Peindre sur le vif n’est pas anodin, on arrive tranquillement au 20 mars et un vent glacial me refroidit depuis plusieurs semaines déjà. Je n’ai pas cessé de peindre en extérieur malgré le froid de l’hiver. En effet, je n’ai plus accès aux lieux à l’abri et chauffé à cause des divers confinement et couvre-feu et je suis glacée de l’intérieur. Cela ne m’empêche pas de persévérer à capturer les dernières lumières de l’hiver. Elles sont sublimes et m’offrent une gamme colorée inhabituelle. Je cherche, je réinvente, je mélange jusqu’à obtenir la teinte juste. Je me place face au soleil d’hiver, rasant, il m’éblouit tout en me donnant des couleurs étonnantes. Puis soudain, il disparaît pour laisser place à une langue laiteuse qui sera rapidement remplacée par des nuances aux dizaines de gris colorés.
L’atmosphère est changeante, comme mon humeur qui vacille et prend des coups au fur et à mesure que le vent se lève et me glace. Mes doigts tremblent de froid, je peste, je rage, de ne pas réussir à capturer cette beauté fugace. Les contrastes de valeurs colorées s’en donnent à cœur joie. Elles sont réveillées par de petites touches de couleurs vives. C’est là que l’on voit les frémissements du printemps.

[ aquarelles 36x48cm sur papier aquarelle – ©Marion Rivolier 2021 ]