mercredi 13 janvier 2021

Color food, paint & cook in monochrome ...



Pendant le confinement #2 qui a débuté fin octobre à Paris, avec Urban Sketchers Paris, nous avons recommencé à proposer des challenges de dessin « confiné ». Au bout d’un certain temps « en solo » et sans « restau », se faire à manger devient une véritable gageure. Alors, j’ai eu l’idée de proposer de «dessiner et cuisiner en monochrome».

La première aquarelle « en vert » a été réalisée presque par hasard. J’ai sorti mes légumes du jour pour les cuisiner et c’était tellement beau que j’ai eu envie de les peindre. C’est à ce moment là que l’idée du challenge est née.





En fait, cela va beaucoup plus loin qu’une simple peinture ; dans un second temps, je me suis retrouvée à faire mes courses en pensant au challenge. J’ai choisi les fruits et légumes en fonction de la couleur que je souhaitais traiter. Ce jour là, les violets, violine et pourpres étaient sublimes, j’ai donc tout acheté en fonction. Pour ce qui est de la recette, j’y réfléchirai plus tard…

On peut interpréter le challenge de différentes manières : peindre vraiment en monochrome avec une seule couleur que l’on dégrade, travailler en camaïeux de teintes similaires. Mais on peut aussi (c’est ce que j’ai choisi) exprimer la couleur choisie tout en travaillant les volumes et les contrastes colorés. Cela signifie que l’on va utiliser un nuancier de couleurs beaucoup plus élaboré. Par contre il faudra veiller à ne pas perdre l’idée du « monochrome ». 



La semaine suivante, j’ai choisi le jaune. Comme j’avais une assiette jaune, j’ai tout installé dedans pour circonscrire le cadre de l’aquarelle. J’ai adoré travailler cette gamme subtile de jaune. Ce n’est pas vraiment ma couleur « préférée » comme on dit… elle reste souvent le plus longtemps dans ma boîte d’aquarelle.



Comme cela me donnait une motivation pour faire les courses et cuisiner ensuite, j’ai continué et fait la semaine « orange ». Varier les cadrages, les couleurs et les intentions dans chacune des ces aquarelles est un exercice très intéressant.

Quelle sera la prochaine couleur ?

Je ne vous parle pas du résultat des recettes car il est, pour l’instant, peu probant, mais avec de l’entraînement, cela pourrait s’améliorer.

Cette série est bien-sûr un hommage à Sophie Calle et à ses repas colorés que l’on trouve dans le livre, « De l’obéissance – le régime chromatique » 1998 (éditions actes sud)

[ aquarelles 30x40cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ]

samedi 9 janvier 2021

Manif pour la culture en décembre dernier ...



J’étais à la manif pour soutenir la culture et les forces vives de la culture (arts, musées, théâtres, cinéma, concerts, etc). Nous sommes tous unis et nous hurlons notre détresse. Mais le gouvernement bouche ses oreilles et cache ses yeux ; il fait semblant de nous comprendre. Nous voulons apprendre, partager, écouter, découvrir, vivre des histoires en grand format, se nourrir, donner notre avis et être contredit !
Allons dans les églises, les salles de vente, les grands magasins et faisant de l’art, maintenant! 
Demain il sera trop tard pour s’exprimer, nous devenons invisible.



Les manifs en semaine sont différentes des manifs des week-ends, ce sont plus des manifs de syndicats. Les salarié.e.s viennent en « bande » pendant leurs heures de travail. Ici, il y a beaucoup de syndicats et beaucoup de métiers de la culture avec différents statuts (fonctionnaires, intermittents, indépendants). L’ambiance est un peu molle mais je trouve un beau point de vue avec « vue » sur l’opéra. La place se remplit peu à peu et j’ajoute des pancartes, les slogans et participants au fur et à mesure, aussi. Des gens s’approchent et m’interpellent. Un photographe effectue toute une série, il me demande d’arrêter de bouger ... Il trouve cela intéressant de peindre en manifs. Un jeune femme m’appelle par mon prénom, elle m’a reconnue malgré le masque, le casque de vélo vissé sur la tête et mon sac à dos (je ressemble plus à un livreur qu’à un peintre).

Je quitte la manif un peu dépitée, cela ne servira à rien, personne ne nous entend, 2021 sera difficile pour les métiers de la culture.
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I was at the protest to support culture and the driving forces behind culture (arts, museums, theaters, cinema, concerts, etc.). We are all united and we cry out our distress. But the government covers its ears and hides its eyes, it pretends to understand us. We want to learn, share, listen, discover, experience stories in large format, feed ourselves, give our opinion and be contradicted!

Let's go to churches, auction houses, department stores and making art, now! Tomorrow it will be too late to speak out, we are going invisible.

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[ aquarelles 30x40cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ]

mercredi 6 janvier 2021

USkTalks S2E1: USk Paris - Together Through Lockdowns and Beyond


Découvrez notre Usk Talk sur la chaîne You Tube de Urban Sketchers, c'était épique mais avec Brigitte Lannaud Levy, on a adoré parlé de nos projets solidaires avec Urban Sketchers Paris!

lundi 4 janvier 2021

2021 nouveaux horizons ...

 

2021, nouvel envol en couleurs et en légèreté.

J'espère que cette année vous ouvrira de nouveaux horizons!

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lundi 14 décembre 2020

Nouvelle collaboration artistique avec Kalahouse shop ...

Il y a quelques semaines, deux jours avant le confinement #2, j'ai peint le musée du Louvre à la nuit tombante. L'ambiance était particulière, la lumière superbe et j'ai profité pleinement de ce moment où la tombée de la nuit oblige à travailler vite et avec justesse.

Une fois qu'il fait noir, on ne peut plus peindre et l'oeuvre est terminée!

C'est cet instant que je vous propose d'afficher chez vous dans un superbe format, 50x70cm. Pour la commander, c'est par ici !

Ce sont des affiches en tirage limité, 100 exemplaires, pas un de plus! Chacune est numérotée et accompagnée d'un certificat d'authenticité signé par l'artiste.

Merci à Kalahouse shop et à sa jeune et motivée fondatrice de m'embarquer dans cette aventure!

Il y a aussi une dizaine d'autres talentueux artistes qui proposent leurs oeuvres au format affiche, allez jeter un œil!

dimanche 6 décembre 2020

Extinction Rebellion, action « On n’a plus le temps », RIO ...

Trois jours plus tard, le vendredi 16 octobre, j’ai rendez-vous vers Opéra en fin de journée pour l’action d'Extinction Rebellion On n’a plus le temps, je n’ai aucune idée de ce qu’il va se passer, tout nous est expliqué quelques minutes avant le début : on doit être vêtu de noir, entrer les un.e.s après les autres dans les cercles concentriques de la performance, et dire tic-tac, d’abord très bas puis de plus en plus fort. Je prépare et harnache mon matériel pour pouvoir peindre debout, quasiment en marchant. Je resterai un peu en retrait pour capturer l’action dans son ensemble.


Le début se passe comme prévu, puis arrivent les RED REBELLES, elles manipulent des objets faisant référence au temps qui s’écoule. Elles sont au centre des cercles, et les gens se mettent à tomber au sol les un.e.s après les autres, tous ces corps allongés, comme morts, sont impressionnants. Le saxophoniste entonne une marche funèbre, chacun se relève pour suivre les Red Rebelles de l’autre côté de la place. Des drapeaux, des bougies et des lumières sont érigées les uns après les autres ; je continue à peindre en suivant le mouvement. Je ne sais pas exactement ce que je suis en train de dessiner car la nuit tombe, mais ce n’est pas grave je suis complètement prise dans l’action, mon pinceau se déplace au rythme des notes de musique, j’ai l’impression de faire moi-même une performance ! 


J’ai restreint ma palette, des ombres colorées jouent avec les nuances de rouge des robes des Red Rebelles. Simplifier sa palette permet d’être plus concentrée sur ce que l’on raconte, d’aller à l’essentiel et d’aller plus vite, également.
Au bout d’une heure et demie l’action touche à sa fin.
C’était vraiment beau et puissant. 
J’espère pouvoir participer bientôt à une nouvelle action...

[ aquarelles 30x40cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ]

mercredi 2 décembre 2020

Extinction Rebellion, action « Le monde à l’endroit », RIO ...



La Rebellion Internationale d’octobre, RIO, débute le 11 octobre en France. Avec Mat Let, nous souhaitons participer à l’action Le monde à l’endroit en tant que dessinateurs, «mediactivistes» ou «artivistes» ; en tout cas, que nos dessins racontent les moments que l’on va passer ensemble. Cette action doit commencer mardi 13 octobre et durer trois jours mais nous ne savons pas exactement comment elle va se dérouler. Nous assistons à un brief bien flippant (avec tous les conseils juridiques à connaître en cas de garde à vue), cela refroidit un peu mais on ira quand même.



Rendez-vous donc le matin du 13 octobre, quelque part, pour prendre plusieurs fois le métro et arriver sur les lieux alors que l’occupation a débuté depuis 13 minutes : nous sommes à l’angle du boulevard Saint-Germain et du boulevard Raspail, à côté du ministère de l’écologie. Les forces de l’ordre sont déjà là. Je sors le minimum de matériel car je sais que l’on va devoir dessiner très rapidement car cela ne va pas durer longtemps. L’encre noire diluée plus une couleur donneront de la cohérence à cette série.

Les rebelles sont armslocké.e.s au sol, à distance de plus d’un mètre, il pleut, ils sont trempé.e.s. Les forces de l’ordre commencent à « nasser » les rebelles dans les angles du carrefour. Ils démontent les structures, drapeaux et banderoles… On entend, au loin, les discours de rebelles qui s’enchaînent. Les forces de l’ordre sont très nombreuses. Cela crée une forte tension. Ils se mettent à quatre pour transporter les rebelles accroché.e.s ensemble à l’aide de tubes et relié.e.s par une palette en bois. Les rebelles hurlent. Cela fait mal aux bras et aux main. Les FDO utilisent des masses et des disqueuses pour « libérer » les rebelles. Il y a des blessé.e.s. C’est horrible. En plus, pour faire ce sale boulot, ils tendent des bâches pour nous empêcher de voir ; on n’entend que les cris…



J’enchaîne les dessins, il y a énormément de tension et beaucoup de violence, ce n’est pas du tout le tour que cela devait prendre… Certains rebelles, les « climbers », sont monté.e.s sur les lampadaires ou se sont accroché.e.s dans des hamacs à plusieurs mètres du sol. Ils sont tou.t.e.s délogé.e.s les un.e.s après les autres. On voit un grand bus de la police arriver, il va emmener plusieurs grappes de rebelles au commissariat pour contrôle d’identité ou plus.

Pendant ce temps là, un nouveau groupe s’est mis à chanter de nouveaux révolutionnaires mettant en musique les revendications d’XR et le constat qu’il est déjà bien tard et que l’on doit agir au plus vite.



Dans la nasse, cela fait plus d’une heure trente qu’un rebel discute avec une CRS, lui expliquant les tenants et aboutissants de l’action. C’est un médiateur. Dans ces actions chacun prend un rôle pour participer de manière la plus efficace possible. Il ne pleut plus et je peux m’avancer vers la nasse pour croquer ces moments.

Trois heures après notre arrivée, les FOD nous demandent de reculer, ils évacuent la zone tout en gardant nassée une petite centaine de personnes. Éprouvés par ces moments intenses, nous décidons de quitter les lieux, nous sommes rincés et n’auront plus d’énergie pour faire d’autres dessins aujourd’hui.

[ aquarelles 30x40cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2020 ]