lundi 4 janvier 2021

2021 nouveaux horizons ...

 

2021, nouvel envol en couleurs et en légèreté.

J'espère que cette année vous ouvrira de nouveaux horizons!

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lundi 14 décembre 2020

Nouvelle collaboration artistique avec Kalahouse shop ...

Il y a quelques semaines, deux jours avant le confinement #2, j'ai peint le musée du Louvre à la nuit tombante. L'ambiance était particulière, la lumière superbe et j'ai profité pleinement de ce moment où la tombée de la nuit oblige à travailler vite et avec justesse.

Une fois qu'il fait noir, on ne peut plus peindre et l'oeuvre est terminée!

C'est cet instant que je vous propose d'afficher chez vous dans un superbe format, 50x70cm. Pour la commander, c'est par ici !

Ce sont des affiches en tirage limité, 100 exemplaires, pas un de plus! Chacune est numérotée et accompagnée d'un certificat d'authenticité signé par l'artiste.

Merci à Kalahouse shop et à sa jeune et motivée fondatrice de m'embarquer dans cette aventure!

Il y a aussi une dizaine d'autres talentueux artistes qui proposent leurs oeuvres au format affiche, allez jeter un œil!

dimanche 6 décembre 2020

Extinction Rebellion, action « On n’a plus le temps », RIO ...

Trois jours plus tard, le vendredi 16 octobre, j’ai rendez-vous vers Opéra en fin de journée pour l’action d'Extinction Rebellion On n’a plus le temps, je n’ai aucune idée de ce qu’il va se passer, tout nous est expliqué quelques minutes avant le début : on doit être vêtu de noir, entrer les un.e.s après les autres dans les cercles concentriques de la performance, et dire tic-tac, d’abord très bas puis de plus en plus fort. Je prépare et harnache mon matériel pour pouvoir peindre debout, quasiment en marchant. Je resterai un peu en retrait pour capturer l’action dans son ensemble.


Le début se passe comme prévu, puis arrivent les RED REBELLES, elles manipulent des objets faisant référence au temps qui s’écoule. Elles sont au centre des cercles, et les gens se mettent à tomber au sol les un.e.s après les autres, tous ces corps allongés, comme morts, sont impressionnants. Le saxophoniste entonne une marche funèbre, chacun se relève pour suivre les Red Rebelles de l’autre côté de la place. Des drapeaux, des bougies et des lumières sont érigées les uns après les autres ; je continue à peindre en suivant le mouvement. Je ne sais pas exactement ce que je suis en train de dessiner car la nuit tombe, mais ce n’est pas grave je suis complètement prise dans l’action, mon pinceau se déplace au rythme des notes de musique, j’ai l’impression de faire moi-même une performance ! 


J’ai restreint ma palette, des ombres colorées jouent avec les nuances de rouge des robes des Red Rebelles. Simplifier sa palette permet d’être plus concentrée sur ce que l’on raconte, d’aller à l’essentiel et d’aller plus vite, également.
Au bout d’une heure et demie l’action touche à sa fin.
C’était vraiment beau et puissant. 
J’espère pouvoir participer bientôt à une nouvelle action...

[ aquarelles 30x40cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ]

mercredi 2 décembre 2020

Extinction Rebellion, action « Le monde à l’endroit », RIO ...



La Rebellion Internationale d’octobre, RIO, débute le 11 octobre en France. Avec Mat Let, nous souhaitons participer à l’action Le monde à l’endroit en tant que dessinateurs, «mediactivistes» ou «artivistes» ; en tout cas, que nos dessins racontent les moments que l’on va passer ensemble. Cette action doit commencer mardi 13 octobre et durer trois jours mais nous ne savons pas exactement comment elle va se dérouler. Nous assistons à un brief bien flippant (avec tous les conseils juridiques à connaître en cas de garde à vue), cela refroidit un peu mais on ira quand même.



Rendez-vous donc le matin du 13 octobre, quelque part, pour prendre plusieurs fois le métro et arriver sur les lieux alors que l’occupation a débuté depuis 13 minutes : nous sommes à l’angle du boulevard Saint-Germain et du boulevard Raspail, à côté du ministère de l’écologie. Les forces de l’ordre sont déjà là. Je sors le minimum de matériel car je sais que l’on va devoir dessiner très rapidement car cela ne va pas durer longtemps. L’encre noire diluée plus une couleur donneront de la cohérence à cette série.

Les rebelles sont armslocké.e.s au sol, à distance de plus d’un mètre, il pleut, ils sont trempé.e.s. Les forces de l’ordre commencent à « nasser » les rebelles dans les angles du carrefour. Ils démontent les structures, drapeaux et banderoles… On entend, au loin, les discours de rebelles qui s’enchaînent. Les forces de l’ordre sont très nombreuses. Cela crée une forte tension. Ils se mettent à quatre pour transporter les rebelles accroché.e.s ensemble à l’aide de tubes et relié.e.s par une palette en bois. Les rebelles hurlent. Cela fait mal aux bras et aux main. Les FDO utilisent des masses et des disqueuses pour « libérer » les rebelles. Il y a des blessé.e.s. C’est horrible. En plus, pour faire ce sale boulot, ils tendent des bâches pour nous empêcher de voir ; on n’entend que les cris…



J’enchaîne les dessins, il y a énormément de tension et beaucoup de violence, ce n’est pas du tout le tour que cela devait prendre… Certains rebelles, les « climbers », sont monté.e.s sur les lampadaires ou se sont accroché.e.s dans des hamacs à plusieurs mètres du sol. Ils sont tou.t.e.s délogé.e.s les un.e.s après les autres. On voit un grand bus de la police arriver, il va emmener plusieurs grappes de rebelles au commissariat pour contrôle d’identité ou plus.

Pendant ce temps là, un nouveau groupe s’est mis à chanter de nouveaux révolutionnaires mettant en musique les revendications d’XR et le constat qu’il est déjà bien tard et que l’on doit agir au plus vite.



Dans la nasse, cela fait plus d’une heure trente qu’un rebel discute avec une CRS, lui expliquant les tenants et aboutissants de l’action. C’est un médiateur. Dans ces actions chacun prend un rôle pour participer de manière la plus efficace possible. Il ne pleut plus et je peux m’avancer vers la nasse pour croquer ces moments.

Trois heures après notre arrivée, les FOD nous demandent de reculer, ils évacuent la zone tout en gardant nassée une petite centaine de personnes. Éprouvés par ces moments intenses, nous décidons de quitter les lieux, nous sommes rincés et n’auront plus d’énergie pour faire d’autres dessins aujourd’hui.

[ aquarelles 30x40cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ]

vendredi 27 novembre 2020

Reprise de la lutte pour alerter de l’urgence climatique ...



On a interrompu notre engagement pour le climat en mars 2020 à cause de la pandémie de Covid 19 ; les objets jetables ont refait surface, masques, sachets, gants, etc. On en a presque oublié le vrac pour se préserver du virus… ça craint.

Quand Youth for Climate a proposé une action en septembre, avec Mat Let, nous nous sommes inscrits. Rendez-vous est pris le samedi matin tôt pour un tour de Paris en métro... En effet, nul n’est au courant du point définitif de l’occupation pour éviter de se faire déloger avant même d’avoir commencé !

Bref, arrivée rue Sainte Marthe deux heures plus tard, nous sommes au taquet pour dessiner et peindre la mise en place de ce camp climat pour montrer que la crise sanitaire n’a pas pris le pas sur l’urgence climatique. La journée est à la «convergence des luttes» explique Marie, 18 ans, militante active du mouvement : «On appelle ça un "camp climat" mais on se bat pour la justice climatique et sociale. Le but est de créer un pont entre les différentes luttes locales et nationales».



Le camp se monte de bric et de broc : pancartes, casiers, palettes, drapeaux de fortune et banderoles peintes à la main. Les participants sont super jeunes et on fait vieux croulants à côté mais je me dis qu’il n’y a pas d’âge pour exprimer son désarroi. Je croque les différentes barricades, au début, je flippe un peu, car les briefs auxquels on assiste sont super stressants, avec les possibilités d’interpellation. Je n’ai aucune envie de me faire « nasser », gazer ou pire d’être mise en garde à vue… Je vérifie les points d’évacuation pour être sûre de pouvoir partir quand je le souhaite. 


Rassurée, je m’amuse à croquer l’ambiance plutôt bon enfant de la matinée, plusieurs ateliers sont mis en place : écriture, pochoir, mais aussi « cantine » puis ce seront les prises de paroles et conférences sur différents sujets (environnement, féminisme, syndicalisme, condition des Ouïgours, hôpital public). Je me dis que traiter tous les sujets en un lieu pourrait brouiller un peu le message ? … En tout cas, grandes vues et foules colorées seront mes sujets de la journée, un échauffement pour la suite des festivités qui débute en octobre avec Extinction Rebellion (RIO – Rebellion Internationale d’Octobre


affaire à suivre...

[ aquarelles 30x40cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ]

mercredi 25 novembre 2020

Dédicace aquarellée sur mon livre "Capturer l'âme d'un lieu" pendant 4 jours!


Super nouvelle ! 
A partir de jeudi 26 novembre à 7h et jusque lundi 30 novembre. à 7h, toutes les commandes de mon livre Capturer l'âme d'un lieu par la forme et la couleur à l'aquarelle que vous passerez sur le site de la librairie Eyrolles seront dédicacées à l’aquarelle !
Ne pouvant pas vous rencontrer en librairie, on a trouvé une solution : vous proposer une DEDICACE NOMINATIVE & AQUARELLEE pour vous faire plaisir ou faire un joli cadeau.

L’offre fonctionne uniquement sur Eyrolles.com pendant ces 4 jours 

En France et à l’étranger (en Belgique, les envois colissimos sont pour le moment suspendus, mais ils seront traités dès réouverture). Avec la possibilité de venir le récupérer en librairie.

J’espère que cette option vous plaira et que vous serez nombreux à vouloir une dédicace à distance !



quelques précisions :
- Envoi en France métropolitaine et à l’étranger excepté pour le moment la Belgique qui bloque actuellement les livraisons par notre transporteur pour raisons sanitaires, ils sont totalement débordés.
- Possibilité de venir récupérer les livres sur place à La Librairie Eyrolles, 5 boulevard Saint-Germain - 75005 Paris.


lundi 23 novembre 2020

Au centre pénitentiaire Paris La Santé avec Urban Sketchers Paris .. Day 5


Il y a un espace dont je n’ai pas encore parlé : la «rue», lieu totalement couvert mais traversant avec médiathèque, hôpital, administrations type pôle emploi, ainsi qu’un grand gymnase et des escaliers à n’en plus finir. Nous passons notre temps à monter et à descendre, à pousser des portes très lourdes et à passer des grilles !
La rue, cet espace clôt est oppressant malgré sa taille... aucune lumière naturelle n’y pénètre et on ne voit jamais l’extérieur...
Drôle de nom pour cette rue, alors! 

Le surveillant ouvre et ferme avec ses clés, Il passe son temps à marcher de long en large... Les détenus et intervenants le hèlent : « Hey, la rue! » C’est le cri pour se faire ouvrir.
On croise des détenus habillés de jaune, blanc, vert et rouge, les uniformes pour les différents ateliers de travail. 

C’est là que le directeur décide d’accrocher notre œuvre collective Voyage au coeur de ma cellule, finalisée lors de la performance à La Conciergerie en juin 2020. Je me suis occupée de concevoir le support, j’ai aussi proposé de remplacer les dessins originaux du centre par des impressions numériques. Plusieurs semaines après, en octobre, nous nous retrouvons enfin sur place, dans la Rue, à coller ces bandes sur le dessin de 3x 3 mètres déployé au sol. L’entreprise a déballé son matériel et le cadre qui est arrivé en pièces détachées. Nous sommes interpellés par les détenus et les surveillants, ils se demandent ce qui se passe. Nous leur expliquons que le travail commun va être accroché de manière pérenne ici même. 
« ils sont trop forts les détenus ! » 
« c’est les meilleurs en dessin ! » 
Nous acquiesçons et continuons à nous affairer. C’est intéressant de voir qu’ils se reconnaissent dans cette œuvre ; chaque dessin ou chaque partie raconte quelque chose, un moment de leur vie au sein de la détention, qui a été capté par l’un d’entre nous. Nous comprenons que cette œuvre va continuer à raconter sa propre histoire au sein de l’imaginaire des détenus, des surveillants, des intervenants extérieurs et du personnel administratif. 


Lorsque nous enlevons la protection de l’altuglas du cadre, nous sommes ébahies de redécouvrir ce travail si bien mis en valeur. Lorsque le cadre est enfin accroché à la verticale (non sans difficultés, muscles bandés et gouttes de sueur sous nos masques), nous comprenons que cette Rue ne sera plus jamais la même. Elle est complètement transformée par l’histoire commune qui se raconte dans cette œuvre. Ces moments de vie partagés dans cette année 2020, si particulière, sont désormais exposés et vont prendre leur envol dans le récit de chacun.

C’est pour cela que nous dessinons sur le vif, pour capter des moments, à jamais disparus, si ce n’est dans les mémoires éparpillées.

Un grand merci à l’équipe administrative de La Santé, aux Urban Sketchers Paris, à Version Bronze et Duograph pour l’installation.

[ aquarelles 25x65cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ]
[ photographies ©Brigitte Lannaud Levy et Marion Rivolier 2020 ]