Au bout d’une heure et demie l’action touche à sa fin.
C’était vraiment beau et puissant.
[ aquarelles 30x40cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ]





On a interrompu notre engagement pour le climat en mars 2020 à cause de la pandémie de Covid 19 ; les objets jetables ont refait surface, masques, sachets, gants, etc. On en a presque oublié le vrac pour se préserver du virus… ça craint.
Quand Youth for Climate a proposé une action en septembre, avec Mat Let, nous nous sommes inscrits. Rendez-vous est pris le samedi matin tôt pour un tour de Paris en métro... En effet, nul n’est au courant du point définitif de l’occupation pour éviter de se faire déloger avant même d’avoir commencé !
Bref, arrivée rue Sainte Marthe deux heures plus tard, nous sommes au taquet pour dessiner et peindre la mise en place de ce camp climat pour montrer que la crise sanitaire n’a pas pris le pas sur l’urgence climatique. La journée est à la «convergence des luttes» explique Marie, 18 ans, militante active du mouvement : «On appelle ça un "camp climat" mais on se bat pour la justice climatique et sociale. Le but est de créer un pont entre les différentes luttes locales et nationales».
C’est là que le directeur décide d’accrocher notre œuvre collective Voyage au coeur de ma cellule, finalisée lors de la performance à La Conciergerie en juin 2020. Je me suis occupée de concevoir le support, j’ai aussi proposé de remplacer les dessins originaux du centre par des impressions numériques. Plusieurs semaines après, en octobre, nous nous retrouvons enfin sur place, dans la Rue, à coller ces bandes sur le dessin de 3x 3 mètres déployé au sol. L’entreprise a déballé son matériel et le cadre qui est arrivé en pièces détachées. Nous sommes interpellés par les détenus et les surveillants, ils se demandent ce qui se passe. Nous leur expliquons que le travail commun va être accroché de manière pérenne ici même.
« ils sont trop forts les détenus ! »
« c’est les meilleurs en dessin ! »
Nous acquiesçons et continuons à nous affairer. C’est intéressant de voir qu’ils se reconnaissent dans cette œuvre ; chaque dessin ou chaque partie raconte quelque chose, un moment de leur vie au sein de la détention, qui a été capté par l’un d’entre nous. Nous comprenons que cette œuvre va continuer à raconter sa propre histoire au sein de l’imaginaire des détenus, des surveillants, des intervenants extérieurs et du personnel administratif.

Un grand merci à Urban Sketchers qui publie dans DRAWING ATTENTION de novembre 2020 la liste des livres d'Urban Sketching à lire pour la fin de l'année et Capturer l'âme d'un lieu par la forme et la couleur à l'aquarelle est dedans!
Merci beaucoup pour cette visibilité internationale!
Le livre est disponible en Click & Collect dans toutes les librairies qui le proposent et notamment à la Librairie Eyrolles à Paris.
Vous pouvez aussi le commander directement chez Eyrolles.
On soutient nos libraires mais aussi nos auteurs; ne pas oublier Mat Let et son carnet de confinement 28m² qui est aussi dans Drawing Attention ainsi que tous les auteur.ice.s Urban Sketchers, notamment Shari Blaukopf ou Stéphanie Bower que l'on retrouve en français chez Eyrolles.