dimanche 20 octobre 2019

En résidence d’artistes à Saint-Briac sur mer ...


Avec 10 autres artistes j’ai été invitée à dessiner Saint Briac pendant trois jours. À l’issue de ces 3 jours, nous avons encadré et accroché notre travail pour le présenter pendant les journées du patrimoine . 
Nous avons commencé par une vue sur l’îlet et le Nessay. La marée est haute, il y a beaucoup de bateaux dans le port. Je m’amuse à jouer en réserves pour les garder aussi lumineux que possible. Les couleurs du ciel et de l’eau sont magnifiques. Cela donnera l’ambiance colorée de toute la résidence, je pense.



Sur la plage du Béchet, un artiste a peint les portes des cabines en 111 nuances de bleu. Je m’échauffe en faisant une gamme colorée et en recherchant quelques unes de ces couleurs. C’est le rapport des couleurs complémentaires, ocre jaune orangé du sable à marée descendante et les bleus des cabines qui créent de la profondeur et du volume. Je suggère sans décrire . 
Après la petite Salinette à laquelle j’ai accédé par le chemin des douaniers, je m’attaque à une vue sur l’îlet . La mer est basse, la lumière est sublime . Faite de reflets , de scintillements et d’éclats d’argent. On est presque dans du noir et blanc, il faut utiliser le moins de couleurs possible tout en les faisant vibrer. 



Je termine la journée avec les cabines blanches de la Grande Salinette. Il y a encore pas mal de monde qui bronze sur le sable. Une femme reconnaîtra d’ailleurs sa voisine de cabine dans mon aquarelle! J’essaie de garder le maximum de blanc pour retranscrire cette ambiance très contrastée car le soleil tape fort.

[ aquarelles 36x48cm sur papier aquarelle ]

mardi 15 octobre 2019

C'est la reprise du Petit Prince à Paris ! ...


Encore quelques jours pour aller voir le Petit Prince à Paris à IVT - International Visual Theatre, 7 cité Chaptal, 75009 Paris.
Une mise en scène resserrée, quelques retouches pour ma scénographie et des comédiens généreux, en langue des signes et en français, pour tout public.
Ne le manquez pas!
avec Ludovic Ducasse, Martin Cros et Romans Suarez Pazos.
Mise en scène Hrysto.

jeudi 26 septembre 2019

Ganvié à la nuit tombante ...


Il y a quelques jours, j’étais de retour à Cotonou pour le projet de musée de la mémoire et de l’esclavage. La réunion de restitution a lieu le vendredi mais entre temps nous n’avons pas vraiment bloqués de rendez-vous.
Ainsi, lorsque notre collègue Pierre nous propose d’aller voir les balises installées sur le lac Nokoué pour marquer la route depuis l’embarcadère jusqu’aux maisons de Ganvié, nous sautons sur l’occasion.
Je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Cette cité lacustre a été fondée par les captifs et esclaves en fuite. Elle raisonne fortement avec l’histoire et la mémoire que nous souhaitons transmettre dans le projet du musée de Ouidah. Je sais aussi que les habitants y sont très pauvres et n’aiment pas voir les touristes naviguer autour d’eux et les prendre en photo...

L’embarcadère fourmille d’activité, les femmes vendent les poissons et les enfants courent partout. Nous nous installons dans une pirogue à 10 cm de l’eau, ce n’est pas très stable. J’ai l’impression que je vais prendre l’eau à tout instant. J’accroche ma palette à mon carnet et je tiens fermement mes pinceaux. La nuit va bientôt tomber. Je capture les couleurs et l’atmosphère rapidement C’est à la fois sublime et effrayant.


Nous parcourons 5 km jusqu’aux premières maisons sur pilotis, je les croque rapidement, je ne vois plus rien, il fait noir... tout est humide et j’ai les mains pleines de peinture.
Le reste du parcours se fait à la clareté de la lune, nous passons entre les maisons et les jacinthes d’eau, c’est le plus grand dénuement pour ces habitants. Mais les balises leur permettent désormais de se diriger la nuit, notamment les femmes qui souvent se perdaient.
À deux kilomètres de l’embarcadère, le moteur tombe en panne et le parcours se termine péniblement à la rame pour nos guides.

C’est une expérience fabuleuse, j’aimerais pouvoir peindre plus longuement à la lumière du jour. Le projet en cours, la construction de 400 maisons et le collège, pourraient améliorer vraiment la vie des habitants de Ganvier.


Le lendemain, il pleut depuis 5 h du matin mais nous décidons d’aller quand même à Ouidah. Nous voulons vérifier les emplacements des stations patrimoniales dans le Fort Portugais, là où se trouvera le futur musée. Sur la route, les zems sont nombreux, ils tentent d’éviter les grandes flaques d’eau. Au fur et à mesure, la terre devient de plus en plus rouge. C’est la fameuse latérite riche en fer. Le long de la route l’activité des vendeurs et vendeuses peine à commencer à cause de la pluie. Tout est trempé et les grandes flaques d’eau sont difficiles à éviter.
À Ouidah, le Fort semble transformé par la pluie, c’est intéressant de le percevoir autrement et d’imaginer notre projet étape après étape.


Ensuite, nous retournons à la fondation Zinsou, et apprécions de nouveaux artistes et œuvres de la collection. C’est passionnant de découvrir le pays par le biais de sa culture.
Je capture des morceaux de vie sur la route de Ouidah à Cotonou. Je m’intéresse au rapport entre la végétation luxuriante qui tranche avec la couleur rouille de la latérite. L’activité a repris, beaucoup de femmes vendent des pastèques et plein d’autres choses le long de la route.
J’aime ces prises de note colorées et dessinées le long du trajet ...


Le vendredi nous passons beaucoup de temps en réunion mais plus tard, nous avons la chance de rencontrer le sculpteur Glélé dans son atelier. J’espère que j’aurais la chance de pouvoir le croquer une prochaine fois.

Ce qui m’a vraiment marquée cette fois-ci c’est la végétation très verte, fleurie et étonnante. Il fait chaud mais c’est la petite saison des pluies alors il pleut au moins une fois par jour. Les ciels sont plus variés et riches à peindre.

[ aquarelles 21x60cm sur carnet Moleskine aquarelle ]

mercredi 18 septembre 2019

Mon premier workshop à la campagne ! ...


Début septembre, j’ai donné un stage d’aquarelle sur la proposition d’Art’Image à Durtal. Avec les 10 participants, nous sommes accueillis au Chaudron par Pascal et Rogine et nous restons ensemble toute la journée pour pouvoir échanger en profondeur.
Je propose d’explorer l’espace rural, la végétation, le ciel et l’eau, les bâtiments et les habitants, au fil du pinceau et de la couleur, à l’aquarelle. Chaque jour est consacré à travailler un thème, en extérieur, sur le vif.

Je ne connais pas la région, j’ai donc commencé par un repérage des différents lieux appropriés pour les 5 jours de workshop. Il s’agit de mettre en adéquation ce que l’on souhaite enseigner et les lieux et sujets que l’on va peindre.
J’ai très peu de temps pour peindre mais je profite des fins de journée pour capturer l’ambiance et la lumière du jour.
Le lac Chambiers est un merveilleux sujet pour parler des valeurs colorées et des contrastes de température. Les reflets, qui vont et qui viennent à cause du vent, sont d’une grande beauté.


C’est notre journée à Angers, le quatrième jour, qui me donne l’opportunité de faire une courte démonstration devant les stagiaires. Nous avons un grand panorama depuis la rive du Loir avec vue sur le château au lointain. Je commence par le ciel car c’est son traitement qui va générer tout le reste de la composition. Mon pinceau virevolte rapidement devant les yeux intéressés de mes stagiaires. L’exercice est compliqué car j’explique au fur et à mesure ce que je suis en train de faire. Je mets l’accent, ce jour-là, sur les contrastes colorés qui permettent d’accentuer la profondeur de l’espace.


Le dernier jour se déroule à La Flèche, nous avons la chance d’avoir très beau temps et d’être au calme. Je me régale à jouer avec les tons de verts du plus clair et chaud au plus foncé et froid. Travailler les reflets devient une sorte de méditation.

Pour la première fois depuis une semaine, nous avons l’opportunité de peindre une architecture contemporaine. Je travaille sur le contraste entre le béton clair, baigné de lumière et les ombres chahutés des arbres et des reflets dans le Loir.
Nous avons passé une très belle semaine à échanger et à partager.


[ aquarelles 36x48cm sur papier aquarelle ]

jeudi 12 septembre 2019

De Saint-Briac à Paris, en passant par Suze-la-Rousse, rentrée des expositions ...


Quelques petites nouvelles de rentrée:
Je serai à Saint-Briac pour une résidence d'artistes du 18 au 22 septembre avec 10 amis artistes. Nous exposerons nos travaux les samedi 21 et dimanche 22 septembre au Presbytère à Saint-Briac.

J'exposerai mon travail "Croisée de regards" à Suze-la-Rousse au festival Vent-Debout les samedi 28 et dimanche 29 septembre.

Je travaillerai sur la reprise du Petit Prince, spectacle bilingue en langue des signes et français, à IVT, cité Chaptal à Paris, en octobre avec des représentations du 12 au 18 octobre.

Au plaisir de vous croiser en Bretagne, en Provence ou à Paris dans ces prochaines semaines.

[ Affiche de Saint- Briac, graphisme : Marion Rivolier et aquarelle : Brigitte Lannaud Levy ]

samedi 7 septembre 2019

Éclats de rire sur la plage de Deauville avec le Secours Populaire ...


Cela fait quelques mois qu’avec une équipe de Urban Sketchers Paris, je travaille bénévolement avec le Secours Populaire. Cet été, ils nous ont proposé de venir croquer la Journée des Oubliés des Vacances à Deauville : 5000 enfants accompagnés de 1500 bénévoles sur la plage de Deauville.

Réveil très matinal pour un départ de Châtelet vers 6h45 dans un bus d’accompagnants, médecin, responsable baignade, staff et trois dessinateurs, Brigitte, Mat Let et moi, complètement endormi jusqu’au premier café sur une aire d’autoroute…

A notre arrivée, nous découvrons une organisation et des installations incroyable : chaque fédération d’Ile de France a un camp de base avec une grande tente et des drapeaux à planter sur les 30 à 50 mètres de plage réservés. Les cars d’enfants arrivent au fur et à mesure, ils sont équipés de tee-shirts colorés et de casquettes ce qui permet de ne pas les perdre.

Je commence par une aquarelle près de l’eau ; la mer est montante, je me méfie et recule à plusieurs reprises… Pourtant, je n’échappe pas à la vague qui balaie mon matériel et ma serviette ! Tout est trempé sauf mon papier. La baignade est très organisée : les bénévoles en combinaison tiennent une ligne de bouée et créent un bassin : les enfants s’amusent à l’intérieur de ce périmètre. Je retranscris la vie, la joie et le bonheur de ces enfants d’être là mais je ne parviens pas à transmettre les cris et les voix. C’est très touchant de les voir si heureux.


Je rejoins mes camarades pour le pique-nique et j’en profite pour m’attaquer au camp de base de la fédération 75. Le code couleur est le noir pour les tee-shirts et les casquettes mais les maillots de bain et les serviettes créent des touches colorées dans cette océan de sable et de mer !


Ma série sur la foule continue, comment traiter ce grand nombre ? Comment rendre cette vie et cette énergie ? J’essaie de m’approcher au plus près mais la mer est encore montante et je ne veux pas me retrouver trempée comme toute à l’heure. Les enfants virevoltent dans tous les sens, j’adore tenter de saisir cette vie, ces poses et ces attitudes dans un geste rapide et sans repentir. C’est la baignade des « rouge » (le 93, je crois) alors c’est gai à peindre.


Je commence à avoir un peu chaud alors je remonte à la recherche d’un peu d’ombre. Je me retrouve dans l’aire de jeux des « jaunes » (92) et je croque les enfants jouant le suns après les autres. Deux ado viennent me voir et me demande de dessiner avec moi. Je leur donne du papier et des crayons et nous travaillons ensemble. Elles sont charmantes et l’une d’entre-elles est vraiment douée pour le dessin.


Puis du côté de la fédé 75, je retrouve Nour et Melissa, deux fillettes qui suivent nos ateliers à Paris, leur mère est là aussi. Je croque l’une des jumelles pendant que l’autre part à la recherche de Mat. C’est l’heure des glaces, bâtonnet fraise ou ananas, les enfants se régalent.
C’est déjà le moment de tout ranger, de nettoyer un peu le sable sur les pieds et de reprendre le car. Les enfants auraient voulu rester plus longtemps et nous aussi.

Arrivés à Châtelet à 22h, Mat Let est encore en short de bain, la serviette autour du cou et j’ai les pieds plein de sable dans mes baskets. Un dernier souvenir de cette superbe journée qui a réchauffé tous les cœurs.

Vivement l’année prochaine, on rempilera pour les JOV 2020, c’est sûr !

lundi 2 septembre 2019

La sublime lumière de Marseille m’enchante ...


Marseille est très étendue, de grandes et de petites plages s'étalent le long de la ville construite.
Je prends le bus pour la plage du Prado.
C’est depuis la plage de Roucas Blanc, bondée et trop venteuse pour se baigner, que je capture cette lumière sur les collines rocheuses, si changeante. Les baigneurs du premier plan sont agglutinés les uns sur les autres, ils sont rôtis à souhait!


Le dernier jour, je choisis le miroir renversé de Norman Foster. C’est une des prouesses et célébrités architecturales de Marseille (avec la tour CMA CGM de Zaha Hadid, la cité radieuse de Le Corbusier, etc). Je préfère le peindre le matin car l’affluence est telle à partir du milieu de la matinée que c’est impossible de ne pas se faire piétiner. Plus le temps passe, plus la foule et les files d’attentes pour les navettes deviennent denses. C’est un véritable challenge que de tenter l’endroit et l’envers dans le même dessin, un véritable casse-tête !


Je passe un bon moment au centre de la vieille charité, différentes expositions et musées y sont présents. Le moment du déjeuner est propice à une aquarelle mais la lumière change tellement rapidement que c’est difficile de rester cohérente dans la gestion des ombres portées...
Toujours la même devise : ne pas trop en dire tout en exprimant l’atmosphère du jour et du lieu. 

mercredi 28 août 2019

Tourner autour du Mucem de Marseille pour le peindre sous toutes les coutures ...


Depuis le jardin du Palais du Prado, la vue sur le Mucem (Fort Saint Jean et bâtiment J4 ) est somptueuse. Dès l’arrivée en train, on voit la lumière changer, se réchauffer tout en étant douce et tranchante à la fois.
Comment ne pas rester des heures à se perdre dans les profondeurs des bleus et verts de la mer Méditerranée ?



Sur la pelouse, les morceaux d’anneaux monumentaux de Bernar Venet cadrent parfaitement le paysage et la tour du Fort Saint Jean avec au loin la cathédrale saint Major. Les ombres et les lumières dansent sur l’acier corten.



Le lendemain, il s’agit de s’attaquer à la résille du J4 du Mucem de plus près. Depuis la terrasse , elle se déploie et cadre des morceaux de paysage. Une dentelle qui donne à voir des merveilles par petites touches.


Depuis l’extérieur, à l’ombre de la résille, je cherche à travailler sur le reflet dans la façade vitrée en rapport avec le ciel et la mer. J’aime jouer avec ces différents bleus qui contrastent fortement avec la résille de béton si dessinée et foncée.

... à suivre.

mercredi 21 août 2019

Entre ciel et eau pour le 10ème Symposium Usk à Amsterdam / part 3


Day 8 : embarquée dans une ronde de nuit!
Après une bonne marche, quoi de mieux qu’un échauffement matinal avec Louise Bourgeois... cela me démange, si j’avais un peu plus le temps, je peindrais les trois ! Celle-ci est différente, elle est plus délicate, et son ombre portée qui apparaît au fur et à mesure du déplacement du soleil, est incroyable.
Pensez-vous que je parviendrais un jour à collectionner en peinture toutes les « Spiders » du monde?



Au Rijksmuseum, c’est superbe, grandiose et très bien rénové. Un mélange de peintures (Rembrandt, Vermeer, etc . ), d’arts décoratifs, armes, armures, costumes, faïences, etc. Et la Ronde de Nuit de Rembrandt avec l’opération Night Watch dont on voit les affiches dans toute la ville ; peut-être pour faire passer la pilule du fait qu’on ne la verra pas très bien cette fois-ci. En effet, protégée dans une immense vitrine, elle est scannée morceau par morceau, il faudra 56 scans dont chacun peut atteindre 24h pour connaître tous les secrets de cette peinture et de ses pigments!
Cette fois-ci, j’ai osé sortir la boîte d’aquarelle, mais pas le pot d’eau .., alors que m’embête avec un pinceau à réservoir... il y a beaucoup de monde qui passe devant moi ce n’est pas simple de voir alors je capture les éléments au fur et à mesure quand j’ai une percée ici ou là.



En sortant, les lumières du hall sont tellement sublimes que je ne peux m’empêcher de traiter le même sujet qu’en septembre dernier. J’élargis un peu la vue pour mettre en place le sol et les grands « yeux-fauteuils ». Les ombres sont très fortes, elles jouent en rayures et grandes obliques sur le motif très régulier des fenêtres et peintures murales. Le soleil est caché par les nuages de manière intermittente ainsi je dois m’adapter et capturer au plus vite ces ombres portées.



Ensuite, je marche pour rejoindre Shari, Caroline, Suhita et Liz au Winkel pour un Drink & Draw sweet pour goûter la meilleure tarte au pommes d’Amsterdam... on discute, on debriefe et on dessine, c’est un chouette moment car on n’a pas vraiment eu le temps de le faire pendant le Symposium.



Day 9 : la pluie!
Pour suivre le thème de la chambre Honk Kong de mon AirBnB (c’est un signe, non? Ah je ne vous ai pas dit le prochain Symposium se tiendra à Honk Kong), je souhaite enfin m’atteler à la grande pagode près de Amsterdam Centraal, le ciel est tourmenté, c’est superbe mais je fais confiance, le temps va tenir jusqu’à ce que je termine, non?
Ben non, les nuages s’ouvrent d’un coup et c’est le déluge et la débandade pour moi car je n’ai pas terminé ! Je plie tout rapidement mais aucune terrasse protégée ou vitre me permet de continuer...

Très beau Symposium avec d’anciens et de nouveaux amis, de nouveaux instructeurs qui apportent un vent de fraîcheur et une équipe organisatrice extraordinaire, merci beaucoup!


vendredi 16 août 2019

Entre ciel et eau pour le 10ème Symposium Usk à Amsterdam / part 2


Day 6 : retour à une certaine tranquillité
Je rencontre enfin Christine près du Rijksmuseum pour capturer la quiétude d’une bâtisse victorienne au bord du canal, je crois que ce seront mes derniers reflets dans l’eau ... c’est beau et fascinant mais il faut lâcher prise et retrouver mes sujets de prédilection !



Depuis des jours, on me parle des araignées de Louise Bourgeois dans les jardins du Rijksmuseum, je les découvre enfin, elles sont magnifiques. J’adore les voir les unes à côté des autres, cela donne une autre dimension à ces jardins soignés et bucoliques... elles règnent en maîtresses puissantes et impressionnantes sur ce lieu. J’ai juste le temps de capturer l’une d’entre elles avant quelques gouttes de pluie. Comme cela je ne serai pas restée trop longtemps sur cette aquarelle au risque d’en perdre la force. Savoir quand s’arrêter est une des phases les plus difficiles dans la peinture!



Je termine la soirée avec Ben Luk et Caroline Fidelaire (notre ange gardien qui a veillé sur nous-tous- pendant tout le séjour ). Ils m’initient au Food sketch, l’une de leur spécialité. Ils faut de grandes qualités pour cela: être patient, car tout le monde doit avoir terminé son dessin avant de commencer à manger ; choisir un plat froid, comme les sushis par exemple, car cela empêche la déception quand on doit manger froid, connaître par cœur ses couleurs (!) et ses mélanges car la lumière chaude de l’éclairage rougit tout, et savoir parler « bouffe », comme tous les français !

Merci à eux deux, très chouette moment de Food & Draw.



Day 7 : sculpture day
Back to basics: Van Gogh museum et Art Zuid, je vais me régaler ente peinture et sculpture toute la journée même si pour cela je vais marcher des kilomètres !
Je commence par « Ode to the Wilderness », de Jantien Mook, cochon volant en pastilles d’acier corten qui s’envole au dessus du Muséum plain, et de l’opéra que l’on devine au lointain. C’est un bon échauffement sur le thème, comment exprimer l’essence d’un objet sans le décrire complètement. Ainsi le challenge est de peindre assez de pastilles pour qu’on comprenne le principe de la sculpture tout en évoquant sa fragilité et sa puissance dans la belle lumière du matin. Si on dessine toutes les pastilles, on risque de perdre l’énergie ... faire des choix, c’est le plus important.

Je découvre le Van Gogh Museum avec des crayons aquarellables et mon stylo plume (je ne tente pas l’aquarelle, je suis trop fatiguée pour me battre avec des gardiens aux consignes absurdes...) Finalement, c’est assez amusant de rechercher la touche de pinceau de Van Gogh avec ces crayons. Le musée est centré sur la vie du peintre, sur sa souffrance et se descente aux enfers jusqu’au suicide. Je ne sais pas si c’est parce que je suis fatiguée mais ça me touche, j’en ai presque les larmes au yeux... le destin est cruel, il a travaillé comme un fou toute sa vie, il a révolutionné la peinture, il est mort dans la misère et maintenant ses tableaux se vendent à prix d’or et sont dans tous les musées du monde...

Sa touche est sublime, elle vous transporte et ses couleurs puissantes racontent le monde autrement.



Je m’engage maintenant dans le parcours Art Zuid, 80 sculptures présentées en plein air. J’essaie de tout parcourir. Au bout de Minervalaan, il y a « Animaris Longus » de Theo Jansen, sculpture mécanique que l’on peut voir s’animer si on a de la chance. Ici, elle est suspendue et je m’amuse à jouer avec les pleins les vides les percées et les découvertes du décor à l’arrière plan. C’est un exercice entre le masochisme et la méditation mais j’adore cela; cela demande une grande attention à son sujet.



Au bout de la troisième branche du parcours, c’est un magnifique ruban en acier corten qui s’élève vers le ciel. Je joue entre les différents plans et les couleurs chaudes et froides pour donner à voir ce majestueux ruban.

lundi 12 août 2019

Entre ciel et eau pour le 10ème Symposium Usk à Amsterdam / part 1


Day 1 : arrivée et prépa des Workshops
Amsterdam est mon cinquième Symposium en tant qu’instructeur.
Chaque année, les Urban Sketchers du monde entier se retrouvent lors d'un Symposium international, cette année, Amsterdam du 24 au 27 juillet, avec Workshops, démonstrations, conférences, pots, drink & draw et rencontres du bout du monde.
Je commence à avoir l’habitude mais il reste toujours un peu de stress sur la prépa et la localisation du workshop. Je vais donner trois fois le même atelier et faire une démonstration durant les 4 jours.
Dès mon arrivée, je suis allée voir mes deux localisations, après analyse à la boussole de la marche du soleil, j’en ai conclu que l’une d’entre elle serait en plein soleil le matin et qu’il fallait l’oublier car la canicule est prévue pour les prochains jours. Je fais donc ma préparation depuis la rive en face du Jardin Botanique et sa serre. Je travaille entre le ciel et l’eau pour exprimer le flux urbain... le ciel est un peu pauvre et le sera pendant les prochains jours, donc je m’adapte pour donner plus d’importance aux mouvements de l’eau et à leur dialogue avec la serre.
Je m’entraîne aussi pour la démo en me disant que ce sujet mouvant est vraiment difficile...

Premier Drink (sans Draw) à Amstelhoeck pour retrouver les amis.


Day 2 : Faculty Tour chez Royal Talens
Pour continuer mon entraînement, j’ai peint le matin l’un des canaux près de Zuiderkerk, les reflets sont merveilleux.
Tous les instructeurs et le board se retrouve à Zuiderkerk pour la première réunion d’accueil puis nous filons prendre le car pour aller à l’usine Royal Talens à Apeldoorn. Avec Charline, nous découvrons l’ampleur de notre « goodie bag » : des aquarelles, des crayons des feutres des carnets, de tous les sponsors de cette année, c’est à la fois merveilleux et trop ! Nous n’arriverons jamais à ramener puis à utiliser tout cela ...


À Apeldoorn, l’accueil est chaleureux et généreux avec des sandwichs et des boissons puis découverte en petits groupes des procédés de fabrication des peinture pastels et crayons des divers marques de Royal Talens. Photo interdite mais dessin (en marchant) autorisé ainsi j’essaie de capturer la beauté des pigments que l’on nous présente ( des dizaines de sacs remplis de couleurs pures, j’en bave d’envie...), ensuite les grandes cuves dans lesquelles on les mélange puis les broie, cette matière brillante et onctueuse est d’une puissance colorée indescriptible ; on navigue entre Anish Kapoor et les expansions de César, je voudrais pouvoir y passer des jours pour tout peindre! Le dernier espace est consacré à mettre en tube et à emballer les produits, toutes les machines sont différentes, les ouvrier.e.s transportent les mélanges, les renversent dans de grandes cuves, ils vérifient les tubes, etc.
Maintenant il s’agit de mettre en pratique et de tester les différents produits : encre Ecoline, aquarelle Van Gogh, crayons de couleurs Bruynzeel, et feutres noirs et blancs. On s’amuse à se dessiner les uns les autres, c’est fun mais il commence a faire vraiment chaud...
Il est temps de prendre le bus pour retourner à Amsterdam pour le pot d’ouverture du Symposium.

C’est à ce moment là que l’on se rend compte du monde qu’il y a : 550 inscrits, plus de 100 personnes pour le staff dont 60 bénévoles locaux qui nous aideront tout au long de la semaine.


Day 3, 4 et 5 : Workshops et démo
Pour les instructeurs, le temps du Symposium est celui de l’enseignement et non celui du dessin... nous n’avons pas une minute à nous entre les différents rendez-vous pro et les Workshop et démo. Parfois, on n’a pas vraiment le temps de manger, je crois que j’ai sauté 2 ou 3 dîners cette année.
Il faut aussi faire avec les conditions météo, la canicule nous empêche presque de respirer l’après-midi... la démo de vendredi se passe pour moi sous cette chaleur écrasante, avec pas mal de difficultés, ce n’est pas simple de rester concentrée sur la peinture alors que l’on parle en même temps... je donnerai cette aquarelle pour le Silent Auction de samedi.

C’est finalement vers 16h30 le samedi que je rejoins de sketchcrawl et que je saisis au vol Richard Brigges et ses assistantes (Isabel, Marina et Zoe) sketchant au scotch bleu sur le sol. Je suis impressionnée par la quantité affolante de sketchers au mètre carré face au Nemo museum! La photo de groupe est incroyable, nous tentons d’en faire une du groupe français... il y en aura 3 ou 4 de suite avec des gens différents !

Et cela se termine tard dans la nuit après avoir beaucoup parlé, bu, et rigolé avec les uns et les autres. C’est passé tellement vite, comme dans un tourbillon !

lundi 5 août 2019

Une oeuvre habitée, exposition à la bibliothèque Forney


Pour continuer dans la veine de mon travail autour des artistes, j’ai été sollicitée par la bibliothèque Forney pour peindre sur le vif l’exposition « Jacqueline Duhême, une vie en couleurs » qui a eu lieu du 22 mars au 13 juillet 2019.
De mars à mai, j’ai capturé directement au pinceau et à l’aquarelle l’exposition et sa préparation. 


Hôtel de Sens
1 rue du Figuier - 75004 Paris
du mardi au samedi de 13h à 19h / fermé les 15, 16 et 17 août.
entrée libre

mardi 23 juillet 2019

Aquarelles, luminosité et densité colorée des White Nights de Nevskaya Palitra ...


Cela fait plus d’une dizaine d’années que j’utilise les aquarelles White Nights de Nevskaya Palitra. À l’époque, je peignais des modèles nus sur le vif à l’aquarelle, j’utilisais beaucoup de matière première et je ne m’en sortais pas avec les godets classiques tant par la quantité que par le coût. En cherchant, j’ai découvert les double godets de White Nights. J’ai d’abord acheté les couleurs de base puis petit à petit, j’ai affiné mes choix et ma palette, jusqu’à obtenir la palette minimale et parfaite pour moi. Cela a pris plusieurs années mais aujourd’hui je suis complètement à l’aise avec ces couleurs avec lesquelles je peux faire tous les mélanges que j’imagine.

La qualité des pigments, leur éclat mais aussi leur force me permettent de travailler d’une transparence absolue à une opacité totale. Ainsi tout est ouvert, travailler en mouillé sur sec, dans le mouillé, en opacité sur du transparent... la seule difficulté est que l’on ne peut pas vraiment laver le pigment après séchage, cela oblige à réfléchir un peu plus avant de poser la couleur, et ce n’est pas plus mal!


Il y a plusieurs mois, Nevskaya Palitra m’a demandé de tester leurs tubes, ce que j’ai fait avec plaisir, tout en gardant ma palette. Je ne suis pas repartie dans la quête de nouvelles couleurs sinon on ne peut pas comparer. Les pigments sont toujours aussi puissants mais j’aime moins la matière car même après séchage la matière reste un peu poisseuse. Ainsi les tubes restent à l’atelier dans la grande boîte alors que les godets sont pour la petite boîte que j’ai depuis 25 ans. Je n’arrive pas à m’en séparer

NP a proposé de créer des « Dot Cards » de ma palette; un honneur et un plaisir qu’on se saurait refuser... et aussi un outil pédagogique qui permet de transmettre rapidement ses couleurs, leur ordre et leur intérêt pour moi. Chaud, froid, opacité, luminosité, c’est facile de les tester directement avec ces cartes à points !
C’est aussi un plaisir de voir mes collègues sketchers se régaler avec ces couleurs comme si c’était de petits bonbons; ils sortent de leur zone de confort en testant de nouvelles couleurs.


Lorsque je reçois des boîtes pleines de godets, je suis aux anges et je repars dans un tri drastique de mes réserves de couleurs... en effet, j’ai toujours fait beaucoup de provisions, de peur de manquer... quand on s’habitue aux bonnes choses, on a du mal à s’en passer!
Je crois que mon placard à aquarelles est plus rempli que mon frigo...


Au début de l’année, j’avais travaillé sur un nouveau nuancier de mélange de couleurs mais je dois le refaire car il y en a de nouvelles.
Ce nuancier est fondamental car mieux on connaît ses couleurs plus on est libre dans ses mélanges lorsque l’on peint sur le vif. On peut faire ses mélanges les yeux fermés et très rapidement.
Donc rendez vous bientôt pour un nouvel exemplaire de nuancier!

jeudi 18 juillet 2019

En attendant le Symposium Usk Amsterdam 2019 ...


Je n'ai pas encore publié ces aquarelles car elles m'ont permis de préparer ma proposition de workshop pour le Symposium des Urban Skechers qui aura lieu à Amsterdam du 24 au 27 juillet prochain.
Peindre sur le vif, c'est capturer le mouvement, les ombres et les lumières et les flux urbains; en d'autres termes, c’est saisir un instant de vie.


Lorsque nous dessinons un paysage urbain, nous sommes rassurés par des éléments fixes, tels que des bâtiments, des monuments ou de "jolis" détails. Mais ce qui m'intéresse, ce sont plutôt les choses instables, qui peuvent changer en quelques minutes, qui sont éphémères. Ce sont les éléments qui rendent ma perception et mon interprétation uniques.


J’ai regardé cette ville différemment. J’ai travaillé sur l'éphémère, le déplacement et le changement.
En me focalisant sur l'expression du ciel et de l'eau, j’ai aussi exprimé le reste, mais en n’évoquant que l’essentiel. Parfois, ce que l’on ne peint pas est plus important que ce que l’on peint.


Pour suivre le flux, le ciel et l'eau, j’ai travaillé à l'aquarelle, directement au pinceau, sans croquis préalable.

[ aquarelles sur carnet 21x60cm ]