mardi 12 mars 2019

Escapade à Metz - Jour 2 ...


Petite trotte jusqu’au musée de la Cour d’Or. L’entrée du musée semble avoir été rénovée récemment. Le hall d’accueil est imposant avec ses coupoles en plafond et les multiples rayonnages d’une ancienne bibliothèque. J’aime bien la signalétique jaune qui vient s’encastrer dedans pour raconter les différentes parties du musée.
Ensuite cela se gâte un peu, on passe par les thermes gallo romains, des salles médiévales, un escalier renaissance et des salles de peinture jusqu’à l’âge moderne. La scénographie est ancienne, l’éclairage laisse vraiment à désirer, il est soit trop fort, soit trop faible, jamais juste et l’on a du mal à voir les œuvres ou objets. On passe son temps à monter et descendre des escaliers, c’est un véritable labyrinthe. Certaines pièces sont très belles mais tellement mal présentées que l’on passe sans y prêter attention...


Je quitte le musée et pas loin je tombe par hasard sur le Frac Lorraine, qui ouvre en début d’après-midi, j’y retournerai toute à l’heure. Après une visite de la cathédrale Saint Etienne, extrêmement sombre aussi, je m’arrête pour manger place Jeanne d’Arc avec vue sur l’église Sainte Ségolène. J’en profite pour immortaliser cette couleur jaune d’or si particulière de la pierre de Jaumont, extraite en Moselle.
Après la visite du Frac, je continue mes déambulations dans la ville, sans peindre, car le vent est très froid et la lumière tombe rapidement...

[ aquarelles sur carnet 21x60cm et feuilles 36x48cm ]

vendredi 8 mars 2019

Escapade à Metz - Jour 1 ...


Arrivée matinale à la gare de Metz, je me dirige vers le centre Pompidou. Il y a du vent mais quelques rayons de soleil font jouer les ombres portées sur l’architecture. Je commence rapidement à peindre pour ne pas perdre ces belles lumières. Je me concentre sur la vague du toit, je souhaite la donner à voir par l’expression du ciel, j’aime les nuages qui sont comme des moutons se déplaçant avec malice dans le ciel.


Puis je rentre dans le centre, l’accueil a changé, une boutique à été ajoutée, cela modifie et réduit beaucoup l’espace du hall. Je commence par l’exposition «Peindre la nuit» puis Lee Ufan, «Habiter le temps».
Je déjeune au café avec vue sur la façade et toujours cette vague difficile à capturer avec le tressage en bois de la structure. Le toit créé une fenêtre de vue sur le nouveau quartier. Lorsque je suis venue la dernière fois, c’était une lande dépouillée et maintenant, immeubles , centre commercial , routes et mobiliers urbains occupent l’espace.
L’après midi, je découvre l’Expo «l’aventure de la couleur», qui commence par les papiers découpés de Matisse, en passant par Klein et Routault jusqu’à Buren et ses célèbres rayures! Une performance de Miralda sera même réactivée fin mars entre la Gare et le centre.



Puis je me dirige vers le centre commercial en face, j’ai repéré un café qui semble avoir une belle vue sur l’architecture de Tadao Ando. Le temps a changé, il fait sombre, j’aime la couleur des nuages sur la vague du toit. Avez vous remarqué les couleurs violette ou pourpre des arbres? C’est superbe, non?
... à suivre ...

[ aquarelles sur carnet 21x60cm et feuilles 36x48cm ]

mardi 5 mars 2019

Encore quelques places pour le stage d'aquarelle à la Cité de l'architecture les 23 & 24 mars ...


Je propose un deuxième stage d’aquarelle à la Cité de l'architecture et du patrimoine les 23 et 24 mars 2019.
Les inscriptions se font directement sur le site.

C'est un stage exceptionnel où l'on pourra peindre et s'exprimer au pinceau et à l'aquarelle pendant deux jours alors ne le manquez pas: je propose de regarder un lieu et un espace autrement. En prenant le temps d’analyser l’espace, de le décomposer, les participants cherchent à en comprendre les éléments constitutifs et la profondeur. Au pinceau, à l’aquarelle, ils le saisissent en grandes masses de couleurs et de valeurs plutôt que par la ligne et le contour. À travers une série d’exercices et d’expérimentations, ils s'essayent à exprimer et capturer l’espace vertigineux, monumental des collections de la Cité.

mercredi 27 février 2019

Soirée Love au musée Rodin, performance pour tous! ...


J’ai été invitée à dessiner les amoureux lors de la soirée LOVE au musée Rodin, le 14 février dernier. L’ambiance était feutrée, de jolies lumières rose et rouge évoquaient l’amour et les participants étaient accueillis par une coupe de champagne.

C’est dans l’exposition « Dessiner, Découper », que je suis installée. Les premiers couples arrivent, je leur propose de s’inspirer des dessins de Rodin pour trouver une pose. Ils sont tous plus inventifs les uns que les autres. Certains s’embrassent à pleine bouche, d’autres (pas encore en couple) se touchent à peine mais je sens qu’ils aimeraient bien conclure ce soir ! De grandes amies se mettent à danser. J’essaie de peindre au plus vite, pour saisir leurs attitudes et leurs pensées dans un même geste coloré.

Pour moi, c’est une véritable performance, je ne m’arrête pratiquement pas, juste une fois pour changer l’eau. Je suis très concentrée, je ne peux pas les laisser partir sans capturer ce moment magique pour eux et leur histoire de couples. Ils sont tous touchants et touchés. C’est un véritable dialogue qui s’instaure entre nous en quelques minutes à peine.

Je ne vois pas le temps passer, j’ai peint douze couples, le musée ferme, il faut ranger et clore cette belle soirée.


[ aquarelles sur feuilles 32x24cm ]

vendredi 22 février 2019

DAU - Plonger dans une aventure expérimentale au temps du communisme ...

...l'enveloppe de DAU avec visa, plan, livret...

Dès que j’ai reçu la proposition de visa de DAU, j’ai sauté dessus. Après quelques questions basiques et la prise d’un selfie, j’ai reçu le papier permettant de récupérer le fameux visa. Je me suis rendue le jour J à l’heure dite et j’ai retiré mon visa, une petite carte avec photo et code barre à toujours avoir sur soi pendant le parcours. A l’entrée du théâtre de la Ville, je dépose mon téléphone dans un casier. Interdiction de garder avec soi un quelconque objet électronique; pas de trace photo et vidéo, chacun reste dans son expérience sans intermédiaire...
Le théâtre de la Ville est en travaux depuis quelques années, j’ai hâte de découvrir comment il a été investi par DAU. Je déplie le plan (sommaire) avec des mots au graphisme aride, je les suis et je découvre peu à peu le parcours: ORGY, COMMUNISM, BEYERAL, FUTURE,... l’espace est à nu sans fioritures avec ces grands lettrages noirs. Je me retrouve dans une petite salle de projection au sous-sol après avoir visionné des rushs des films. Le premier film que je vois est DAU 7 avec Lev Landau (prix Nobel de physique en 1962) et cette jeune femme qu’il séduit. J’ai la traduction dans l’oreillette par une voix atone. J’aime bien ce procédé, ça ne masque pas la langue russe. Le film est beau, lent, voyeuriste et violent. Je me sens prise au piège et en même temps je veux connaître la fin. C’est gênant, un peu.


...dans la salle du théatre de la Ville, mise à nu...

En 2009, 400 personnes ont été enfermées volontaires dans un institut, sorte de camp, mini ville, pour recréer le laboratoire du scientifique Lev Laudau à Kharkov en Ukraine, en acceptant les règles, celles appliquées en URSS dans les années 1938-1968. Pendant 3 ans, sous la coupe du cinéaste, Ilya khrzhanovskiy, ils ont travaillé, vécu, fait des rencontres, des enfants, créé des relations. Scientifiques, étudiants, serveuses, fille au paire, cuisiniers, agents du KGB, habillés comme à l’époque, ont bu, beaucoup, mangé, fumé, baisé, partagé ces appartements communautaires, travaillés, ont terrorisé et ont été soumis. Le tout dans des ambiances clair-obscure, où l’on sent les conditions météo, les saisons sans vraiment les voir. Les plans sont rapprochés (très), il y a quelques belles perspectives mais on ne voit jamais l’Institut dans sa totalité.

...partie de cartes dans les appartements communautaires du théâtre de la Ville...

Je sors de là un peu secouée, je repars en exploration, beaucoup d’escalier, j’arrive à COMMUNISM: reconstitution des appartements communautaires, meubles et accessoires d’époque, les habitants sont aussi habillés comme à l’époque. Certains faisaient parti de l’aventure originelle, d’autres ont été invités pour habiter le lieu pendant les trois semaines de l’expérience à Paris. Un couple au fond est en train de jouer aux cartes, ils parlent russe mais en fait le mari est français. Il aime bien ce que je peins, il trouve que j’ai bien rendu l’atmosphère de bric et de broc avec la soupe en train de cuir et le lit défait dans l’autre pièce. J’entends que le chamane va arriver mais je ne peux pas l’attendre, mon VISA expire bientôt… Je dois continuer mon exploration.
A DAU, on doit lâcher prise du monde extérieur, ne rien attendre, se laisser emporter par l’histoire et les personnages. BRAIN, là-haut, salle de concert mais les musiciens répètent.
Je prends quelques minutes pour manger un bortsch dans une écuelle en alu, pain noir, cornichons malossol et purée d’aubergine.
Il est un peu tôt pour la vodka mais j’aimerais bien la goûter.

Je vais vers FUTURE, la salle du théâtre, elle est complètement à nu, murs sols gradin en béton brut, la cage de scène aussi avec les dessous complètement ouverts avec un trou béant. Il fait froid, le son est trop fort et le film est ultra-violent, scène d’humiliation pendant un interrogatoire musclé, violences et viol avec une bouteille, c’est trop… je décroche un peu, je me mets à peindre, dans le noir, à la lueur de la console vidéo. J’essaie de rendre le vertige que procure l’ambiance.
J’ai moi aussi le vertige, le film est terminé, je sors prendre l’air après un coup d’œil à la boutique: boîtes de conserve, tampons, carnets, de la camelote moderne « designée » à la russe communiste!


...dans l'appartement de Landau au Centre Pompidou...

Dans cette exploration de DAU, il y a trois lieux parisiens, reliés par un triangle de lumière, la nuit. Le deuxième est le Centre Pompidou : au fond du musée permanent, un petit espace reconstitue un morceau de l’Institut avec décor, portes, fenêtres mobilier et accessoires. Il y a quelqu’un qui travaille. C’est flippant. Je le dessine. Dans le noir avec des crayons, stylo plume. Quelques minutes plus tard, je pose les grands ombres à l’aquarelle.
Les gens sont déçus, ils trouvent cela petit mais par contre ils "trippent" sur le mec dans la vitrine; ils ne savent pas si il est "vivant" ou en cire!


...DAU envahit la façade du théâtre du Châtelet...

Quelques jours plus tard, je peux enfin découvrir le Théâtre du Châtelet qui n’avait pas eu l’autorisation administrative d’ouvrir. J’ai donc demandé une prolongation de mon Visa pour 6 heures supplémentaires. Avant de rentrer, je peins la façade qui est barrée de grands écrans Led avec les images en noir et blanc issues des films. DAU clignote en noir, rouge et blanc.
Je rentre par le côté, accompagnée d’une hôte en combinaison de travail grise, ils sont tous habillés comme cela, de toutes nationalités. Elle m’emmène dans une petite salle, pas de traduction oreillette mais des sous-titres en anglais, je passe au premier rang car ils sont illisibles du fond de la salle. Le film est toujours aussi violent et intrusif, les femmes sont sans arrêt humiliées par des hommes affreux et dégoûtants...
Je passe ensuite quelques minutes dans une cabine en aluminium à discuter sur le Bonheur avec une charmante jeune fille. Elle veut voir mes aquarelles, elle aime bien.
Puis, je file pour une visite « guidée », il parait qu’on va voir des trucs secrets: notre guide nous raconte l’origine du projet: les 13 films tournés dans le labo a Kharkov puis le travail de montage pendant des années et enfin la première mondiale à Paris dans les 3 lieux. Elle nous emmène dans le restaurant QG de l’équipe au fond duquel on s’introduit dans un vagin géant, l’atmosphère est glauque et chaleureuse à la fois; c’est cela le projet DAU, on est en permanence pris entre deux sentiments, le dégoût et l’impatience de découvrir de nouvelles choses. C’est clivant pour le public mais aussi pour soi. Il faut se laisser envahir, pénétrer par les visites, s’installer, laisser le temps passer. Si on s’attend à quelque chose, on sera déçu. Par contre si on n’attend rien , on peut s’ouvrir et être surpris...
Puis les bureaux, la chambre à la russe, le salon peint, on s’installe, on discute du projet, on rencontre les personnages des films en vrai ou en cire. Ils commencent à être familiers pour moi, ils deviennent des compagnons de visite.
Il y a plein de choses que j’ai attendues, que j’ai manquées que je n’ai pas trouvées, certains ont eu plus de chance que moi, de croiser le chamane ou Brian Enno, d’écouter un pianiste extraordinaire ou de croiser Marina Abramovic en transe.

Chacun a vécu sa propre expérience de DAU, certains ont détesté, d’autres ont adoré. Je ne pourrai pas définir mes sensations par « blanc » ou « noir », j’ai aimé ou pas aimé, c’est beaucoup plus complexe… Les films m’ont hanté plusieurs jours après, l’atmosphère, les relations malsaines entre les participants, la beauté des décors et des costumes qui est paradoxale dans cet univers.

Le projet est maintenant à découvrir à Londres.

[ aquarelles sur carnet 21x60cm ]

mardi 19 février 2019

Échafaudages de la gare Montparnasse ...


Le dernier SketchCrawl des Urban Sketchers a été organisé dans la gare Montparnasse en transformation, certaines parties sont déjà rénovées mais je me suis intéressée à la partie en travaux. Comment résister à cet structure entrelacée des échafaudages?

[ aquarelles sur carnet 21x60cm ]

mardi 12 février 2019

Dessins en mouvements pour la Nuit de la Lecture à la bibliothèque Forney ...


Le groupe Urban Sketchers Paris a été invité à croquer la Nuit de la Lecture à la Bibliothèque Forney. Nous étions une bonne vingtaine à braver le froid et l'humidité de ce samedi soir. Mais l'ambiance dans la bibliothèque était très chaleureuse.
J'ai commencé par une aquarelle de la performance, "On lit ou on regarde un dessin?" du collectif Les Traces Habiles: trois conteurs, en mouvement, déclament des textes sur le dessin et la création alors que l'artiste Olivier Marty dessine en direct. Les quatre protagonistes se déplacent, dansent, courent, s’assoient sur un coin de table, se couchent à terre… Olivier Marty dessine très vite, il dépose ses créations au sol au fur et à mesure.

C'est intense et dynamique, pas un moment de répit, ni pour eux, ni pour moi.


Puis nous avons assisté à une intervention poétique, jouée et dansée, déambulatoire dans trois lieux de la bibliothèque, par la Compagnie Le Monde Devant. Quelques mots inspirent le contre-bassiste qui improvise rapidement, aux premières notes, la danseuse filiforme déploie ses longs membres pour quelques minutes de danse.
C’était une belle soirée dans une ambiance riche en création et réflexion autour de l’art.

#croiseederegards

[ aquarelles sur carnet 21x60cm ]