jeudi 17 janvier 2019

Plonger dans la peinture avec Picasso ...


Après avoir visité l’expo « Picasso. Bleu et rose » au musée d’Orsay, j’ai eu envie de voir « Chefs-d’œuvre ! » au musée Picasso. Ceci en sachant qu’il n’y aurait pas les plus grands chefs d’œuvres ("Demoiselles d’Avignon", "Guernica") car ces œuvres ne voyagent pas. L’exposition, plutôt chronologique, s’interroge sur la question du chef d’œuvre. Quelles sont les grandes inventions de Picasso ? Comment jalonnent-elles son parcours artistique ? On traverse donc les « Arlequins », les « Trois Baigneuses » réunies de manière exceptionnelle, la « Danse » de la Tate Modern, des sculptures, la Chèvres, des collages, découpages et inventions formelles. J’ai déjà vu beaucoup d’entre elles mais c’est toujours une découverte, tant d’inventions, de recherches, de remise en jeu de sa réussite artistique, c’est passionnant.
Je me suis installée dans une des salles, consacrée à la sculpture avec un agrandissement d’une photographie de Picasso sur le seuil de sa maison, comme décor. J’aimais l’idée de travailler sur le rapport entre l’espace réel et la reproduction. Comment le traiter en aquarelle ? Mais seulement au bout de 2/3 minutes, j’ai été interrompue par le gardien, eau et aquarelle interdites. J’ai continué quelques minutes de plus au pinceau à réservoir mais il m’a, à nouveau, arrêtée. J’ai dû terminer au stylo plume et crayons aquarellables...


Je venais de passer une demie heure à peindre au sous-sol là très belle exposition "Picasso-Rutault, Grand écart". Rutault a arrêté de peindre de manière traditionnelle le jour de la mort de Picasso en 1973. Il a mis en place des protocoles qui permettent de créer et renouveler son œuvre. Je me suis plongée avec délectation dans la masse de peinture jaune !

[ aquarelles 21x60cm sur carnet aquarelle Hahnemühle  ]

samedi 12 janvier 2019

Au coeur des toiles d'araignée au Palais de Tokyo ...


Pour continuer dans l'idée de l'entrelacement, j'ai visité la superbe carte Blanche "On Air" à Tomás Saraceno au Palais de Tokyo. Époustouflante!
C'est une exposition qui mêle l'art, la science, la géologie, le développement durable, l'autonomie énergétique et la beauté plastique... et bien sûr, les araignées qui sont les reines de la présentation, avec leurs toiles extraordinaires qui dessinent des motifs variés. Le visiteur est aussi un acteur, un musicien de cette Jam Session géante.

BLANC // NOIR
LUMIERE // OBSCURITÉ

telles sont les ambiances fortes et contrastées que l'on traverse dans notre déambulation. Les toiles d'araignée en fils tendus de la première aquarelle sont les cordes de dizaines de harpes. Le visiteur joue avec et produit des sons qui, ensemble, créent une partition. J'ai suggéré la présence des personnages se déplaçant à pas feutré entre les fils, ils sont comme des fantômes.


Dans l'autre aquarelle, les visiteurs sont des ombres. Je peins dans l'obscurité, je ne vois presque rien alors je me concentre sur les rapports puissants d'ombre et de lumière, ombres propres, reflets, miroitements et ombres portées.
L'espace est incroyable, on plonge dans un autre monde.

#croiseederegards
[ aquarelle 21x60cm sur carnet aquarelle Hahnemühle ]

mardi 8 janvier 2019

Eclats d'or à travers la pyramide du Louvre ...


Jusqu'en février 2019, c'est la saison Japonismes 2018 pour fêter les 160 ans de relations diplomatiques  entre la France et le Japon. Des expositions, spectacles, installations se déploient dans les différentes institutions parisiennes. Après l'exposition Fukami à l'Hôtel Rotschild et l'installation Furoshiki sur le parvis de l'Hôtel de Ville, j'ai peint "Throne" de KOHEI NAWA sous la pyramide du musée du Louvre. C'est une sculpture monumentale mêlant les techniques ancestrales de la dorure à la feuille d'or à la technologie la plus récente, l'impression 3D.
La première aquarelle est peinte depuis l'intérieur de la pyramide alors que la deuxième est une découverte de l'oeuvre à travers la façade vitrée. J'étais intéressée par le rapport entre cet or éclatant et le calepinage régulier et puissant de la structure de la pyramide vitrée. J'ai joué avec cet enchevêtrement de lignes, telles une toile d'araignée dont on ne peut pas se sortir. Le Throne est comme emprisonné dans cet écrin!


#croiseederegards
[aquarelle 21x60cm sur carnet aquarelle Hahnemühle ]

jeudi 3 janvier 2019

Belle année 2019! ....


Je vous souhaite une très belle année 2019!
Couleurs
Lumière
Mouvement
Projets
Partage
Persévérance
Travail
Engagement

***

mardi 1 janvier 2019

Scintillement et féerie pour dire au-revoir à 2018! ...


Je n'aime pas particulièrement les décorations de Noël mais je ne peux pas résister au plaisir de peindre les installations "géantes" sous la coupole des Galeries Lafayettes pour les fêtes. Cette année, ils ont installé une passerelle au-dessus du vide pour se faire photographier au plus près du sapin. C'est vertigineux! Evidemment, il y a une longue file d'attente. De toute façon, il sera impossible d'aller peindre sur la passerelle alors je me réfugie au café où la place et le temps sont comptés.
Vite, vite, je me dépêche de capturer les centaines de points lumineux, les lettrages suspendus et les boules scintillantes. Ce n'est pas une mince affaire mais cela m'amuse beaucoup.


Au Bon Marché, c'est une forêt suspendue sous les verrières qui émerveille les clients. C'est simple mais vraiment très beau et poétique. J'essaie de garder en réserve les points lumineux des leds sur les sapins sans peindre dans le détail pour ne pas figer la composition. Mon œil et ma main virevoltent entre les sapins, les couleurs se posent en touches rapides sur le papier.

Belle fin d'année à tous!

#croiseederegards
[aquarelles 21x60cm sur carnet aquarelle Hahnemühle ]

mercredi 26 décembre 2018

Mon premier voyage au Bénin - le départ / partie 3 ...


Jour 4
Nous passons la matinée en réunion à l’ANTP. Après le déjeuner, je propose une ballade à Fred. Nous nous dirigeons vers la mer. On a l’impression que beaucoup d’immeubles sont en construction ou en travaux. On se sait jamais si les travaux sont interrompus pour un instant ou pour toujours... nous marchons sur Obama beach, nous dégoulinons, mais c’est vraiment bon de sentir l’Harmattan, l’océan et de voir les vautours voler au loin!
Les paillotes offrant de l’ombres me permettent de passer quelques instants à peindre: souche d’arbre, barrières, constructions et le port au lointain.
Il n’y a pas vraiment d’ombre sur le chemin du retour, les marchands de rue nous regardent et se moquent un peu de ces blancs qui marchent au soleil !



Ce soir, nous prenons l’avion donc départ vers la villa pour retrouver tout le monde. C’est relax après ces dernières heures intenses. La végétation luxuriante autour de la piscine me pousse à chercher une gamme élargie de verts.
Retard de l’avion, nous errons un peu comme des âmes en peine à l’idée de décoller à 2h30 du matin.



A l’aéroport, pour ne pas sombrer, je croque les voyageurs de la salle d’attente. Chacun fait ce qu’il peut pour tenir le coup jusqu’à l’embarquement. Après une dernière fouille, dans la nuit, sur le tarmac, nous embarquons enfin!
Puis c’est le décollage et le retour dans le froid parisien.

dimanche 23 décembre 2018

Mon premier voyage au Bénin - Cotonou > Ouidah / partie 2 ...


Jour 3
Je souhaite visiter Ouidah, être si proche de cette ville importante dans l’histoire de l’esclavage au Bénin et ne pas pouvoir la découvrir, serait dommage. Trouver un chauffeur prend un peu de temps... Je le passe en peignant les allers et venues des gens dans l’hôtel. Tout le monde travaille ; téléphone portables, ordinateur, conf-call, c’est un fourmillement incessant.
Finalement, Augustin arrive avec la voiture et l’équipe, nous nous serrons les uns contre les autres. Le ciel est gris, il y a quelques averses et l’autoroute est luisante. Les bordures des routes sont pleines de commerces de tous types. Sur la route c’est le slalom entre les voitures, les mobylettes et moto-taxi, aux chauffeurs en tee-shirt jaune.



En arrivant vers Ouidah, la terre change de couleur, elle devient rouge-orangé. Les maisons sont colorées, jaune, rouge, orange, bleu, une gamme d’ocres et de terres se déploie à l’infini. Certaines villas et maisons sont de style afro-brésilien, style architectural des Agudas, esclaves affranchis ou esclaves déportés suite aux révoltes au Brésil. Nous commençons par la visite de la fondation Zinsou dans la magnifique Villa Ajavon (1922) qui propose de l’art contemporain gratuitement Avec notre guide, souriant et attentif, nous découvrons le travail de Pauline Guerrier, artiste française qui a passé 3 mois en résidence. Il fait une chaleur à crever, mais les fenêtres de la maison sont ouvertes et l’air circule. Ah oui j’oubliais, nous avons commandé notre repas avant la visite et avons ensuite mangé dans le salon du rez-de-chaussée. Les meubles sont recouverts de tissus aux motifs et couleurs riches et variées. Je peints la vue à travers les fenêtres à l’encadrement sombre. Je travaille avec une gamme de rouge-orange-doré avec des touches de vert qui font chanter les harmonies colorées.
Nous partons vers le Fort Portugais, musée d’histoire de Ouidah et de l’esclavage au Bénin. Notre guide nous raconte l’histoire de manière un peu approximative, nous passons de salles en salles, les objets sont dans des vitrines poussiéreuses, les reproductions, photos, dessins, gravures ont jauni au fil du temps.
Je sue à grosses gouttes... il fait vraiment chaud.
Nous suivons maintenant la Route des Esclaves, scandée par les sculptures en ciment de Cyprien Tokoudagba, je découvre la lagune. C’est magnifique. Sur la plage, c’est la Porte du Non-Retour, une fois passée, les esclaves étaient embarqués dans des pirogues pour rejoindre les navires qui allaient les déporter. Ces différents monuments sont des lieux de recueillement pour les descendants des esclaves.
L’océan est fougueux, je comprends que personnes ne se baigne…
Les lumières sont sublimes, des gris colorés, des ocres, des orange et le bleu-vert de l’eau.



On ne peut rester plus longtemps, il faut reprendre la route. A l’entrée de Cotonou, un petit épisode désagréable dans une station essence nous oblige à y rester une heure, j’en profite pour croquer rapidement l’instant, la nuit tombe, à la fin je ne vois plus grand chose...
Passage par la villa avant de partir (à pied) dîner chez les architectes.
Le croissant de lune est à l’horizontale, proche de l’équateur, on change de perspective !
A suivre...