des choix, c’est le plus important.

Je découvre le Van Gogh Museum avec des crayons aquarellables et mon stylo plume (je ne tente pas l’aquarelle, je suis trop fatiguée pour me battre avec des gardiens aux consignes absurdes...) Finalement, c’est assez amusant de rechercher la touche de pinceau de Van Gogh avec ces crayons. Le musée est centré sur la vie du peintre, sur sa souffrance et se descente aux enfers jusqu’au suicide. Je ne sais pas si c’est parce que je suis fatiguée mais ça me touche, j’en ai presque les larmes au yeux... le destin est cruel, il a travaillé comme un fou toute sa vie, il a révolutionné la peinture, il est mort dans la misère et maintenant ses tableaux se vendent à prix d’or et sont dans tous les musées du monde...

Sa touche est sublime, elle vous transporte et ses couleurs puissantes racontent le monde autrement.



Je m’engage maintenant dans le parcours Art Zuid, 80 sculptures présentées en plein air. J’essaie de tout parcourir. Au bout de Minervalaan, il y a « Animaris Longus » de Theo Jansen, sculpture mécanique que l’on peut voir s’animer si on a de la chance. Ici, elle est suspendue et je m’amuse à jouer avec les pleins les vides les percées et les découvertes du décor à l’arrière plan. C’est un exercice entre le masochisme et la méditation mais j’adore cela; cela demande une grande attention à son sujet.



Au bout de la troisième branche du parcours, c’est un magnifique ruban en acier corten qui s’élève vers le ciel. Je joue entre les différents plans et les couleurs chaudes et froides pour donner à voir ce majestueux ruban.