vendredi 27 novembre 2020

Reprise de la lutte pour alerter de l’urgence climatique ...



On a interrompu notre engagement pour le climat en mars 2020 à cause de la pandémie de Covid 19 ; les objets jetables ont refait surface, masques, sachets, gants, etc. On en a presque oublié le vrac pour se préserver du virus… ça craint.

Quand Youth for Climate a proposé une action en septembre, avec Mat Let, nous nous sommes inscrits. Rendez-vous est pris le samedi matin tôt pour un tour de Paris en métro... En effet, nul n’est au courant du point définitif de l’occupation pour éviter de se faire déloger avant même d’avoir commencé !

Bref, arrivée rue Sainte Marthe deux heures plus tard, nous sommes au taquet pour dessiner et peindre la mise en place de ce camp climat pour montrer que la crise sanitaire n’a pas pris le pas sur l’urgence climatique. La journée est à la «convergence des luttes» explique Marie, 18 ans, militante active du mouvement : «On appelle ça un "camp climat" mais on se bat pour la justice climatique et sociale. Le but est de créer un pont entre les différentes luttes locales et nationales».



Le camp se monte de bric et de broc : pancartes, casiers, palettes, drapeaux de fortune et banderoles peintes à la main. Les participants sont super jeunes et on fait vieux croulants à côté mais je me dis qu’il n’y a pas d’âge pour exprimer son désarroi. Je croque les différentes barricades, au début, je flippe un peu, car les briefs auxquels on assiste sont super stressants, avec les possibilités d’interpellation. Je n’ai aucune envie de me faire « nasser », gazer ou pire d’être mise en garde à vue… Je vérifie les points d’évacuation pour être sûre de pouvoir partir quand je le souhaite. 


Rassurée, je m’amuse à croquer l’ambiance plutôt bon enfant de la matinée, plusieurs ateliers sont mis en place : écriture, pochoir, mais aussi « cantine » puis ce seront les prises de paroles et conférences sur différents sujets (environnement, féminisme, syndicalisme, condition des Ouïgours, hôpital public). Je me dis que traiter tous les sujets en un lieu pourrait brouiller un peu le message ? … En tout cas, grandes vues et foules colorées seront mes sujets de la journée, un échauffement pour la suite des festivités qui débute en octobre avec Extinction Rebellion (RIO – Rebellion Internationale d’Octobre


affaire à suivre...

[ aquarelles 30x40cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ]

mercredi 25 novembre 2020

Dédicace aquarellée sur mon livre "Capturer l'âme d'un lieu" pendant 4 jours!


Super nouvelle ! 
A partir de jeudi 26 novembre à 7h et jusque lundi 30 novembre. à 7h, toutes les commandes de mon livre Capturer l'âme d'un lieu par la forme et la couleur à l'aquarelle que vous passerez sur le site de la librairie Eyrolles seront dédicacées à l’aquarelle !
Ne pouvant pas vous rencontrer en librairie, on a trouvé une solution : vous proposer une DEDICACE NOMINATIVE & AQUARELLEE pour vous faire plaisir ou faire un joli cadeau.

L’offre fonctionne uniquement sur Eyrolles.com pendant ces 4 jours 

En France et à l’étranger (en Belgique, les envois colissimos sont pour le moment suspendus, mais ils seront traités dès réouverture). Avec la possibilité de venir le récupérer en librairie.

J’espère que cette option vous plaira et que vous serez nombreux à vouloir une dédicace à distance !



quelques précisions :
- Envoi en France métropolitaine et à l’étranger excepté pour le moment la Belgique qui bloque actuellement les livraisons par notre transporteur pour raisons sanitaires, ils sont totalement débordés.
- Possibilité de venir récupérer les livres sur place à La Librairie Eyrolles, 5 boulevard Saint-Germain - 75005 Paris.


lundi 23 novembre 2020

Au centre pénitentiaire Paris La Santé avec Urban Sketchers Paris .. Day 5


Il y a un espace dont je n’ai pas encore parlé : la «rue», lieu totalement couvert mais traversant avec médiathèque, hôpital, administrations type pôle emploi, ainsi qu’un grand gymnase et des escaliers à n’en plus finir. Nous passons notre temps à monter et à descendre, à pousser des portes très lourdes et à passer des grilles !
La rue, cet espace clôt est oppressant malgré sa taille... aucune lumière naturelle n’y pénètre et on ne voit jamais l’extérieur...
Drôle de nom pour cette rue, alors! 

Le surveillant ouvre et ferme avec ses clés, Il passe son temps à marcher de long en large... Les détenus et intervenants le hèlent : « Hey, la rue! » C’est le cri pour se faire ouvrir.
On croise des détenus habillés de jaune, blanc, vert et rouge, les uniformes pour les différents ateliers de travail. 

C’est là que le directeur décide d’accrocher notre œuvre collective Voyage au coeur de ma cellule, finalisée lors de la performance à La Conciergerie en juin 2020. Je me suis occupée de concevoir le support, j’ai aussi proposé de remplacer les dessins originaux du centre par des impressions numériques. Plusieurs semaines après, en octobre, nous nous retrouvons enfin sur place, dans la Rue, à coller ces bandes sur le dessin de 3x 3 mètres déployé au sol. L’entreprise a déballé son matériel et le cadre qui est arrivé en pièces détachées. Nous sommes interpellés par les détenus et les surveillants, ils se demandent ce qui se passe. Nous leur expliquons que le travail commun va être accroché de manière pérenne ici même. 
« ils sont trop forts les détenus ! » 
« c’est les meilleurs en dessin ! » 
Nous acquiesçons et continuons à nous affairer. C’est intéressant de voir qu’ils se reconnaissent dans cette œuvre ; chaque dessin ou chaque partie raconte quelque chose, un moment de leur vie au sein de la détention, qui a été capté par l’un d’entre nous. Nous comprenons que cette œuvre va continuer à raconter sa propre histoire au sein de l’imaginaire des détenus, des surveillants, des intervenants extérieurs et du personnel administratif. 


Lorsque nous enlevons la protection de l’altuglas du cadre, nous sommes ébahies de redécouvrir ce travail si bien mis en valeur. Lorsque le cadre est enfin accroché à la verticale (non sans difficultés, muscles bandés et gouttes de sueur sous nos masques), nous comprenons que cette Rue ne sera plus jamais la même. Elle est complètement transformée par l’histoire commune qui se raconte dans cette œuvre. Ces moments de vie partagés dans cette année 2020, si particulière, sont désormais exposés et vont prendre leur envol dans le récit de chacun.

C’est pour cela que nous dessinons sur le vif, pour capter des moments, à jamais disparus, si ce n’est dans les mémoires éparpillées.

Un grand merci à l’équipe administrative de La Santé, aux Urban Sketchers Paris, à Version Bronze et Duograph pour l’installation.

[ aquarelles 25x65cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ]
[ photographies ©Brigitte Lannaud Levy et Marion Rivolier 2020 ]

mardi 10 novembre 2020

ACTE II de la solidarité avec les Amis des Artistes ...



ARTISTES , SOUTENONS-NOUS LES UN.E.S LES AUTRES

Je participe à l’acte II, à l’action du collectif @lesamisdesartistes pour aider les artistes pendant cette crise sanitaire.
Le principe est simple : les artistes mettent en vente une sélection de 3 œuvres, en indiquant #lesamisdesartistes sur chacune des oeuvres.
L’acheteur verse 70% du prix directement à l’artiste, les 30% sont versés à une cagnotte pour aider d’autres artistes. Pour cette OPÉRATION il s’agit du fonds Urgence Artistes Femmes (UAF) porté par @lesamisdunmwa .
Plus d'information sur le site des Amis des Artistes.

Je propose trois aquarelles sur papier (me contacter en MP si vous êtes intéressé) :

- n°1 : Soleil couchant sur le parc de Belleville, aquarelle sur papier – 40x30 cm – 29 octobre 2020 / 350€
- n°2 : Vers le lointain depuis le parc des Buttes-Chaumont, aquarelle sur papier – 36x48 cm – 2 août 2020 / 470€
- n°3 : Symphonie colorée aux Tuileries, aquarelle sur papier – 36x48 cm – 13 septembre 2020 / 470€

Merci de soutenir les artistes et les auteurs pendant cette crise sanitaire et le confinement #2 !

#lesamisdesartistes
#aidepourlenmwa
#lesamisdesartistesdessin
#lesamisdesartistes500
#solidariteartistes
#solidarite


jeudi 5 novembre 2020

My book in Drawing Attention de novembre 2020 ! ...

Un grand merci à Urban Sketchers qui publie dans DRAWING ATTENTION de novembre 2020 la liste des livres d'Urban Sketching à lire pour la fin de l'année et Capturer l'âme d'un lieu par la forme et la couleur à l'aquarelle est dedans!

Merci beaucoup pour cette visibilité internationale!

Le livre est disponible en Click & Collect dans toutes les librairies qui le proposent et notamment à la Librairie Eyrolles à Paris.

Vous pouvez aussi le commander directement chez Eyrolles.


On soutient nos libraires mais aussi nos auteurs; ne pas oublier Mat Let et son carnet de confinement 28m² qui est aussi dans Drawing Attention ainsi que tous les auteur.ice.s Urban Sketchers, notamment Shari Blaukopf ou Stéphanie Bower que l'on retrouve en français chez Eyrolles.


#jesoutiensleslibrairies
#usk
#urbansketchers

samedi 24 octobre 2020

Au centre pénitentiaire Paris La Santé avec Urban Sketchers Paris .. Day 4

Début juillet, retour matinal à la prison de la Santé, quatre mois après notre dernière visite… Quatre mois d’arrêt liés à la pandémie de Corona virus. Nous nous réjouissons (presque) de retourner en détention car nous allons raconter aux détenus notre performance à La Conciergerie et le succès que cela a eu.
Nous ne sommes que deux avec Brigitte, nous sommes masquées ; l’ambiance est étrange, on a l’impression qu’il y a moins de monde, moins d’activité, moins de mouvement…
Nous retrouvons certains détenus, ils ont l’air fatigué, éprouvés par cette période de confinement qui les a privé d’activités, de parloirs et du peu d’autonomie qu’ils avaient. D’autres sont nouveaux en QB1, il se joignent à l’atelier qui se déroule dans la cour de promenade jusqu’en fin de matinée.


L’après-midi, nous dessinons dans la cour de promenade tout en discutant avec les détenus. Ils font beaucoup de sport, ils courent, ils font des pompes, des tractions. Des accessoires de musculation ont été installés dans la cour. Il y aura bientôt un petit potager aussi. Nous parlons de l’œuvre faite en commun et expliquons qu’on l’installera dans les prochaines semaines au sein même du centre de détention. Ce sera l’occasion de montrer à tous les usagers, détenus et surveillants, ce travail.

Je n’ai pas le temps de commencer une grande aquarelle alors je croque le surveillant qui nous dit qu’il est à la Santé depuis l’ouverture l’année dernière et qu’avant il était gendarme. Il pose comme ses collègues de l’autre jour, en glissant ses pouces sous son gilet par balle. Cela le rend encore plus costaud. 
La lumière est différente, plein été, l’atmosphère est complètement différente, les esprits s’échauffent plus vite mais l’ambiance est moins morose. Elle est plus contrastée. Cela change la perception des lieux et des espaces, cela en modifie presque l’échelle ; comme si la cour était plus grande…

En sortant de détention, je prends un peu de temps pour peindre la cour d’honneur, celle des exécutions capitales jusqu’à l’abolition de la peine de mort. Malgré la beauté de la réhabilitation du lieu, cela fait froid dans le dos quand on y pense.

[ aquarelles 25x65cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier ] 

dimanche 18 octobre 2020

Au centre pénitentiaire Paris La Santé avec Urban Sketchers Paris .. Day 3

Arrivée matinale le 4 mars, je passe rapidement le contrôle. Six détenus nous attendent à l’entrée du QB1, prêts à dessiner. Le thème du cours est l'espace de la cellule, pour donner des bases de proportions et de perspective. On commence par le cadre de la porte, puis on ajoute l’intérieur avec une ligne d’horizon et un point de fuite. Des objets commencent à apparaître dans ce lieu qui est le même pour tous. La personnalité de chacun est donnée par les objets et photos qu’ils y apportent.

Nous filons ensuite vers les ateliers de travail. Filer, c’est beaucoup dire car nous avons toujours les grilles à franchir, des surveillants à prévenir et auxquels expliquer ce que nous faisons. Tout cela prend un certain temps. Il y  a plusieurs ateliers en enfilade, derrière des grilles, pour permettre une surveillance de chaque instant. De la coursive au premier niveau, on a une vue plongeante. Je m’installe là pour essayer d’avoir une vue d’ensemble. Nous expliquons à tout le monde pourquoi nous sommes ici: dessiner les lieux et ce qui s’y passe. Dans cet atelier, les hommes assemblent de petites pièces d’automobile et les rangent dans des cartons. Ils sont concentrés et se parlent peu. Par contre, j’entends que ça discute dans l’atelier d’à côté. Ils ont terminé leur travail, et attendent patiemment qu’on vienne les chercher. Ils hèlent le surveillant à plusieurs reprises. Ils sont tous habillés en bleu: tee shirt, sweet bleu clair et pantalon outremer. Mon aquarelle terminée, je me dirige vers le dernier atelier : tous sont sous blouse fine, charlotte et gants: ils assemblent des tubes de Vickx. Tout doit être stérile. Cela crée une ambiance étrange, tous ces hommes en blanc.



Ambiance bleu foncée au mess. On se restaure rapidement pour ensuite se diviser en groupes pour dessiner différents endroits du bâtiment. Avec Tula, je me dirige vers le QH6 après avoir traversé la Rue, nous prenons les escaliers. Arrivée au QH6, embouteillage à l’entrée, face à face prouvant avec une dizaine de détenus en blanc (blanchisserie) qui se poussent pour nous laisser passer. Un autre nous hèle derrière une grille. J’ai l’impression que ce bâtiment est grand avec plusieurs coursives. On a du mal à se repérer. Un surveillant nous emmène au dernier étage et nous fait entrer dans une cellule vide. Nous avons la vue sur le boulevard Arago. Il pousse la porte et nous laisse seules. L’espace est étroit pour deux. On ne s’imagine pas passer 22h sur 24 ici. C’est oppressant, les murs sont déjà noircis par la fumée de cigarette. Jusqu’à maintenant, je n’était pas vraiment entrée dans une cellule. Ici, on commence à se rendre compte de l’étroitesse du lieu et de l’angoisse que cela peut générer. Je suis mal à l’aise. Lorsque je regarde par la fenêtre, ma vision est barrée par deux rangées de grilles : une de barreaux verticaux et l’autre un quadrillage carré assez serré. Puis une rangée d’arbres. Cela crée trois niveaux de masques visuels. Difficile d’englober le panorama d’un seul coup d’œil. Je m’attaque à cette skyline d’immeubles en face, barrée par la forêt de branches. Un détenu parle (crie) à son voisin du dessous ou d’à côté, je ne sais même pas. Mais il n’arrête pas. Puis un autre appelle le surveillant d’étage, qui est allé à la promenade. Personne ne répond alors il gueule de plus en plus fort, il tape sur sa porte avec violence. Le métal vibre. Nous sommes de plus en plus mal à l’aise. Nous dessinons vite mais de toute façon nous devons attendre le retour du gardien pour nous faire descendre. Tout est bouclé ici. Enfin, le surveillant revient et nous ramène au niveau de la Rue.


 Au QB1, nous retrouvons nos repères, nous discutons avec les uns et les autres en dessinant. Je tourne autour des cellules, je peins ces hommes qui tuent le temps comme ils peuvent, en regardant, observant, allant ici et là sans vraiment de but. Je les écoute et j’essaie de comprendre ce qu’on peut leur apporter au fur et à mesure de ces séances. Nous espérons pouvoir revenir la semaine suivante mais nous sentons que la crise sanitaire aura pris de l’ampleur et que l’on sera passé en stade 3, confinement général. 


Nous quittons la Santé, épuisés. Nous respirons un grand bol d’air. 
Malheureusement, nous ne reviendrons pas le mardi suivant. Nous sommes désormais tous en confinement, pour une durée indéterminée. Nous devrons puiser dans toutes nos ressources pour rester enfermés chez nous. Drôle d’expériences qui viennent les unes après les autres, dans lesquelles on se retrouve avec de moins en moins de liberté de mouvements et de déplacements. 
La prison est pour l’instant coupée du monde extérieur, chacun est enfermé dedans mais eux, ne peuvent, vraiment plus bouger. 

[ aquarelles 25x65cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ] 
[ photographies ©David Rivolier 2020 ]