mercredi 21 août 2019

Entre ciel et eau pour le 10ème Symposium Usk à Amsterdam / part 3


Day 8 : embarquée dans une ronde de nuit!
Après une bonne marche, quoi de mieux qu’un échauffement matinal avec Louise Bourgeois... cela me démange, si j’avais un peu plus le temps, je peindrais les trois ! Celle-ci est différente, elle est plus délicate, et son ombre portée qui apparaît au fur et à mesure du déplacement du soleil, est incroyable.
Pensez-vous que je parviendrais un jour à collectionner en peinture toutes les « Spiders » du monde?



Au Rijksmuseum, c’est superbe, grandiose et très bien rénové. Un mélange de peintures (Rembrandt, Vermeer, etc . ), d’arts décoratifs, armes, armures, costumes, faïences, etc. Et la Ronde de Nuit de Rembrandt avec l’opération Night Watch dont on voit les affiches dans toute la ville ; peut-être pour faire passer la pilule du fait qu’on ne la verra pas très bien cette fois-ci. En effet, protégée dans une immense vitrine, elle est scannée morceau par morceau, il faudra 56 scans dont chacun peut atteindre 24h pour connaître tous les secrets de cette peinture et de ses pigments!
Cette fois-ci, j’ai osé sortir la boîte d’aquarelle, mais pas le pot d’eau .., alors que m’embête avec un pinceau à réservoir... il y a beaucoup de monde qui passe devant moi ce n’est pas simple de voir alors je capture les éléments au fur et à mesure quand j’ai une percée ici ou là.



En sortant, les lumières du hall sont tellement sublimes que je ne peux m’empêcher de traiter le même sujet qu’en septembre dernier. J’élargis un peu la vue pour mettre en place le sol et les grands « yeux-fauteuils ». Les ombres sont très fortes, elles jouent en rayures et grandes obliques sur le motif très régulier des fenêtres et peintures murales. Le soleil est caché par les nuages de manière intermittente ainsi je dois m’adapter et capturer au plus vite ces ombres portées.



Ensuite, je marche pour rejoindre Shari, Caroline, Suhita et Liz au Winkel pour un Drink & Draw sweet pour goûter la meilleure tarte au pommes d’Amsterdam... on discute, on debriefe et on dessine, c’est un chouette moment car on n’a pas vraiment eu le temps de le faire pendant le Symposium.



Day 9 : la pluie!
Pour suivre le thème de la chambre Honk Kong de mon AirBnB (c’est un signe, non? Ah je ne vous ai pas dit le prochain Symposium se tiendra à Honk Kong), je souhaite enfin m’atteler à la grande pagode près de Amsterdam Centraal, le ciel est tourmenté, c’est superbe mais je fais confiance, le temps va tenir jusqu’à ce que je termine, non?
Ben non, les nuages s’ouvrent d’un coup et c’est le déluge et la débandade pour moi car je n’ai pas terminé ! Je plie tout rapidement mais aucune terrasse protégée ou vitre me permet de continuer...

Très beau Symposium avec d’anciens et de nouveaux amis, de nouveaux instructeurs qui apportent un vent de fraîcheur et une équipe organisatrice extraordinaire, merci beaucoup!


vendredi 16 août 2019

Entre ciel et eau pour le 10ème Symposium Usk à Amsterdam / part 2


Day 6 : retour à une certaine tranquillité
Je rencontre enfin Christine près du Rijksmuseum pour capturer la quiétude d’une bâtisse victorienne au bord du canal, je crois que ce seront mes derniers reflets dans l’eau ... c’est beau et fascinant mais il faut lâcher prise et retrouver mes sujets de prédilection !



Depuis des jours, on me parle des araignées de Louise Bourgeois dans les jardins du Rijksmuseum, je les découvre enfin, elles sont magnifiques. J’adore les voir les unes à côté des autres, cela donne une autre dimension à ces jardins soignés et bucoliques... elles règnent en maîtresses puissantes et impressionnantes sur ce lieu. J’ai juste le temps de capturer l’une d’entre elles avant quelques gouttes de pluie. Comme cela je ne serai pas restée trop longtemps sur cette aquarelle au risque d’en perdre la force. Savoir quand s’arrêter est une des phases les plus difficiles dans la peinture!



Je termine la soirée avec Ben Luk et Caroline Fidelaire (notre ange gardien qui a veillé sur nous-tous- pendant tout le séjour ). Ils m’initient au Food sketch, l’une de leur spécialité. Ils faut de grandes qualités pour cela: être patient, car tout le monde doit avoir terminé son dessin avant de commencer à manger ; choisir un plat froid, comme les sushis par exemple, car cela empêche la déception quand on doit manger froid, connaître par cœur ses couleurs (!) et ses mélanges car la lumière chaude de l’éclairage rougit tout, et savoir parler « bouffe », comme tous les français !

Merci à eux deux, très chouette moment de Food & Draw.



Day 7 : sculpture day
Back to basics: Van Gogh museum et Art Zuid, je vais me régaler ente peinture et sculpture toute la journée même si pour cela je vais marcher des kilomètres !
Je commence par « Ode to the Wilderness », de Jantien Mook, cochon volant en pastilles d’acier corten qui s’envole au dessus du Muséum plain, et de l’opéra que l’on devine au lointain. C’est un bon échauffement sur le thème, comment exprimer l’essence d’un objet sans le décrire complètement. Ainsi le challenge est de peindre assez de pastilles pour qu’on comprenne le principe de la sculpture tout en évoquant sa fragilité et sa puissance dans la belle lumière du matin. Si on dessine toutes les pastilles, on risque de perdre l’énergie ... faire des choix, c’est le plus important.

Je découvre le Van Gogh Museum avec des crayons aquarellables et mon stylo plume (je ne tente pas l’aquarelle, je suis trop fatiguée pour me battre avec des gardiens aux consignes absurdes...) Finalement, c’est assez amusant de rechercher la touche de pinceau de Van Gogh avec ces crayons. Le musée est centré sur la vie du peintre, sur sa souffrance et se descente aux enfers jusqu’au suicide. Je ne sais pas si c’est parce que je suis fatiguée mais ça me touche, j’en ai presque les larmes au yeux... le destin est cruel, il a travaillé comme un fou toute sa vie, il a révolutionné la peinture, il est mort dans la misère et maintenant ses tableaux se vendent à prix d’or et sont dans tous les musées du monde...

Sa touche est sublime, elle vous transporte et ses couleurs puissantes racontent le monde autrement.



Je m’engage maintenant dans le parcours Art Zuid, 80 sculptures présentées en plein air. J’essaie de tout parcourir. Au bout de Minervalaan, il y a « Animaris Longus » de Theo Jansen, sculpture mécanique que l’on peut voir s’animer si on a de la chance. Ici, elle est suspendue et je m’amuse à jouer avec les pleins les vides les percées et les découvertes du décor à l’arrière plan. C’est un exercice entre le masochisme et la méditation mais j’adore cela; cela demande une grande attention à son sujet.



Au bout de la troisième branche du parcours, c’est un magnifique ruban en acier corten qui s’élève vers le ciel. Je joue entre les différents plans et les couleurs chaudes et froides pour donner à voir ce majestueux ruban.

lundi 12 août 2019

Entre ciel et eau pour le 10ème Symposium Usk à Amsterdam / part 1


Day 1 : arrivée et prépa des Workshops
Amsterdam est mon cinquième Symposium en tant qu’instructeur.
Chaque année, les Urban Sketchers du monde entier se retrouvent lors d'un Symposium international, cette année, Amsterdam du 24 au 27 juillet, avec Workshops, démonstrations, conférences, pots, drink & draw et rencontres du bout du monde.
Je commence à avoir l’habitude mais il reste toujours un peu de stress sur la prépa et la localisation du workshop. Je vais donner trois fois le même atelier et faire une démonstration durant les 4 jours.
Dès mon arrivée, je suis allée voir mes deux localisations, après analyse à la boussole de la marche du soleil, j’en ai conclu que l’une d’entre elle serait en plein soleil le matin et qu’il fallait l’oublier car la canicule est prévue pour les prochains jours. Je fais donc ma préparation depuis la rive en face du Jardin Botanique et sa serre. Je travaille entre le ciel et l’eau pour exprimer le flux urbain... le ciel est un peu pauvre et le sera pendant les prochains jours, donc je m’adapte pour donner plus d’importance aux mouvements de l’eau et à leur dialogue avec la serre.
Je m’entraîne aussi pour la démo en me disant que ce sujet mouvant est vraiment difficile...

Premier Drink (sans Draw) à Amstelhoeck pour retrouver les amis.


Day 2 : Faculty Tour chez Royal Talens
Pour continuer mon entraînement, j’ai peint le matin l’un des canaux près de Zuiderkerk, les reflets sont merveilleux.
Tous les instructeurs et le board se retrouve à Zuiderkerk pour la première réunion d’accueil puis nous filons prendre le car pour aller à l’usine Royal Talens à Apeldoorn. Avec Charline, nous découvrons l’ampleur de notre « goodie bag » : des aquarelles, des crayons des feutres des carnets, de tous les sponsors de cette année, c’est à la fois merveilleux et trop ! Nous n’arriverons jamais à ramener puis à utiliser tout cela ...


À Apeldoorn, l’accueil est chaleureux et généreux avec des sandwichs et des boissons puis découverte en petits groupes des procédés de fabrication des peinture pastels et crayons des divers marques de Royal Talens. Photo interdite mais dessin (en marchant) autorisé ainsi j’essaie de capturer la beauté des pigments que l’on nous présente ( des dizaines de sacs remplis de couleurs pures, j’en bave d’envie...), ensuite les grandes cuves dans lesquelles on les mélange puis les broie, cette matière brillante et onctueuse est d’une puissance colorée indescriptible ; on navigue entre Anish Kapoor et les expansions de César, je voudrais pouvoir y passer des jours pour tout peindre! Le dernier espace est consacré à mettre en tube et à emballer les produits, toutes les machines sont différentes, les ouvrier.e.s transportent les mélanges, les renversent dans de grandes cuves, ils vérifient les tubes, etc.
Maintenant il s’agit de mettre en pratique et de tester les différents produits : encre Ecoline, aquarelle Van Gogh, crayons de couleurs Bruynzeel, et feutres noirs et blancs. On s’amuse à se dessiner les uns les autres, c’est fun mais il commence a faire vraiment chaud...
Il est temps de prendre le bus pour retourner à Amsterdam pour le pot d’ouverture du Symposium.

C’est à ce moment là que l’on se rend compte du monde qu’il y a : 550 inscrits, plus de 100 personnes pour le staff dont 60 bénévoles locaux qui nous aideront tout au long de la semaine.


Day 3, 4 et 5 : Workshops et démo
Pour les instructeurs, le temps du Symposium est celui de l’enseignement et non celui du dessin... nous n’avons pas une minute à nous entre les différents rendez-vous pro et les Workshop et démo. Parfois, on n’a pas vraiment le temps de manger, je crois que j’ai sauté 2 ou 3 dîners cette année.
Il faut aussi faire avec les conditions météo, la canicule nous empêche presque de respirer l’après-midi... la démo de vendredi se passe pour moi sous cette chaleur écrasante, avec pas mal de difficultés, ce n’est pas simple de rester concentrée sur la peinture alors que l’on parle en même temps... je donnerai cette aquarelle pour le Silent Auction de samedi.

C’est finalement vers 16h30 le samedi que je rejoins de sketchcrawl et que je saisis au vol Richard Brigges et ses assistantes (Isabel, Marina et Zoe) sketchant au scotch bleu sur le sol. Je suis impressionnée par la quantité affolante de sketchers au mètre carré face au Nemo museum! La photo de groupe est incroyable, nous tentons d’en faire une du groupe français... il y en aura 3 ou 4 de suite avec des gens différents !

Et cela se termine tard dans la nuit après avoir beaucoup parlé, bu, et rigolé avec les uns et les autres. C’est passé tellement vite, comme dans un tourbillon !

lundi 5 août 2019

Une oeuvre habitée, exposition à la bibliothèque Forney


Pour continuer dans la veine de mon travail autour des artistes, j’ai été sollicitée par la bibliothèque Forney pour peindre sur le vif l’exposition « Jacqueline Duhême, une vie en couleurs » qui a eu lieu du 22 mars au 13 juillet 2019.
De mars à mai, j’ai capturé directement au pinceau et à l’aquarelle l’exposition et sa préparation. 


Hôtel de Sens
1 rue du Figuier - 75004 Paris
du mardi au samedi de 13h à 19h / fermé les 15, 16 et 17 août.
entrée libre

mardi 23 juillet 2019

Aquarelles, luminosité et densité colorée des White Nights de Nevskaya Palitra ...


Cela fait plus d’une dizaine d’années que j’utilise les aquarelles White Nights de Nevskaya Palitra. À l’époque, je peignais des modèles nus sur le vif à l’aquarelle, j’utilisais beaucoup de matière première et je ne m’en sortais pas avec les godets classiques tant par la quantité que par le coût. En cherchant, j’ai découvert les double godets de White Nights. J’ai d’abord acheté les couleurs de base puis petit à petit, j’ai affiné mes choix et ma palette, jusqu’à obtenir la palette minimale et parfaite pour moi. Cela a pris plusieurs années mais aujourd’hui je suis complètement à l’aise avec ces couleurs avec lesquelles je peux faire tous les mélanges que j’imagine.

La qualité des pigments, leur éclat mais aussi leur force me permettent de travailler d’une transparence absolue à une opacité totale. Ainsi tout est ouvert, travailler en mouillé sur sec, dans le mouillé, en opacité sur du transparent... la seule difficulté est que l’on ne peut pas vraiment laver le pigment après séchage, cela oblige à réfléchir un peu plus avant de poser la couleur, et ce n’est pas plus mal!


Il y a plusieurs mois, Nevskaya Palitra m’a demandé de tester leurs tubes, ce que j’ai fait avec plaisir, tout en gardant ma palette. Je ne suis pas repartie dans la quête de nouvelles couleurs sinon on ne peut pas comparer. Les pigments sont toujours aussi puissants mais j’aime moins la matière car même après séchage la matière reste un peu poisseuse. Ainsi les tubes restent à l’atelier dans la grande boîte alors que les godets sont pour la petite boîte que j’ai depuis 25 ans. Je n’arrive pas à m’en séparer

NP a proposé de créer des « Dot Cards » de ma palette; un honneur et un plaisir qu’on se saurait refuser... et aussi un outil pédagogique qui permet de transmettre rapidement ses couleurs, leur ordre et leur intérêt pour moi. Chaud, froid, opacité, luminosité, c’est facile de les tester directement avec ces cartes à points !
C’est aussi un plaisir de voir mes collègues sketchers se régaler avec ces couleurs comme si c’était de petits bonbons; ils sortent de leur zone de confort en testant de nouvelles couleurs.


Lorsque je reçois des boîtes pleines de godets, je suis aux anges et je repars dans un tri drastique de mes réserves de couleurs... en effet, j’ai toujours fait beaucoup de provisions, de peur de manquer... quand on s’habitue aux bonnes choses, on a du mal à s’en passer!
Je crois que mon placard à aquarelles est plus rempli que mon frigo...


Au début de l’année, j’avais travaillé sur un nouveau nuancier de mélange de couleurs mais je dois le refaire car il y en a de nouvelles.
Ce nuancier est fondamental car mieux on connaît ses couleurs plus on est libre dans ses mélanges lorsque l’on peint sur le vif. On peut faire ses mélanges les yeux fermés et très rapidement.
Donc rendez vous bientôt pour un nouvel exemplaire de nuancier!

jeudi 18 juillet 2019

En attendant le Symposium Usk Amsterdam 2019 ...


Je n'ai pas encore publié ces aquarelles car elles m'ont permis de préparer ma proposition de workshop pour le Symposium des Urban Skechers qui aura lieu à Amsterdam du 24 au 27 juillet prochain.
Peindre sur le vif, c'est capturer le mouvement, les ombres et les lumières et les flux urbains; en d'autres termes, c’est saisir un instant de vie.


Lorsque nous dessinons un paysage urbain, nous sommes rassurés par des éléments fixes, tels que des bâtiments, des monuments ou de "jolis" détails. Mais ce qui m'intéresse, ce sont plutôt les choses instables, qui peuvent changer en quelques minutes, qui sont éphémères. Ce sont les éléments qui rendent ma perception et mon interprétation uniques.


J’ai regardé cette ville différemment. J’ai travaillé sur l'éphémère, le déplacement et le changement.
En me focalisant sur l'expression du ciel et de l'eau, j’ai aussi exprimé le reste, mais en n’évoquant que l’essentiel. Parfois, ce que l’on ne peint pas est plus important que ce que l’on peint.


Pour suivre le flux, le ciel et l'eau, j’ai travaillé à l'aquarelle, directement au pinceau, sans croquis préalable.

[ aquarelles sur carnet 21x60cm ]

samedi 13 juillet 2019

Danser! ...


Samedi dernier, c’était l’apogée de la canicule à Paris. Après un court rafraîchissement grâce à la climatisation du Centre Pompidou, je me suis arrêtée place de la République pour voir l’arrivée de la Gay Pride 2019. Je n’avais pas eu le courage de suivre la marche à pied sous le cagnard...

L’ombre est rare, la musique est très (trop) forte, je m’installe maladroitement dans le coin d’un abri bus, je suis debout, j’ai peu de marge de manœuvre car je dois absolument rester dans l’ombre, c’est une question de survie. Sur la scène et le parvis, les gens commencent à se déchaîner, à brandir les drapeaux arc en ciel, sauter sur place... je suis immobile et pourtant je sue à grosses gouttes ; comment font-ils?
Les organisateurs ne cessent de répéter « hydrater-vous »! J’essaie de capturer cette ambiance survoltée, énergique et brûlante, j’aime vraiment ces moments où c’est l’instant qui prime sur le savoir-faire. On se fiche du résultat, on essaie simplement d’être dans l’énergie de l’instant et d’être dans le présent...


Le lendemain, la température est un peu tombée, et c’est d’une autre danse qu’il s’agit. À la Villette, une danse de soutien pour un danseur africain qui a été renvoyé dans son pays. Les musiciens et les danseurs, pro et amateurs transmettent une énergie folle. Ils nous entraînent dans leurs mouvements, dans une lumière vibrante et colorée.


Je ne cherche pas à représenter les corps de manière anatomique mais plutôt à transmettre l’énergie et la force que je ressens en les peignant. Ils sont à la fois flamboyants et déchirés par la peine.


[ aquarelles sur feuilles 36x48cm ]

lundi 8 juillet 2019

Les ateliers pour les enfants du Secours Populaire avec Urban Sketchers Paris ...


Créer des ateliers de dessin sur le vif pour des enfants défavorisés. Plus qu’un désir, c’était une volonté qui s’est imposée à nous quand nous avons eu l’idée, Brigitte Lannaud Levy et moi-même, de partager et transmettre notre passion du dessin à des Sketchers en herbe. Nous voulions amener ces enfants à croquer comme nous sur le vif, face aux œuvres, dans les musées, au sein des monuments où ces lieux chargés d’art et d’histoire peuvent leur ouvrir l’esprit, aiguiser leur curiosité et développer leur créativité.


Nous avons mis en place un partenariat avec Le Secours Populaire et projeté de faire les quatre premiers ateliers au Panthéon.


Je suis aussi partie en quête de partenaires pour les fournitures : Canson pour le papier et Faber Castell pour les feutres de couleurs, les crayons aquarellables et les pinceaux à réservoir ainsi que pour les petits cadeaux surprise pour les jeunes artistes.
Pour couronner le tout, le projet est lauréat d'une bourse Urban Sketchers(Community Workshop Grant Program).



Nous avons élaboré et donné quatre atelier pour les enfants : sculpture, trait, masse, couleurs, mélanges de couleurs, première compréhension d’un espace monumental, travail sur les cadrages, ombres, lumières,etc. Nous travaillons aussi en anglais avec Parijit qui parle très peu français. Mais il est très doué en dessin et comprend très bien les exercices.

Nous sommes accompagnées dans cette aventure par nos collègues Urban Sketchers Paris : Mat Let, Claire Archenault, Carnets d'Agnès, Tula Moraes et Sylvie Lehoux.


Pour terminer en beauté, nous avons organisé une exposition des dessins des enfants et de notre travail dans la crypte du Panthéon, le tout en présence des responsables du Secours Populaire, de l’administrateur du Panthéon et des parents des enfants ravis d’exposer dans un tel lieu.

Rendez-vous en septembre pour une nouvelle année de découverte des arts du monde dans différents musées !

dimanche 16 juin 2019

Dessiner Dijon sous toutes les coutures lors de la rencontre Usk Dijon 2019 // part 2 ...


Après le déjeuner, je m’interroge sur la suite; je ne suis pas très intéressée par la réalisation d’un catalogue des maisons, église et hôtels particuliers de Dijon, même si l’architecture est ici exceptionnelle, avec des modénatures et sculptures complexes et raffinées... les autres dessinateurs feront cela très bien. Je recherche un peu de décalage, ou de scénographie dans cette ville. Le parc Darcy et sa fontaine centrale font vibrer la végétation autour, digne d’un jardin botanique. Je joue sur la répétition, les ombres et lumières qui dessinent les éléments sans les décrire ou les enfermer dans une ligne continue.



Après ce bon échauffement, il est temps de s’attaquer à l’ours célèbre de François Pompon. Ne pas le dessiner, le garder en réserve , et surtout essayer de capturer ses courbes un peu étranges. Ce sont les arbres et arbustes, en couleurs et en valeurs qui me permettent de le faire apparaître. Je suis à l’ombre des feuillages pour m’abriter de la chaleur et ils portent ombre sur mon dessin, donc pas simple à gérer ... nous sommes aussi beaucoup sollicités par les passants qui se demandent pourquoi tant de gens dessinent. Ils pensent qu’il y a concours de peinture. Quand on leur répond que c’est une rencontre amicale d’Urban Sketchers et qu’il n’y a rien à gagner, ils restent interloqués... de nos jours, rassembler 350 personnes avec aucun prix à la clé leur semble absurde. Et bien pour nous, c’est ce pourquoi nous le faisons, échange et partage dans la générosité et l’amitié!

Je finis la journée avec le carnet zig zag offert par Hahnemuhle ; je le traite d’un seul geste, le grand panorama du jardin Darcy. Accordéon , pas simple à utiliser ...

Je crois que j’ai bien décalé le propos aujourd’hui, peindre du végétal dans une ville principalement minérale, c’est un pas de côté, non?


Dernier jour, je me concocte un programme extrêmement décalé.
Le matin , c’est la Halle pour le brunch du dimanche que nous croquons sous toutes les coutures. Nous avons la chance d’accéder sur un balcon en hauteur avec une vue sur toute la structure, c’est impressionnant et un peu casse-gueule, quand même... structure de Baltard en bleu avec fanions rose vert blanc et bleu, peu de contrastes à l’intérieur de la halle... puis croquis des croqueurs à la buvette, l’équipe semble ravie.
Ensuite petite trotte pour aller jusqu’au Consortium, centre d’art contemporain . Le bâtiment , un peu perdu, dans un quartier moins clinquant que le centre, est superbe. Sur la base d’un bâtiment années 30, une partie contemporaine a été ajoutée. De grandes baies vitrées de part et d’autre, donnent à ce bâtiment l’illusion qu’il est transparent. L’entrée joue le contraste entre l’opacité et la transparence, le bas-relief géométrique blanc et les vitres qui reflètent les couleurs alentours.
Au centre du patio, un lampadaire plié de Mark Handforth crée un accident dans l’ordre strict de l’architecture.


Je termine la journée sur la rue des Périerres, qui offre une vue sur les voies ferrées avec en arrière plan les bâtiments et églises emblématiques de Dijon dont la silhouette se découpe sur le ciel.
C’est un challenge, mais ça vaut le coup, cette vue est très belle!

Week-end réussi grâce à l’équipe organisatrice, à leur gentillesse et à leur gestion impeccable d’un groupe de 350 personnes!

[ aquarelles 36x48cm sur papier aquarelle ]

mercredi 12 juin 2019

Dessiner Dijon sous toutes les coutures lors de la rencontre Usk Dijon 2019 // part 1 ...


Arrivée à Dijon en fin de matinée pour la rencontre Usk France, le temps de récupérer un sac de goodies à la salle Desvoges , de dire bonjour aux ami.e.s et de déjeuner, je commence à peindre très tard dans le journée. Pas d’échauffement, je commence avec l’église Notre Dame et ses 51 gargouilles. Les ombres et les lumières changent à toute vitesse, il faut rester vigilante. Savez-vous qu’une seule de ces gargouilles grimaçantes est d’origine? Celle en haut à droite, toutes les autres sont tombées et ont été remplacées.


Je suis intriguée par la maison japonaise, je veux absolument la peindre. Elle est un peu dans l’ombre mais je m’y attelle quand même. Je joue avec les rouges, les roses, les ombres et les fenêtres. Les parasols ne sont pas simples à capturer mais c’est eux qui donnent son identité à cette maison.
Ensuite apéro et dîner, sans dessin...


Le samedi, je commence par la maison scénographiée, une grande cour intérieure courbe, offre un véritable théâtre aux visiteurs. La porte bleu est surmontée d’un rideau asymétrique qui donne du dynamisme à l’ordre de l’architecture. Les lions grandeur nature veillent sur cette hôtel particulier. Ce matin, la lumière est superbe, je joue avec les ombres froides et chaudes pour faire vibrer cet espace.



À cinq minutes à pieds, je rejoins le musée des beaux arts, ouvert depuis peu après une rénovation. Les peintures et aquarelles de Yan Pei-Ming sont présentées dans les salles historiques et dans les salles d’exposition temporaire. Dans la grande salle des gisants, trois grands portraits de la mère de l’artiste en noir et blanc font vibrer le lieu d’une énergie toute particulière, à la fois triste mais aussi puissante.

A suivre...

[ aquarelles 36x48cm sur papier aquarelle ]

dimanche 9 juin 2019

Visite de Faber-Castell à Stein / Nuremberg // part 2 ...

[ opéra, aquarelle, 36x48cm sur papier aquarelle ]
Day 2
Je me lève plus tôt car je souhaite aller peindre. Je découvre l’opéra (ancien) et le théâtre (moderne) qui me donnent un beau point de vue. Il y a du vent et il fait frais mais je tiens le coup. Je fais une mise en place simple en jouant sur le rapport du grès rouge et la végétation encore vert pimpant du printemps. La façade vitrée du théâtre permet aussi d’amener quelques tons froids qui font chanter les or et les roses. Mes doigts commencent à se raidir, je dois rejoindre le groupe à l’hôtel. J’aime bien cet échauffement matinal, il permet de connaître un peu la ville à ma manière et d’ensuite suivre le mouvement...
Ce matin, nous allons connaître les secrets des mines. Nous visitons le musée « Die Alte Mine », établi dans l’ancienne usine, le long de la rivière. Il fait sombre, les murs sont noirs et le sol presque glissant tellement il a vu passer des millions de kilos de graphite. Le processus pour obtenir ces mines est très élaboré, et se termine par une étape cruciale à laquelle je n’aurais jamais pensé: la mine est recouverte de cire pour ne pas abîmer le papier lorsqu’on écrit ou que l’on dessine. On passe par le bureau et labo de contrôle du directeur. Il testait la qualité des mines. Puis nous découvrons la partie moderne qui fabrique aujourd’hui les mines de graphite mais aussi de couleurs. J’ai plein de questions sur les mélanges, l’origine des pigments, comment on différencie les Polychromos des Crayons aquarellables Albrecht Dürer, mais pas de réponse, ce n’est pas dans le parcours classique . Bref je voulais voir des montagnes de couleurs mais ce ne sera pas pour cette fois-ci ! Ensuite nous visitons le château, assez beau avec sa partie ancienne et moderne, ses deux salles de bain étonnantes et sa salle de bal impressionnante.

Pour le déjeuner, Kirsten s’est pliée en quatre pour que, celles qui le souhaitent, puissent goûter des Curry Wurst, c’est top!


[ workshop, feutres aquarellables Albrecht Dürer, sur papier aquarelle ]
L’après midi, nous travaillons dans un des ateliers de l’académie. C’est grand, c’est beau, et il y a tout ce qu’il faut pour expérimenter Notamment des boîtes extraordinaires de crayons de couleurs (Polychromos, Albrecht Dürer, Magnus, etc.), et des boîtes de feutre (Watercolors) . Nous avons aussi un beau cadeau sur la table : feutres aquarellables, crayons Magnus et feutres fins Pitt, merci beaucoup, de quoi s’amuser au retour.
Pour me souvenir de toutes les couleurs, je crée un nuancier des feutres et un des Magnus. Ça me sera très utile quand je voudrais acheter de nouvelles couleurs...
Puis je m’attelle à saisir mes collègues artistes en plein travail. Elles sont ravies du résultat, alors je leur demande de signer à côté de leur portrait.

[ workshop, aquarelle, 36x48cm sur papier aquarelle ]
Je termine avec une grande aquarelle de l’atelier où apparaissent Kirsten et Gui, que je n’avais pas encore peints.

Il est temps de dire au-revoir à tout le monde et de prendre un taxi pour l’aéroport.

C’était une belle expérience, avec beaucoup de discussions intéressantes, notamment autour des réseaux sociaux.., qui ne sont évidement pas une fin en soi mais deviennent le gagne pain de quelques artistes influenceurs... une question me trote dans la tête, certains sont-ils artistes ou des influenceurs?

mercredi 5 juin 2019

Visite de Faber-Castell à Stein / Nuremberg // part 1 ...

[ la gare, aquarelle 36x48cm sur papier aquarelle ]
J'ai été invitée par Faber-Castell à Stein en Allemagne.
Je suis arrivée lundi à Nuremberg (Bavière) en fin d’après-midi. Un dîner de rencontre est prévu le soir même. Nous allons dans un joli restaurant japonais Kokoro où je fais connaissance de Carrie d’Autriche, Kasey du Canada, Elfik (Barbie) de Pologne, Joanna Henly de Londres et Ezra de Pékin, Chine. Ainsi que l’équipe chaleureuse de Faber Castell: Kirsten, Gui, Sandra et Julia, qui fera les photo pendant notre séjour.
Nous sommes six artistes femmes mais il paraît que c’est un hasard. Nous sommes très différentes les unes des autres, tant dans notre pratique que dans notre manière d’aborder le métier d’artiste. Je suis la seule Urban Sketchers et je résiste mal à l’envie de peindre le Neues Museum à côté duquel nous dînons. De grandes sculptures sont visibles depuis la façade principale totalement vitrée, c’est impressionnant !
Le dîner terminé, nous rentrons pour être en forme pour les deux prochaines journées.

[Visite de l'usine et museum, crayons aquarellables Albrecht Dürer + encre, sur papier aquarelle ]
Day 1
Notre rendez-vous dans le hall de l’hôtel est à 9h et comme j’ai un peu de temps, je sors vers 8h15 à la recherche d’un premier point de vue à peindre. J’aime la gare, massive, grise et imposante, qui joue dans les mêmes tons que le ciel ce matin. Quelques grues orange se détachent dans le ciel et permettent de donner un peu de couleur à la composition. Je savais que je n’aurais pas vraiment le temps de fignoler, je fais au plus vite mais je dois arrêter et rejoindre rapidement mes collègues.
Nous partons pour Stein, où se trouvent les bureaux, l’usine, le château et l’académie d’art de Faber Castell. Nous rencontrons Lukas qui sera notre guide énergique et cultivé pendant deux jours. Nous commençons par le laboratoire d’encre où sont élaborés les feutres et testées les couleurs. Des tests très poussés permettent d’obtenir une qualité maximale. Puis nous découvrons le processus de fabrication des crayons depuis la plaquette de bois, jusqu’à l’emballage. Toutes ces étapes sont automatisées dans de grandes et longues machines qui font pas mal de bruit. 
Je croque rapidement des bouts d’explication, je note des bribes de phrases, j’aimerais avoir plus de temps pour donner à voir l’espace de l’usine plus clairement. C’est fascinant, ces tas de mines colorées qui s’amoncellent et passent d’une machine à l’autre! Il y a pas mal d’étapes qu’on n’imagine pas, notamment l’attention qui est donnée à la finition du bout du crayon: couleurs, gomme ou taillage... les choix sont grands.
Ensuite nous allons déjeuner, la cantine est dans le château, murs de pierres, sculpture et modénatures sont au programme.


[ workshop, feutres aquarellables Albrecht Dürer, sur papier aquarelle ]
L’après midi, nous allons tester les nouveaux Albrecht Dürer markers aquarellables. La présentation, est précise et concise; nous n’avons qu’une hâte, c’est de les tester. Je débute en croquant mes camardes de jeu. Première (bonne) surprise, les markers ne laissent quasiment aucune marque lorsqu’on ajoute l’eau. Les couleurs sont denses, elle éclaircirent avec l’eau mais on peut les recouvrir d’une ou deux couches pour retrouver l’éclat des couleurs. Pas plus, sinon ça commence à faire un pâté sale. Je ne suis pas encore complètement à l’aise mais je sens qu’il y a beaucoup de possibilités. De plus, la gamme colorée complète est très belle. Carrie dessine des fleurs, Kazey des rats fous, Jo des femmes aux yeux immenses, Ezra s’inspire de la peinture traditionnelle chinoise avec des montagnes et Barbie dessine un bâtiment.
Ensuite, nous partons pour la maison d’Albrecht Dürer dans le centre de Nuremberg. C’est une belle bâtisse avec base en pierres et partie haute en colombages. Les guides sont habillées comme son épouse et racontent son histoire... une des salles présente des copies d’époque de toutes les toiles présentées à l’étranger.
J’aime bien la cuisine et l’atelier de gravure.

[ feutres aquarellables Albrecht Dürer, sur papier aquarelle ]
Puis nous visitons un peu la ville, pittoresque et médiévale, et allons dessiner sur un des ponts au dessus de la rivière Pegnitz, d’où l’on a deux beaux points de vue. Mes collègues s’essayent toutes à travailler sur le vif, ce qui n’est pas leur spécialité et c’est chouette. Je vais peut-être réussir à les convertir à l’Urban Sketching et à capturer sur le vif plutôt que d’après photo!
De mon côté, je vais un peu vite avec les feutres ce qui crée une sorte de gadoue au niveau de la rivière... je ne suis pas contente mais je dois apprivoiser ce nouvel outil et surtout me l’approprier.
Pour finir, je peins une grande aquarelle de la vue du pont suspendu en métal. Le soleil fait enfin sont apparition et nous baigne d’une jolie lumière.
Certaines sont un peu frigorifiées alors nous nous dirigeons, le long des remparts du château, vers le restaurant, Hexenhausle, typiquement franconien (bavarois); bières et saucisses seront au menu!

[ aquarelle 36x48cm sur papier aquarelle ]
... à suivre ...

mardi 28 mai 2019

Au Festival du carnet de voyage et reportage Brest 2019 / part 2 ...

[merci à Brigitte Lannaud Levy pour les photo où j'apparais]
Day 2
Aujourd’hui, je donne une démo alors je vais repérer le lieu, choisir mon sujet, faire des réglages du dispositif et mettre en place une esquisse. C’est comme un échauffement, il ne faut pas y aller sans préparation sinon on se plante.
À l’heure dite, je me présente et le spectacle commence. Il y a beaucoup de monde, je débute debout pour montrer mon matériel, couleurs et pinceaux et créer un rapport avec le public. J’ai ma Dot Card de Nevskaya Palitra qui m’aide à présenter mes couleurs. Puis je m’assois pour commencer à peindre la structure de la halle des Capucins ; la lumière va et vient, j’essaie de la saisir pour donner du relief à l’espace. Je joue avec les différentes structures, comme un motif coloré répétitif qui crée des pleins et de vides. Je commente chacun de mes coups de pinceau, j’essaie de rester concentrée sur la peinture, de garder la force de l’expression sans décrire l’espace. C’est une véritable performance, je termine par quelques touches colorées très denses. Les gens applaudissent, posent encore quelques questions et c’est fini...


Je suis vidée, j’ai l’impression d’avoir couru un marathon.
Mais la journée n’est pas terminée, je retourne sur notre stand, je fais deux dédicaces sur mon livre, bois une bière … Nous terminons par une ballade sur le port pour respirer un peu l’air salin.



Day 3
Peu de monde le matin alors on en profite pour faire un tour des stands des collègues et admirer leurs travaux. Puis sur le nôtre, on peint et on dessine. Brigitte se retrouve prise dans les filets de notre toile d’araignée...
L’après-midi, je prends quelques minutes pour croquer Lapin pendant sa démo de voiture. Puis nous trinquons ensemble pour fêter notre aventure avant un démontage express. Et enfin, le retour en train à Paris tard dans la soirée.


Merci à l’équipe pour son formidable accueil, c’était top!